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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 13:33

The European Commission is set to guide the regulatory fate of new biotechnologies crucial to the future of plant breeding. To meet such agricultural challenges, we need a product-oriented, flexible and adjustable regulatory system, write Klaus Ammann and Marcel Kuntz. 

Read the full length article on Euractiv

 

 

Traduction en Français

 

Vieille de plusieurs décennies,

la règlementation des OGM est inadaptée

aux nouvelles biotechnologies de réécriture de gènes

 

Par son choix réglementaire, la Commission européenne va orienter le destin de ces nouvelles technologies cruciales pour l'avenir de la sélection végétale.

Pour répondre aux défis agricoles du 21ème siècle, nous avons besoin d'un système réglementaire souple, ajustable et axé sur le produit final selon technologies appliqués.

Klaus Ammann et Marcel Kuntz

 

Nouvelle ère en biotechnologie, mais vieille règlementation

De nouvelles méthodes pour influencer les traits génétiques de divers organismes deviennent disponibles à une vitesse croissante, pour un coût moindre.

Jusqu'il y a peu, le monde de la sélection végétale était divisé en OGM et non-OGM, la règlementation étant axée dans le monde entier (sauf rares exceptions) sur les procédés d'obtention. La règlementation de l'UE définit un objet juridique appelé «OGM», qui vise le transfert direct de gènes (donc la transgénèse) en précisant que ce transfert ne doit pas survenir « naturellement ».

L'argumentation ci-dessous montre que l'inclusion ou l'exclusion des technologies de « récriture de gènes » de cette réglementation est basée sur une conception erronée des OGM.

 

Un règlement de l'UE inspiré d'idées fausses sur les modifications de gènes

Généralement, les méthodes moléculaires des biotechnologies sont copiées de processus naturels, ce que le Prix Nobel Werner Arber et d’autres expliquent depuis des années. Une séparation entre des plantes provenant d'une sélection naturelle ou non-naturelle est fondamentalement fausse – car de nombreuses plantes transgéniques existent naturellement (comme la patate douce).

Et que dire des tolérances à des herbicides, qui peuvent survenir par mutations naturelles ou provoquées, ou par transgénèse ? Seule cette dernière est concernée par la réglementation, un choix politique.

 

La réglementation de l'UE devait permettre l'utilisation de la biotechnologie lorsque prouvée sûre

Mais elle a encouragé les polémiques politiques et la stigmatisation, la désinformation à grande échelle (sans précédent dans un monde démocratique) et finalement privé les agriculteurs de la liberté de choix et les scientifiques de la liberté académique, sans oublier l'exportation sans vergogne de ces problèmes dans les pays pauvres.

 

Des appels pour une nouvelle réglementation sur l'amélioration moderne des plantes

Au cours des dernières années, de nombreux chercheurs et des institutions publiques importantes (comme les Académies des Sciences européennes) ont appelé à une nouvelle réglementation axée sur le produit. «Produit» ne doit pas être compris comme la construction d'ADN, mais comme le produit final sur le marché (les agriculteurs et les consommateurs n'achètent pas des « constructions d'ADN»).

 

Qu'en est-il des nouvelles technologies de sélection végétale (« gene editing »)?

Certaines de ces nouvelles méthodes permettent de créer des micro-mutations génomiques à des endroits très précis. Ces procédés sont de plus en plus simples et plus efficaces. Certains, comme le Bureau Fédéral Allemand pour la Protection des Consommateurs et la Sécurité des Aliments (BVL) ou des chercheurs Suédois plaident pour l'exclusion de cette « édition de gène » de la réglementation des OGM quand elle n'entraîne pas l'introduction  d'ADN «étranger».

 

Ces arguments sont tirés de l'analyse sémantique de paragraphes réglementaires et des connaissances moléculaire d'aujourd'hui. Ils ne sont pas sans quelques mérites, mais tendent à négliger certains risques potentiels, qui seront certes faibles, mais pas nuls.

 

En outre, suivant cette logique, une modification plus importante des structures d'ADN ferait retomber les organismes concernés dans l'ancienne réglementation stigmatisante, avec tous les inconvénients précités.

 

Il est justifié de dire qu'il est pratiquement impossible de donner une définition claire des OGM

Une publication récente considère même qu'il s'agit d'une pseudo-catégorie absurde (« The nonsensical GMO pseudocategory »). Les mêmes difficultés sont rencontrées lorsque l'on tente de définir les races humaines. De plus, il sera difficile de définir un ADN «étranger».

 

Un tel mélange de déréglementation / réglementation des nouvelles biotechnologies encouragera d’âpres disputes

Les opposants ont déjà ouvert de nouveaux fronts, appelant à un moratoire strict et l'inclusion sans différenciation de toutes les nouvelles méthodes dans un régime de réglementation. Il est évident que les opposants (certains généreusement financés par l'argent public européen) vont réussir à propager des craintes sur les biotechnologies qui seraient non réglementées, qui seront appelées « OGM cachés » comme cela est déjà le cas pour les cultures mutagénisées (comme certains tournesols HT, dont des champs ont déjà été vandalisés en France).

 

Il sera en effet difficile pour les non-experts de comprendre pourquoi des OGM vieux de plusieurs décennies sont encore réglementés (et voient leur réglementation encore renforcée ou leur commercialisation carrément interdite par le Parlement européen, en laissant de côté la science, et notamment les avis de l'Autorité européenne de sécurité des aliments), tandis que des nouvelles biotechnologies ne seraient pas réglementées.

 

Est-il possible de parler des avantages pour changer ?

Parler des bénéfices de la sélection moderne des plantes ne veut pas dire que nous devrions rester dans l'ancienne conception d’une technologie qui serait l'alpha et l'oméga du progrès en agriculture. Il existe quantités d'écrits documentés démontrant que le succès final des nouvelles biotechnologies dépend de nombreux autres facteurs, tels que la structure de production, les modes de vie des agriculteurs, les éléments historiques, les traditions, l'écologie des cultures, l'écologie du paysage, etc.

 

Est-il permis de rêver ?

Ce dont nous avons réellement besoin est un système réglementaire mondial, construit sur les meilleures connaissances scientifiques (qui évoluent avec le temps), donc évolutif, et qui inclut la possibilité de se différencier en fonction de l'impact des risques. 

L'implication politique ne devrait pas être limitée à toujours plus de réglementations, d'interdictions et de tractations sur l'agriculture moderne. A un moment où beaucoup doutent de l'Europe, la grandeur de la politique européenne devrait être de lever les barrières politiques et la stigmatisation sans base scientifique, et d'éclairer les facteurs indispensables pour que l'agriculture moderne relève les défis du 21ème siècle.

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 16:30

Ces réflexions ont pour origine le constat qu'une chapelle non-scientifique des sciences humaines et sociales (SHS) a littéralement pris le pouvoir dans nombre d'institutions scientifiques. La raison est que ces SHS postmodernes ne font que décliner sur les "controverses" scientifiques et techniques une nouvelle idéologie dominante à l'oeuvre plus largement dans les sociétés occidentales et en France en particulier, comme montré ci-dessous.

Cette idéologie postmoderne a induit le communautarisme, pourtant contraire aux "valeurs de la République", qui a lui même été un terreau fertile pour la radicalisation religieuse, dans un pays qui se veut laïc, avec les conséquences que l'on sait...

Lire à ce sujet l'article "Penser après un vendredi 13".

 

De l'idéologie postmoderne

 

Tout le monde s’accorde sur le constat, les questions dites « sociétales » chères au gouvernement sont « clivantes ». Pour quelles raisons ? S’agit-il de luttes entre « réactionnaires » et « progressistes » ? Entre traditionalisme et modernisme ? En réalité la question doit être posée autrement, comme un choix de civilisation.

 

La société occidentale contemporaine, pour son malheur, est depuis quelques décennies la proie d’une tentative de « décivilisation ». Il convient de la penser comme postmoderne, c’est-à-dire à la fois anti-moderne et anti-tradition. Le postmodernisme s’est constitué un corpus théorique (citons l’ouvrage « la condition postmoderne » de Jean-François Lyotard en 1979) et est devenue progressivement idéologie dominante.

 

Celle-ci se définit comme un ensemble de « déconstructions »: l’Homme des Lumières (dissous dans un être individualiste et consommateur, à l’identité variable qui construira entre autres son « genre »), la Nation (à laquelle se substituent d’autres « communautés imaginées », comme les réseaux « sociaux » ou les rassemblements victimaires), la démocratie représentative (remplacée par une démocratie « participative », aux contours flous et où règnent des minorités actives) et enfin, déconstruction de la réalité elle-même par un constructivisme s’enivrant de « représentations du monde » en forme de discours.

 

Cette postmodernité rejette les  valeurs universelles de la philosophie des Lumières – car portées par l’Occident – et propage une doctrine cosmopolite qui voit l’identité nationale comme un particularisme offensant pour l’Autre. La vision postmoderne confond l’ouverture aux autres cultures (une valeur des Lumières) et l’exaltation de la « diversité », aboutissant à la haine de soi. Ainsi, la lutte légitime pour les droits civiques de minorités ethniques est devenue antiracisme idéologique, le soutien à la décolonisation s’est transformé en tiers-mondisme aveugle, la condamnation de la persécution des homosexuels s’est muée en glorification des postures identitaires liées à des pratiques sexuelles (qui devraient rester) privées.

 

Une certaine Bien-Pensance croit devoir porter sur ses épaules toute la culpabilité de l’Occident. Ce « Sanglot de l’Homme Blanc » - cette « Identité Malheureuse »  - est devenu la pensée hégémonique du camp du Bien. Le temps qui passe n’y fait rien : il s’agit de montrer, encore et toujours, sa solidarité avec les victimes classées en catégories, comme les « Afro-américains », les femmes, etc.). La rédemption de l’être postmoderne passe par la reconnaissance et l’accueil sans conditions de l’Autre, non dans son individuation (selon des valeurs chrétiennes, comme l’amour du Prochain), mais comme un ensemble de communautés idéalisées et condamnées à se vivre au travers des fautes commises à leur encontre.

 

Le postmodernisme est hermétique à la critique, car il déconstruit la notion de Vérité (y compris en science). Il ne veut ni la connaitre, ni même la nommer (ce serait « stigmatiser » une communauté !). Il a transmuté la passion égalitariste en relativisme généralisé : tout se vaut !  Il accepte de ce fait la domination de l’Opinion, même ignorante, sous des formes péremptoires : soit sous pseudonyme sur les réseaux « sociaux », soit au contraire de manière égocentrée chez les amuseurs publics des plateaux de télévision.

 

A l’Ecole, l’idéologie postmoderne a supprimé la référence mythique à « nos ancêtres les Gaulois », symbole d’un récit national, et donc honni. Le  prétexte étant que cette référence ne correspondait pas à la filiation génétique des Français - « issus de la diversité » - et qu’elle risquerait de heurter cette « diversité » alors qu’il convient de la fêter comme telle. Elle a fait disparaître le beau titre d’Instituteur (et ses significations profondes) et elle prône désormais la « co-construction » de l’enseignement entre le Maître (devenu « communauté éducative ») et l’Elève (devenu « apprenant » !). Il serait bon de méditer ces délires « sémantiques » car ils accompagnent d’autres délires, cette fois « pédagogiques ».

 

La même menace touche la science, qui ne serait qu’une « construction sociale », une simple opinion d’une « communauté scientifique » partageant des présupposés, qui ne vaut pas plus que toute autre opinion. Relativisme oblige, les militants de l’écologisme et les charlatans doivent être écoutés comme (voire plus que) les scientifiques reconnus. Revêtant habilement les habits de la démocratie, une perversion démocratiste exige que la science devienne « citoyenne » ! L’imposture intellectuelle « sociologisante » devient hégémonique dans nos institutions scientifiques.

 

La pensée postmoderne incarne son pessimisme dans la Précaution érigée en Principe, et son nihilisme dans le rejet de toute foi dans l’Homme et le Progrès, dans l’abandon de la quête ouverte et généreuse du Vrai, du Bien, du Beau.

L’idéologie postmoderne n’est pas un « Suicide Français », c’est un suicide de civilisation.

 

Cet article a été publié le 30 avril 2015 par Le Figaro sous le titre "Le syndrome de la postmodernité, une maladie de l’Occident"

Une illustration de l'idéologie postmoderne...

Une illustration de l'idéologie postmoderne...

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5 septembre 2015 6 05 /09 /septembre /2015 22:19

Le 5 septembre 1995, 20 ans jour pour jour, Greenpeace avait présenté ses excuses au sujet de sa campagne fallacieuse contre le projet de Shell de couler au large dans l’Atlantique la plateforme pétrolière Brent Spar située en Mer du Nord et devenue obsolète.

Greenpeace avait organisé dans le monde entier une puissante campagne médiatique contre ce projet. Des militants de Greenpeace ont occupé le Brent Spar pendant plus de trois semaines. Ils y avaient prélevé des échantillons. Greenpeace contesta sur cette base les chiffres de Shell et affirma qu’il s'y trouvait jusqu’à 5500 tonnes de pétrole et des produits toxiques en quantités susceptibles d’entrainer des pollutions importantes.

En raison du succès de cette campagne médiatique, notamment en Europe du Nord, incluant un boycott des stations-service Shell, accompagnée d’attaques physiques et d’un incendie criminel sur une station-service en Allemagne, Shell abandonna ses plans pour se débarrasser de Brent Spar en mer - tout en continuant à affirmer que couler la plateforme était l'option la plus sûre, à la fois pour l’environnement et dans une perspective de santé et de sécurité industrielle.

 

Après avoir amarré le Brent Spar à Erfjord (Norvège), Shell a chargé le conseil indépendant norvégien Det Norske Veritas (DNV) de mener une vérification du contenu de Brent Spar et d’enquêter sur les allégations de Greenpeace. Devant l’évidence, Greenpeace a admis que ses allégations étaient inexactes et a présenté des excuses à Shell…

Restait-il à la multinationale de l'écologisme un peu d'éthique ? Ou était-ce pure stratégie médiatique ? C'était il y a 20 ans. Depuis, Greenpeace a multiplié les campagnes manipulatrices, sans jamais s'excuser...

 

Greenpeace ne s'est pas excusé pour avoir raconté des balivernes contre le Riz Doré, prétendant qu'il faudrait manger des kilos de cet OGM humanitaire pour bénéficier de ses effets de prévention contre le manque de vitamine A. Greenpeace pousse le manque d'éthique absolu jusqu'à poursuivre ses campagnes contre ce riz, ayant réussi à faire abandonner le projet dans la plupart des pays qui pourraient en bénéficier.

Tant pis pour les enfants qui deviennent aveugles ou meurent...

 

 

Greenpeace va-t-il s'excuser auprès de ses employés mécontents de leur condition sociale ? Voir leur pétition et une vidéo. Il y est révélé que les solliciteurs (de fonds) pour Greenpeace sont tenus à un quota de ventes et s'ils ne parviennent pas à réunir assez d'argent, ils sont licenciés sans ménagement.

 

Quand Greenpeace nous prend pour des poires

Lire au sujet de la campagne de Greenpeace sur les pommes.

Sur le blog Agriculture, alimentation, santé publique... soyons rationnels .

Et sur Ecolopedia.

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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 12:48

uk-flagVersion originale en Anglais : Politics vs. Science, by Steven Novella

 

 

drapeau francaisQue se passe-t-il quand des points de vue politiques ou idéologiques sont contredits par un consensus d’avis scientifiques basés sur les preuves ?  Il apparait qu’une réaction habituelle – qui dépend de la force avec laquelle ces vues idéologiques sont ancrées -  est de rejeter la science. Non seulement les gens rejettent la science dans le cas spécifique qui les intéresse, mais en plus ils rejettent la science elle-même. Ils considèrent que si la science est en désaccord avec leur point de vue (et donc qu’ils « savent » être la vérité), alors la science doit être rejetée.


Le plus récent exemple de ce type de réaction vient de l'Union Européenne. Le rôle de "Conseiller Scientifique JunckerEuropéen en Chef", tenu par le Professeur Anne Glover, a été récemment supprimé par Jean-Claude Juncker, le nouveau Président de la Commission européenne.  Il existe des explications contradictoires quant à la raison exacte de cette suppression, mais après revue de la presse cela me semble assez clair. Ses conseils sur la science, plus particulièrement en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés (OGM),  étaient politiquement gênants.


Selon les discours prononcés par Glover, son poste, créé début 2012, a toujours été contesté. Elle a déclaré dans un discours prononcé en Nouvelle Zélande :
"Je dirais que la politique interne a nui à l'efficacité de mon rôle. Beaucoup de gens de la Commission ne voulait simplement pas d’un Conseiller Scientifique Européen, donc ça a été un peu difficile. J'ai eu toute l'indépendance nécessaire, mais j'ai été souvent exclue de l'information essentielle. »

 

Elle s’est aussi souvenue :
« J’arrivais à une réunion et c'était presque comme s'ils avaient oublié que je devais y participer » dit-elle, ajoutant « qu'elle n’a rencontré son patron direct – José Manuel Barroso, le Président de la Commission Européenne –  que 51 jours après mon arrivée à Bruxelles parce qu'il « avait d'autres choses à faire ».

 

De toute évidence, Glover était énergique et efficace, présentant les avis et conseils des scientifiques européens pour aider à définir la politique scientifique. Cela est la raison évidente d’avoir un Conseiller Scientifique.  De plus en plus souvent, d’importantes politiques gouvernementales dépendent de questions scientifiques. Il n'est simplement pas possible pour les politiciens de construire une politique efficace sans avoir une bonne compréhension de la science actuelle.


Mais en politique, les faits sont gênants.  Avoir un Conseiller Scientifique disant publiquement quel est le consensus actuel des avis scientifiques sur une question précise, peut compliquer la vie d’un homme politique qui veut nier la science en faveur de son idéologie.doutes serieux
C'est précisément pourquoi la communauté scientifique, notamment en Europe, est tellement consternée par cette décision. Il s'agit précisément du rôle de la science au sein d’un gouvernement. Les politiciens montrent ainsi qu'essentiellement ils se préoccupent plus de l'idéologie que des faits. Cela devrait indigner toute personne intelligente.


La décision a été vivement critiquée par le Dr Roberto Bertollini, l’Expert scientifique en chef et le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé auprès de l'UE :
« L’idéologie et les groupes d'intérêts continuent de dominer le débat public en Europe et ailleurs, quelles que soient les tentatives de partager les conseils basés sur les connaissances et sur la science ».

 

Il est clair que la décision de limoger Glover a été motivée par la politique anti-OGM en Europe. Greenpeace et les autres organisations écolos se sont opposés à Glover et ont envoyé une lettre à Mr. Juncker affirmant:

"L'actuel Conseiller Scientifique Européen en Chef présente des opinions partiales et partisanes sur l'utilisation des organismes génétiquement modifiés en agriculture, affirmant à plusieurs reprises qu'il y aurait un consensus scientifique quant à leur sécurité. Nous espérons que vous, le futur Président de la Commission Européenne, déciderez de ne pas nommer à nouveau un Conseiller Scientifique en Chef. "
Pour être clair, Greenpeace ne veut pas que la Commission Européenne ait un Conseiller Scientifique en Chef, simplement parce qu'ils sont en total désaccord avec la science sur les biotechnologies végétales.

 

Selon une source du quotidien anglais « The Télégraph » :
"Elle est controversée en raison de ses vues sur les Biotechnologies Végétales.  Juncker n'aime pas l'idée que les cultures génétiquement modifiées soient approuvées par l'UE sur des bases scientifiques. Pire encore, elle a mécontenté les Français. »

 

Conclusion
Notre civilisation moderne est complexe et devient de plus en plus complexe chaque jour au fur et à mesure que la technologie progresse, que la population augmente, que la mondialisation s’étend, et que les effets de notre industrie pèsent plus lourdement sur l'environnement. Notre qualité de vie collective dépendra de plus en plus de notre capacité à conduire notre civilisation de façon efficace et efficiente.


aveuglementPeut-être la plus grande menace pour notre efficacité est-elle l'idéologie, qui semble être un problème majeur dans le cerveau humain. Personne n'est à l’abri de son emprise. L'idéologie est une lentille déformant la réalité, qui affecte la façon dont nous voyons toute chose ainsi que notre façon de penser rationnellement.


Notre meilleur espoir est la Science qui met potentiellement des verres correcteurs sur notre idéologie. La science est la vérification de la réalité. Je ne vois rien de plus important à l'élaboration d'une politique efficace et effective que d'aider ce processus avec les meilleures données scientifiques disponibles.


Toute personne ou organisation qui s’opposerait à la science, ou au rôle d'un conseiller scientifique - parce que cela contredit leur idéologie – représente une force régressive dans notre civilisation. Ils doivent être fermement critiqués et contredits.


De plus, s’il devait y avoir un doute que les forces anti-OGM sont essentiellement antiscientifiques, leur opposition au rôle de Conseiller Scientifique Européen en Chef en est la preuve concrète.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 12:26

Le Professeur de sociologie rurale Frederick Buttel a identifié pas moins de 6 courants d’« agro-écologie »: agro-écologie écosystémique, écologie agronomique, économie politique écologique, écologie des agro-populations, agriculture multi-fonctionnelle (dimension du paysage, articulation entre territoires et secteurs), holon agro-écologie (gestion adaptative permanente).

Rassurons immédiatement les lecteurs, nous n’allons pas tenter d’expliquer ces concepts ! Allons à l’essentiel : si on combine ces multiples interprétations, à la citation attribuée au Cardinal de Retz, « on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment », on comprendra tout l’intérêt d’un concept aussi flou pour les politiciens.

 

Plaire à tous avec un concept-valise ?

En France, concrètement, l’agro-écologie a plusieurs sens :

-une discipline scientifique émergente, au carrefour de l’agronomie et de l’écologie,

 

-une démarche de gestion agricole qui vise à adapter ses pratiques afin de tirer un plus grand parti des ressources naturelles de l’agroécosystème,


agriculture soutenable-une idéologie, caressée dans le sens du poil par la stratégie politicienne du Ministre Stéphane Le Foll, où l’agro-écologie n'est pas vue comme alternative à une agriculture non durable, consommant trop d'intrants et ne respectant pas l'environnement, mais  comme une agriculture sans intrants et sans OGM. Il s'agit donc d'enlever des roues au tracteur ! 

 

 

 

 

 

 

 

L’agro-écologie est en effet l’un de ces concepts à forte valeur médiatique dont raffolent certains politiciens, car ils permettent de faire de la politique quand on n’a pas de politique : chacun y mettant ce qu’il veut, on ne fâchera personne. De plus, il est en parfaite adéquation avec le vocable en vogue : la « transition » (énergétique, ou ici de l’agriculture) : on fera ainsi croire que l’on pilote au centre une infinité de paramètres excentrés.

En fait, l’agriculture a déjà changé et les agriculteurs, sur lesquels pèsent déjà de multiples contraintes environnementales (interdictions, réglementations, normes, etc.), apprécieront que des citadins privilégiés aient décidé qu’il faudra désormais « produire autrement » !

 

Une science sous la contrainte d’impératifs politiques partisans

L’INRA, déjà soumis aux diktats ministériels pour ne plus faire de recherche impliquant des OGM, a donc fait de l’agro-écologie un « chantier prioritaire ». L’Institut, ainsi, « mobilise ses capacités pour une science qui anticipe (!) et accompagne les mutations de l’agriculture et contribue à une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable au XXIe siècle ».

 Dans une vision digne d’un gosplan soviétique, pour Le Foll, « le socle de connaissances acquis en agro-écologie permettra d’accompagner des systèmes agricoles innovants, combinant performances économiques, sociales et environnementales, en proposant des évolutions au sein des filières et des territoires ». On reconnaitra ici la vision totalisante de l’écologisme (la défense de l’environnement doit intégrer les aspects socio-économiques, ou supposés tels). Petit problème : dans son document d’orientation 2010-2012, l'INRA se fixe comme objectif la convergence (difficile) dans l’agro-écologie des connaissances de l’agronomie et de l’écologie, « disciplines historiquement disjointes ». Vouloir combiner, par décision ministérielle, cette « nouvelle science » (dans laquelle la France n’est pas leader, la discipline existe en Allemagne par exemple depuis les années 30 !) avec des aspects socio-économiques de nature clairement différente, éminemment soumis à des interprétations idéologiques, relève au mieux d’une gageure.

 

La comparaison avec le système soviétique peut paraître injuste

Effectivement, ce dernier a été capable d’assembler des fusées et de les envoyer dans l’espace. Ici, ce qui est proposé avec l’« agro-écologie », ce sont des étages de fusées qui, en l’état, ne peuvent s’assembler. Et en plus on ne veut pas construire certains étages !

 

Pour une agronomie sans idéologie

Qu’y a-t-il de plus compatible avec des pratiques agro-écologiques qu’une plante qui possède, comme le maïs MON810, une défense propre contre des insectes ravageurs, compatible avec la réduction de l’usage des pesticides chimiques et leur utilisation raisonnée. Compatible aussi avec une lutte intégrée pour assurer la durabilité des pratiques. Seulement voilà, le MON810 est un trait génétique de type OGM, et sur lui se focalise ainsi le sectarisme de l’écologie politique et l’irresponsabilité des politiciens qui s’acharnent à détruire les biotechnologies végétales, dans une stratégie où seule compte la prochaine échéance électorale ou son portefeuille ministériel.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 20:05

Derrière ce titre provocateur est posée une question légitime, celle du bilan de l’activisme environnementaliste, entre contre-pouvoir, prises de conscience et réactions salutaires face à notre impact sur l’environnement et, d’autre part, un projet politique -voire un intégrisme- peu soucieux des faits scientifiques, incapables d’adopter des positions nuancées.

        Lire le tome 1 (dossier de l’interdiction du DDT contre la malaria).

 

TOME 2 : Le lobbying anti-Riz Doré, un dossier noir de l’écologisme 

Lire Sauvez les baleines, oubliez les enfants. Par Henry I. Miller

Certains, comme Greenpeace, continuent de désinformer sur le Riz doré qui, à leurs yeux, a le tort d’être un « OGM ». On sait aujourd’hui que la consommation de quantités minimes de ce riz éliminerait les symptômes les plus graves de la déficience en vitamine A, là où le riz est l’aliment de base.

La destruction d’un essai de cet OGM humanitaire aux Philippines en août 2013 a suscité la réprobation.

 

Réconcilier Ecologie et Ethique

Dans sa vision idéologique, l’« écologie » politique a accumulé les mensonges sur les OGM et ne peut plus s’en dégager.

Condamner à mort des centaines de milliers d’enfants plutôt que de regarder les faits n’est pas moralement défendable.

 

Autorisez le Riz Dore maintenant !

Le combat de l’association GoldenRiceNow

 

Venez rencontrer l’association à Paris.

Mardi 17 juin 2014, de 9h à 10h30 au Bistro John Weng
20, rue du Faubourg Poissonnière, 75010 - Paris
(Métro: Bonne-Nouvelle)

 

Participez à la conférence-débat sur le Riz Doré 

Mercredi 18 juin 2014, de 18h30 à 21h30. Saf agr’iDées.

8, rue d’Athènes – Paris 9e

Communiqué de l'AFIS

 

Mise à jour: la couverture de presse

http://www.titrespresse.com/ca/article/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe?id=199509d14d6

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/ogm-l-association-golden-rice-now-en-campagne-pour-la-mise-en-culture-du-riz-dore-90194.html

http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/20140618.AFP9917/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe.html

http://www.atlantico.fr/decryptage/greenpeace-accuse-crime-contre-humanite-anciens-responsables-wikiagri-1626033.html

http://www.leuksenegal.com/sport/item/43378-greenpeace-accus%C3%A9-de-crime-contre-l%E2%80%99humanit%C3%A9-par-l%E2%80%99un-de-ses-anciens-responsables

http://wikiagri.fr/articles/riz-dore-greenpeace-accuse-de-crime-contre-lhumanite/1151

http://www.maghrebo.com/tunisie/greenpeace-accuse-de-crime-contre-l%E2%80%99humanite-par-l%E2%80%99un-de-ses-anciens-responsable.html

http://www.rtl.be/info/economie/monde/1101456/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe

http://www.afriqueexpansion.com/depeches-afp/16301-le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe.html

http://www.politicomag.com/article.php?item=3913&cat=5&le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe

http://www.auxfrontieresdelascience.com/sujet-10869,le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe

http://lafrance.co/d/299604/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe 

http://www.nordnet.fr/infos/environnement/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe/urn.newsml.afp.com.20140618.7b947358.06c0.4972.aa04.776162eb3f0f

https://fr.news.yahoo.com/greenpeace-accus%C3%A9-crime-contre-l-humanit%C3%A9-l-anciens-064031655.html

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-riz-dore-un-ogm-pas-come-les-autres-plaide-sa-cause-en-europe?id=8295205

http://www.campagnesetenvironnement.fr/un-cofondateur-de-greenpeace-manifeste-pour-un-6847.html

http://magzlavie.com/le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe/

http://www.combourse.com/News/Le_riz_dore_plaide_sa_cause_en_Europe__1630544.html

http://www.lapresse.ca/vivre/sante/nutrition/201406/18/01-4776977-le-riz-dore-plaide-sa-cause-en-europe.php

http://www.enviscope.com/News/Thematiques/Agriculture/Patrick-Moore-l-opposition-de-Greenpeace-au-riz-dore-entraine-des-millions-de-victimes,i21787.html

http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article2319

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1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 19:37

                                                 par Michel NAUD

   José Bové, le plus médiatisé des « citoyennistes », accédait à la célébrité par sa participation active à la destruction de semences biotechnologiques en 1998 (condamnation à quatre mois de prison avec sursis), puis en 1999 au saccage baptisé « démontage » du Mc Donald’s de Millau (trois mois de prison ferme) ainsi qu’à la destruction de la serre de confinement du CIRAD (de Montpellier (six mois de prison ferme). 

A l’issue de cette dernière condamnation, José Bové déclarait : «Aux ordres du pouvoir économique, les magistrats de Montpellier nous ont condamnés. Mais nous avons déjà gagné une bataille. Aucune firme privée ou publique n'a déposé depuis un dossier devant la commission de génie biomoléculaire pour pratiquer des essais.»  

Depuis, José Bové peut se targuer d’avoir gagné d’autres batailles. Par exemple la conversion des peines de prison en « jours amendes ». C’est ainsi qu’à l’occasion d’un énième procès, en 2006 à Bordeaux, pour la destruction de 2320 tonnes de maïs transgénique, la présidente du tribunal lui expliquait :  "Vous avez le choix de payer au terme de la période de 200 jours à 60 euros ou de faire un jour de prison par jour-amende non payé", en précisant qu'ils pouvait bénéficier d'une "réduction de 20% du montant" s'il payait sous un mois. Il n’est même plus  besoin de jours amendes puisque les « faucheurs volontaires » qui ont saccagé les vignes de Colmar se sont trouvés relaxés…  

 

Fermes des mille vaches 

Un nouvel épisode s’est ouvert la semaine dernière, le 28 mai 2014. Un collectif… « citoyen », bien sûr, et les militants locaux de la Confédération Paysanne ont décidé que la ferme intitulée la « ferme des mille vaches », ferme d’élevage pour la production de lait, ne correspondait pas à la vision qu’ils préconisent pour l’agriculture. Ainsi donc cette ferme, bien qu’ayant reçu toutes les autorisations et se construisant dans la légalité, doit être démontée, et d’inviter la presse, suivant leur savoir faire médiatique habituel, pour assister en direct au « démontage ». Les gendarmes embarquent quelques meneurs, dont le porte-parole de la Confédération Paysanne, pour les entendre et Hervé Kempf, à l’issue de son long reportage, de conclure « étrange pays, étrange gouvernement, en ce jour où le porte-parole du deuxième syndicat agricole français a passé la nuit, incarcéré. » José Bové, nouvellement réélu au parlement européen et candidat pour son groupe écologiste à la présidence de la commission européenne, déclarait à son tour « Je félicite la Confédération paysanne pour la détermination avec laquelle elle mène le combat pour une agriculture paysanne et contre les grands projets inutiles. » et de rajouter « Cette répression syndicale est complètement inacceptable. Je demande la libération immédiate des personnes gardées à vue. »

 

Séquestrations

C’est ainsi que les citoyennistes, déjà entraînés aux « inspections citoyennes » (ayant pénétré dans le centre d’Angers de l’INRA pour demander des comptes au chercheurs) passent au stade de l’incarcération. Le 30 mai 2014, en réponse à la garde à vue de leurs militants dans la Somme, un groupe de militants à séquestré un conseiller du Président de la république.  "Tant qu'ils ne seront pas libérés, nous resterons ici (...). C'est un nouveau genre de rapport. C'est une garde à vue mutuelle" expliquait ainsi sans rire un des représentants de la Confédération paysanne. Après la levée de la garde à vue des cinq militants retenus à Amiens, le conseiller sortait libre à son tour. 

Que peut-on constater ?

Les seules prises de positions politiques publiques sur ces affaires ont été celles de José Bové d’EELV, et ce pour se solidariser avec ces actions illégales.

Aucune prise de position gouvernementale. Pire, le ministre de l’agriculture, Stephane Le Foll, recevait les saboteurs et ne trouvait rien d’autre à leur dire que « Ce n’est pas mon projet. Je veux des agriculteurs à la tête des exploitations agricoles et pas des investisseurs. Ce n’est pas un modèle que je défends. »

A ce jour, la seule prise de position qui ose faire entendre une différence est celle de la journaliste Michèle Cotta dans le Point : « Des paysans ont saccagé une exploitation laitière géante de la Somme, avec la bénédiction de leur ministre. Une action stupide. »

 

Impunité totale

Le seul message adressé de facto aux destructeurs volontaires, que ce soit de champs, de fermes, d’usines, de centre de recherches publics ou privés, c’est celui de l’impunité totale pour les actions menées au nom du « citoyennisme ». C’est celui de la démission totale des gouvernements successifs de ces quinze dernières années, et que cela va en s’empirant. Pour paraphraser, de façon désabusée, une célèbre chronique de France Info, « nous vivons une époque postmoderne… »

Il serait temps, peut-être, de prendre conscience que, comme d’autres –ismes, le « citoyennisme » est une référence abusive, dévoyée, à la citoyenneté, qu’il lamine les libertés publiques tout comme l’égalité en droit des citoyens.

Que faut-il attendre pour que la délinquance « citoyenniste » soit reconnue pour ce qu’elle est ?

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18 mai 2014 7 18 /05 /mai /2014 20:46

La Cour d’Appel de Colmar a relaxé le 14 mai 2014 les prévenus condamnés en première instance pour avoir détruit un essai OGM scientifique non marchand de l’Inra en août 2010. Il s’agissait d’une expérimentation sur une vigne où seul le porte-greffe était transgénique (vigne développée à l'origine pour étudier sa résistance au virus responsable de la maladie du court-noué) et l'essai en question visait à étudier l'interaction entre transgène et environnement. Le saccage de l’essai en 2010 avait été condamné par les ministres Pécresse et Le Maire

Autres éléments. 1. Le parquet général de Colmar a annoncé le 19 mai son pourvoi en cassation. 2. Déclaration signée par les dirigeants de douze organismes de recherche : "Au nom de la communauté scientifique, nous ne pouvons aujourd'hui qu'exprimer notre total soutien à l'Institut national de la recherche agronomique, l'INRA, et notre inquiétude forte face aux conséquences d'une décision de justice intervenue à son encontre le 14 mai". 3. Communiqué de l'Académie de l'agriculture de France.

Dernière nouvelleLa Cour de Cassation a cassé le jugement de la Cour d'Appel de Colmar le 5 mai 2015. 

 

Des risques mal évalués ?

La Cour d'appel de Colmar a jugé que l'Etat n'aurait jamais dû autoriser cet essai « sans véritable étude d'impact », qu’il y a eu « une erreur manifeste d'appréciation des risques inhérents » à l'expérience, réalisée dans un environnement non confiné.

Pourtant le Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), l’autorité scientifique compétente, avait estimé, le 15 mars 2010, que « …compte tenu des caractéristiques des OGM disséminés, de la taille de l’expérimentation et des mesures préventives adaptées, […] l’expérimentation telle qu’elle est décrite […] ne présente pas de risques identifiables pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement. ». Même l’autre comité du HCB, le CEES, pourtant dominé par les lobbies anti-OGM, avait  «pris acte des dispositifs mis en place pour assurer au mieux la sécurité et la surveillance de l’expérimentation ».

Le prédécesseur du HCB, la CGB, avait aussi donné un avis favorable en 2004.

Notons aussi cette déclaration le 08 septembre 2009 du Sénateur Jacques Muller (les Verts), peu suspect d’être pro-OGM…, « les dispositions techniques mises en œuvre (à Colmar) étaient telles que l’on pouvait littéralement parler d’essai OGM en plein air confiné, tant la dissémination des gènes dans l’environnement et donc sa contamination étaient rendues techniquement impossibles ».

 

La Cour d’Appel s’est donc prononcé au sujet de faits scientifiques en suivant, non pas l’autorité scientifique compétente, mais en tranchant entre les opinions qui se sont exprimées (le parquet et les témoins des prévenus), en donnant raison en l'occurrence à l'opinion des opposants (d'autant plus facilement qu'ils ont rodé leur propre « science » parallèle). La science «normale» (CGB, HCB, les biologistes de l’INRA de Colmar, etc.) avait été suivie en première instance, mais pas même auditionnée en appel. C'est précisément une des caractéristiques de l'idéologie postmoderne -qui imprègne largement l’air du temps- que de considérer la science comme une opinion comme une autre, qui peut être contredite par n'importe quelle opinion. 

Au sujet du postmodernisme en science, lire : "Menaces postmodernes sur la science" et

"Volonté de mainmise sur la science". 

 

Une chapelle de sociologie devenue pensée unique

Ironie de l’histoire, ce postmodernisme judiciaire -associant relativisme et précautionisme- signe ainsi la faillite finale de l’expérience de sociologie postmoderne appliquée que fut cet essai de vigne à Colmar. En effet, ce n’est pas faire injure aux biologistes de l’Inra de Colmar que de rappeler que leur technologie (déjà ancienne) de résistance à un virus était obsolète (ce qui permettait néanmoins certaines études biologiques). Mais il s’agissait principalement de procéder à une expérience « participative » sous la forme d’un « modèle pilote de concertation avec la société civile » (la société civile étant en fait à Colmar limitée à des groupes motivées, c'est-à-dire des opposants qui ont accepté de participer). Ainsi l’un des sociologues à l’origine du projet s'auto-congratulait en 2007 car «l’expérience était hautement productive » (“the experiment was highly productive”).

 

Il conviendra d’établir, dans une démarche d’historien, comment une pensée bien particulière, celle des « science studies », historiquement imprégnée de relativisme (la vérité scientifique n’est qu’une « construction sociale »), dans un « cadrage postmoderne » idéologique (les technologies doivent être «co-construites») a pu devenir hégémonique à l’Inra et entrainer l’adhésion (et les financements) de sa Direction de l’époque.

En fait de « société civile », il a été donné un rôle exorbitant à un « comité de suivi » dominé par l’écologie d’idéologie, sans contrepartie aucune. Ce qui n’a pas empêché l’essai au champ d’être détruit en 2009, puis encore en 2010.

Après ce jugement de Colmar, les biologistes de l’Inra, qui ont joué le jeu avec une probité absolue, ont été les victimes de A à Z de cette idéologie postmoderne.

 

Autres documents

Lire la tribune de François Houllier, Président de l’Inra, dans un contexte où l’organisme est contraint par les politiciens de travailler exclusivement sur un « modèle agricole sans OGM cultivés et vers l’agro-écologie ».

 

Pour lire plus en détails mon analyse épistémologique, télécharger mes publications dans EMBO Reports :

The post-modern assault on science

Why the postmodern attitude towards science should be denounced

 

Pour se procurer mon dernier livre : OGM, la question politique (Presses Universitaires de Grenoble).

 

Autres exemples d’intrusions du postmodernisme dans des organismes scientifiques

Une mission exploratoire avait été confiée par le Président du CNRS dans le but de faire le point sur les actions susceptibles de rapprocher la science et les citoyens, qui fut détournée vers des « sciences citoyennes » non dépourvues de visées politiques...

Lire les détails        Lire la mise au point du Président du CNRS.

On peut se demander ce qui distingue la science ainsi adjectivée de la « science prolétarienne » ou de la « physique allemande » de sinistre mémoire… Au delà de cette remarque d'humeur, une science proche des citoyens peut recouvrir l’exigence démocratique de partage des connaissances, mais aussi être transformée en un partage de la production de  connaissances où certains prétendant représenter la « société civile » influent sur la méthode scientifique elle-même.

 

A la suite de la fusion de l’Afssa et de l’Afsset en 2010, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) ainsi créée s’est trouvée de fait investi par les sociologues postmodernes de l’Afsset. A la suite de critiques du postmodernisme parues sur le site de l’Association Française pour l’Information Scientifique (AFIS), un « rapport » portant le logo de l’ANSES, et financé par l’Anses, à pris violemment à partie des membres de l’AFIS. Lire les détails et la réponse de la Direction de l’Anses.

Faut-il comprendre que le concept de « balistique des controverses », que manie certains de ces sociologues, signifie qu’ils se considèrent autorisés à faire feu sur les scientifiques, mais que toute réplique à leur égard leur est insupportable…

 

On appréciera aussi l’absence de pluralité de vues dans la démarche de la chapelle postmoderne des « sciences studies » (qui veulent pourtant entrainer les scientifiques dans des « débats contradictoires », voire même « mettre la science en procès ») en remarquant que leur association aux colloques « Science de la vie en société » du Genopole a conduit à ce que soit exclusivement invités des personnalités des sciences humaines appartenant à leur propre chapelle lors de 4 colloques successifs !

 

On notera aussi le projet PGM/GMO90plus financé par l’argent du contribuable suite à l’agitation médiatique créée par la «publication-choc» de Séralini et coll. en septembre 2012 (et finalement retirée par le journal). Alors qu’il était apparu rapidement que les conclusions de Séralini étaient fausses, certains ont voulu y voir la nécessité d’«améliorer le protocole d’étude de la toxicité dite sub-chronique (à 90 jours) menée chez le rat en s'appuyant sur des concepts et des technologies les plus avancées, afin d'en optimiser le caractère prédictif à long terme ». La page ayant été retirée du site de l'ANSES, nous la reproduisons ici.

La non-nécessité scientifique des études sur animaux dans le cas des OGM ne sera pas discutée ici. 

En revanche, le caractère postmoderne de ce projet mérite d’être souligné ici : « Compte tenu du débat sociétal en France sur la question de l’impact environnemental et sanitaire des plantes génétiquement modifiées et de ses modalités d’évaluation, il est apparu nécessaire de concevoir un dispositif permettant d’associer la société civile dans le déroulement du projet ». Les objectifs assignées à cette instance de « dialogue » avec les parties-prenantes sont entre autres d’ « enrichir le contenu et la démarche de recherche ». La méthode scientifique va donc être améliorée par la "société civile"!

Manifestement les leçons de Colmar et des affrontements idéologiques au HCB n’ont pas été tirées : il est facile de prévoir que cette instance se transformera, comme les autres investies par l’idéologie, en une foire d’empoigne où les opposants aux OGM voudront dicter les conclusions scientifiques. Et où on verra les organisateurs céder petit à petit sur tout pour ne pas devoir reconnaître que leur démarche était, dès le départ, d’une naïveté confondante...

A suivre…

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 17:36

Pour ou contre une proposition de loi visant à interdire la culture en France du maïs génétiquement modifié MON 810, autorisé dans la Communauté Européenne, sachant que cette loi sera annulée par le Conseil Constitutionnel car contraire aux lois de la Communauté. La grosse astuce est que le délai avant cette annulation sera suffisant pour interdire de fait de semer ce maïs cette année en France.

L'analyse d'Yves Barois, citoyen retraité néanmoins attentif. 


J’ai tenu à vous en informer pour deux raisons :

         • la première est un discours remarquable de M. Bernard Accoyer qui donne une excellente analyse, non seulement de la proposition de loi, mais également des doctrines et pratiques politiques des écologistes français et des relations surprenantes de deux partis politiques avec ces « mamanjaipeurs ».

         • la seconde est l’étonnant amendement proposé par Mme Brigitte Allain (député écologiste de la Dordogne) : une correction toute simple — remplacer « MON810 » dans le texte de loi par « les plantes génétiquement modifiées ». Cette proposition est le signe d’un esprit simpliste (c’est un euphémisme), et montre plus généralement que les Verts ont une doctrine comme certaines sectes, avec des articles de foi qui ne font pas dans la nuance, ici interdire toutes les plantes génétiquement modifiées, là arrêter l’électronucléaire, ailleurs supprimer les cultures à bon rendement, et bien d’autres lubies. Mes voisins agriculteurs (maïs, colza, tournesol…) me disent souvent que s’ils pouvaient semer un maïs résistant à certains prédateurs cela leur permettrait des économies substantielles en produits phytosanitaires. Un face-à-face avec Mme B. Allain, agricultrice également, serait plein d’intérêt !

 

Si vous souhaitez vous documenter sérieusement sur ces sujets je vous recommande :

         • OGM, la question politique. (Marcel Kuntz - Presses universitaires de Grenoble - janvier 2014) : tout à fait adapté au débat cité ci-dessus.

         • Ils ont perdu la raison. (Jean de Kervasdoué - Robert Laffont - janvier 2014) : sur les lubies gouvernementales récentes et à venir.

         • La démocratie des crédules. (Gérald Bronner - Presses universitaires de France - mars 2013) : pourquoi la désinformation domine dans les médias, en particulier sur Internet ; sur le recul de la pensée et du discours rationnel.

         • Un excellent site Internet pour se tenir informer de l’état des connaissances sur beaucoup de sujets visés par la désinformation, de l’Association pour l’information scientifique (AFIS) bien entendu accusée de « scientisme », d’être suppôt des lobbies OGM, nucléaire, téléphoniques… par les « mamanjaipeurs ».

 

Voir ci-dessous deux extraits de ce débat du 15 avril 2014 à l’Assemblée Nationale.

Source  et en vidéo  

 

CITATION 1 :

  — M. BERNARD ACCOYER. Cette nouvelle proposition de loi interdisant la mise en culture du maïs génétiquement modifié MON 810 est, comme les précédentes, contraire à la Constitution mais également à plusieurs dispositions légales et réglementaires. Elle n’a pas de fondement scientifique sérieux. Elle s’inscrit dans une idéologie et un renoncement politiques qui s’opposent au progrès en s’appuyant sur des allégations sans preuve et des peurs injustifiées.

 

  Le choix du Gouvernement de soutenir cette proposition de loi, qu’il a fait inscrire dans son ordre du jour réservé, revêt un caractère paradoxal. D’une part, le Gouvernement affiche dans ses discours l’objectif de redressement économique et de compétitivité en se tournant vers la recherche et l’innovation, une démarche justifiée que nous partageons, mais, d’autre part, il barre la route à la transgénèse, à nos semenciers, à l’agriculture française, à l’innovation et au progrès. Même si le Gouvernement français n’est pas le seul en Europe à refuser la transgénèse, il est celui dont l’attitude est la plus acharnée, la plus incompréhensible sur le plan scientifique et sur le plan économique. Cette attitude s’inscrit dans une dérive déconstructrice qui menace les fondements de notre société et de notre histoire nationale.

 

  Monsieur le ministre, mes chers collègues, puisque que j’ai l’honneur de soutenir une motion de rejet préalable au nom du groupe UMP, je dois d’abord rappeler que cette proposition de loi est contraire à l’article 88-1 de la Constitution, qui reconnaît le principe de primauté du droit européen sur la loi française. Elle est également contraire à l’article 54 du règlement 178/2002 du Parlement européen et du Conseil du 28 janvier 2002 qui fixe les procédures que tout État membre doit respecter pour assurer la sécurité alimentaire de ses citoyens. En effet, le droit européen ne permet pas aux États de prendre une mesure d’interdiction générale de la mise en culture de variétés de maïs génétiquement modifié sur son territoire national. Pour prendre de telles mesures de suspension ou d’interdiction de l’utilisation ou de la mise sur le marché d’un OGM tel que le MON 810, l’État membre doit informer la Commission des mesures envisagées et établir, je cite, « outre l’urgence, l’existence d’une situation susceptible de présenter un risque important mettant en péril de façon manifeste la santé humaine, la santé animale ou l’environnement ». Or nous ne sommes pas devant un tel péril.

  Le Conseil d’État l’a rappelé dans son arrêt en date du 28 novembre 2011, faisant suite à un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne en date du 8 septembre 2011. Cet arrêt du Conseil d’État a d’ailleurs annulé l’arrêté ministériel de 2007 suspendant l’utilisation des semences de maïs MON 810. Le Gouvernement français a de nouveau essayé de faire jouer la clause de sauvegarde, en 2012, mais ce nouvel arrêté a été à son tour annulé par le Conseil d’État le 1er août 2013. Je voudrais rappeler les motifs de cette décision du Conseil d’État, quasi identique à celle qu’il avait rendue le 28 novembre 2011 à l’encontre d’un arrêté pris par le précédent gouvernement. Je cite l’arrêt du Conseil d’État : « Il ressort des termes mêmes de l’avis du 8 décembre 2011 de l’Autorité européenne de sécurité des aliments que le maïs génétiquement modifié MON 810 n’est pas susceptible de soulever davantage de préoccupations pour l’environnement que le maïs conventionnel. » Le Conseil d’État s’est appuyé sur l’avis des agences publiques européennes telles que l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Or, si la France s’est elle aussi dotée d’agences, c’est pour disposer d’avis scientifiques objectifs offrant le maximum de garanties. Si nous essayons de les faire mentir quand ces avis ne nous conviennent pas, à quoi bon avoir créé ces agences et sur quels repères scientifiques s’appuyer ? 

 

  Cette interdiction ne peut pas davantage se fonder sur le principe de précaution proclamé par la Charte de l’environnement inscrite dans le Préambule de la Constitution. Ce principe dispose, je cite, que « lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

  En l’espèce, les innombrables études scientifiques déjà réalisées, les millions d’hectares de surfaces cultivées dans le monde sans aucun dommage, même minime, permettent d’écarter « l’éventualité d’un dommage pouvant affecter de manière grave et irréversible 1’environnement ». L’interdiction que le groupe socialiste nous propose aujourd’hui d’adopter n’est pas, à l’évidence, une mesure proportionnée au sens de la Charte de 1’environnement. Cette interdiction se fonderait sur une approche purement hypothétique du risque, sur de simples suppositions scientifiquement jamais vérifiées.

  À cet égard, je veux souligner que la publication de Campagne et al., 2013, expressément citée – c’est d’ailleurs la seule – dans l’exposé des motifs de la proposition de loi du groupe SRC, n’apporte pas de nouvel élément scientifique probant. Et pour cause, l’insecte ravageur Busseola fusca auquel cette publication se réfère est un papillon présent uniquement en Afrique subsaharienne. Cette référence n’a donc pas de rapport avec le cas, comme l’a très bien rappelé Georges Pelletier, ancien directeur de l’INRA et membre de l’Académie des sciences, dans la lettre ouverte qu’il a adressée au Gouvernement le 20 janvier dernier.

 

  Ainsi, en aucun cas, le Gouvernement et sa majorité ne peuvent recourir à la loi pour prononcer l’interdiction. En effet, une fois que l’autorisation a été donnée, elle s’impose à l’ensemble des pays de l’Union européenne.

 

  En réalité, aucune situation d’urgence ni aucun risque pour la santé ni l’environnement ne justifie une telle proposition, parce que nous disposons en France d’un arsenal juridique d’encadrement des mises en culture des espèces OGM pleinement respectueux du principe de précaution, et élaboré après un travail approfondi.

  Nous avons légiféré en 2008 pour transposer la directive 98/8/CE. Le texte adopté a permis de doter la France de dispositions législatives équilibrées et complètes. Avec l’affirmation de la liberté de produire ou de consommer avec ou sans OGM, la volonté de l’agriculteur et celle du consommateur sont respectées. Ce texte fondateur a instauré un régime de responsabilité sans faute à l’égard du préjudice éventuel dû à une dissémination fortuite d’OGM. Il a également mis en place une information des citoyens par le biais d’un registre national des cultures OGM. Les questions de dissémination et de pollinisation croisée ont été traitées par l’instauration de distances appropriées entre différents types de cultures.

  Enfin, le législateur a pris soin de créer une instance unique, indépendante et pluridisciplinaire, le Haut conseil des biotechnologies. Au sein de cet organisme, il a bien distingué l’avis des experts, réunis au sein du comité scientifique, de la parole de la société civile, représentée par le comité économique, éthique et social, dans le respect des points de vue de chacun.

  Aujourd’hui, notre arsenal législatif est largement suffisant. Efforçons-nous simplement de le respecter et de l’utiliser comme il convient. Cette proposition de loi ne respecte donc pas les règles de notre constitution, ni la législation européenne, ni même nos lois en vigueur, et c’est pour cela que le Sénat l’a sanctionnée et que nous devons à notre tour la sanctionner.

 

  Monsieur le ministre, mes chers collègues, en vérité, derrière cette proposition totalement contraire à l’État de droit– nous l’avons démontré –, il y a surtout le chantage permanent qu’exercent les Verts sur leurs partenaires socialistes, sur le Gouvernement et les pressions qu’ils mettent sur les médias et l’opinion. A-t-on jamais vu une telle précipitation ? Quel danger imminent pour la population justifie une telle accélération de la procédure parlementaire sans que nous disposions d’une étude d’impact, sans l’avis du Conseil d’État, sans celui de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, ni celui du Haut conseil des biotechnologies ?

 

  C’est dans la même précipitation que les présidents de la commission du développement durable et de la commission des affaires sociales nous ont fait auditionner, toute affaire cessante, le professeur Séralini, scientifique contesté, le 9 octobre 2012, sur le mode d’un plan médias totalement opposé aux fondamentaux de toute publication scientifique méritant ce nom. Depuis, les conditions de réalisation de cette sulfureuse étude ont été récusées par la totalité de la communauté scientifique. Cette publication a même été retirée de son site par la revue qui l’avait mise en ligne.

 

  Cette précipitation des socialistes à courir une nouvelle fois derrière les Verts pourrait apparaître comme dérisoire, si elle n’était catastrophique pour la filière semencière française, longtemps la première du monde, filière qui est ainsi victime de l’idéologie et du sectarisme. Aujourd’hui, la recherche semencière française est dans une situation catastrophique. En réalité, est apparue en France, il y a une quinzaine d’années, une idéologie qui se refuse à accepter les données de la science. Cette idéologie n’accepte pas les données scientifiques objectives ni les conclusions rationnelles. Pourtant, celles-ci sont admises comme vérités par l’immense majorité de ceux et de celles qui composent la communauté scientifique mondiale.

  Les thèmes de prédilection de ces idéologues se caractérisent par de grossiers amalgames, des contre-vérités, des peurs et des menaces sur lesquels ils construisent leurs discours. Ainsi, parler comme eux des OGM, qui constituent un ensemble gigantesque et illimité, traduit une opposition de parti pris contre une technique qui permet de modifier les propriétés d’une espèce vivante. Or l’homme a depuis toujours, au travers du travail de sélection et de croisement, cherché à obtenir des semences pour produire les espèces végétales les plus favorables aux meilleures productions selon les besoins.

  Le préjugé de ces idéologues est de refuser la transgénèse végétale, quelle qu’elle soit, quand celle-ci est introduite par la main de l’homme. C’est sans fondement, c’est sans logique, c’est péremptoire ! Et pourtant, ces idéologues ont réussi à convaincre une part importante de l’opinion publique. Il faut dire que leurs méthodes pour persuader sont celles de la manipulation sectaire, fabriquant leurs propres vérités, accusant leurs détracteurs de conflits d’intérêt et de corruption, les menaçant et allant même jusqu’à l’illégalité et à la violence comme l’ont fait les faucheurs volontaires de M. Bové, en détruisant cultures autorisées et expérimentations scientifiques avec la complaisance de beaucoup de médias friands de polémiques, de scénarios catastrophes, de complots et de peurs – autant de scénarios dont ces idéologues sont des spécialistes. Les premières victimes de ces idéologues sectaires sont les agriculteurs, les semenciers et les chercheurs : trois secteurs majeurs pour notre économie, notre compétitivité et notre avenir. Mais au-delà, ce sont tous les citoyens qui sont abusés et lésés. Les gouvernements successifs de notre pays ne sont pas sans responsabilité, car ils ont manqué et ils manquent toujours non seulement de culture scientifique, mais surtout de courage politique. C’est encore le cas aujourd’hui de la majorité et du gouvernement qu’elle soutient.

 

  Toutefois, je reconnais volontiers que, dans le passé, la majorité de droite n’a pas toujours fait preuve d’assez de courage et je le dénonce tout autant. Mais, mes chers collègues, il n’y a pas que la transgénèse qui est la cible de ces idéologues, il y a aussi les ondes de radiotéléphonie mobile, les vaccins ou les nanotechnologies, et pour chacun de ces domaines la remise en cause des vérités scientifiques admises a des conséquences paradoxales graves voire mortelles.

  Ainsi, réduire la puissance d’émission des antennes de radiotéléphonie mobile entraîne une émission beaucoup plus forte du téléphone portable lui-même et, par conséquent, une exposition plus importante de l’utilisateur. Admettez que c’est paradoxal ! Heureusement, à ce jour, aucun effet délétère sur la santé de ces ondes, telles qu’elles sont mises en œuvre, n’a été démontré scientifiquement. De même, la polémique, il y a plus de vingt ans, autour de la vaccination contre l’hépatite B, sans qu’aucune étude scientifique au monde ne l’ait depuis justifiée, a entraîné un abaissement du taux de couverture vaccinale de la population. Les Français sont donc aujourd’hui plus souvent que les autres Européens victimes de complications aiguës ou chroniques de l’hépatite qui, dans certains cas, peuvent être graves voire mortelles.

Ne doutons pas que la polémique récemment orchestrée autour du vaccin contre le cancer du col de l’utérus aura les mêmes effets sur le taux de couverture vaccinale et donc sur la morbidité et la mortalité par cancer du col de l’utérus.

Quant aux nanotechnologies, leurs contempteurs, qui se sont opposés violemment au déroulement du débat public organisé par le gouvernement Fillon, procèdent de la même façon par amalgames. Pourtant, je suis certain que lorsque l’un de ces opposants souffrira d’un cancer, ce que je ne saurais lui souhaiter, il acceptera sans protester les bénéfices remarquables que les nanotechnologies apportent à ces traitements comme à tant d’autres d’ailleurs.

 

Monsieur le ministre, mes chers collègues, au-delà de cette proposition de loi, ne croyez-vous pas qu’il est temps de retrouver un peu de bon sens et qu’au pays des Lumières, de Pasteur et de Joliot-Curie, nous ne devions dépasser nos différences politiques pour nous retrouver autour d’une volonté commune pour la recherche, l’innovation, bref l’utilisation du génie humain au profit du progrès ? L’histoire de l’humanité, comme la réussite de notre beau pays, en sont l’heureuse conséquence. Au-delà de l’inconstitutionnalité de cette proposition de loi que ne manquerait pas de sanctionner le Conseil constitutionnel, c’est aussi pour cela que je vous invite à voter cette motion de rejet préalable. 

 

(NDLR. J’ai supprimé les nombreuses petites interventions d’autres députés pendant cette remarquable analyse de M. Accoyer)

 

CITATION 2

  — Mme BRIGITTE ALLAIN. Cet amendement a pour objet de substituer aux mots « des variétés de maïs génétiquement modifié » les mots « de plantes génétiquement modifiées (… ) ». Je vous remercie, monsieur le président de la commission du développement durable, d’avoir rappelé que nous avions déposé une proposition de loi qui allait dans ce sens. Je vous remercie également d’avoir rappelé que c’est d’abord et avant tout un choix de société : quelle agriculture voulons-nous ? Quelle agriculture pour quelle alimentation ? Voilà le problème de fond !

Je ne reviendrai pas sur tout ce qui a été dit cet après-midi. Cela étant, chers collègues, je vous ai attentivement écoutés : vous n’avez cessé d’évoquer les « OGM », les « plantes OGM » – et quelquefois seulement, vous avez parlé du « maïs » : c’est restrictif, car cela ne concerne pas que le maïs. Allons-nous faire une loi pour chaque plante OGM ? Compte tenu de ce que j’ai entendu, je pense que vous ne pouvez qu’adopter le présent amendement, car sinon ce serait incompréhensible. 

 

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16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 19:00

L’avitaminose A

xerophtalmieLe manque de vitamine A est responsable d’affections de la vision et indirectement de la mort de 2 millions d’enfants chaque année (notamment là où le riz est l’aliment de base). L’éradication de l’avitaminose A en 2000, envisagée dans des résolutions de l’OMS, a échoué : seuls des succès limités par des distributions de gélules ont été enregistrés.

 

Une solution existe pour répondre à l’urgence

Ingo PotrykusLe Golden Rice (Riz Doré) produit du béta-carotène (précurseur de la vitamine A) dans l’albumen de la graine. On sait aujourd’hui que la consommation de quantités minimes de ce riz (40 g de riz sec par jour) éliminerait les symptômes les plus graves de la déficience en vitamine A.

 

Ingo Potrykus, l'un des pères du Riz Doré, présente son riz.

 

Lire un papier de Fabien Gruhier dans le Nouvel Observateur du 6 mars 2014.

 

Greenpeace en accusation

Certains, comme Greenpeace, continuent de désinformer sur le Riz doré qui, à leurs yeux, a le tort d’être un « OGM ».

La destruction d’un essai de cet OGM humanitaire aux Philippines en août 2013 a suscité la réprobation.

Lire aussi : « Sauvez les baleines, oubliez les enfants »

et le communiqué de l'AFIS: un OGM pouvant sauver des vies serait-il politiquement incorrect ?

 

Le combat de l’association GoldenRiceNow

AllowGoldenRice-Paris

 

Une interview de Patrick Moore, l’un de ses porte-paroles et ancien de Greenpeace, par Irène Inschauspé dans L’Opinion du 15 avril 2014, à l’occasion d’une visite à Paris d’une délégation de la GoldenRiceNow Society.

 

 

Klaus Ammann, Patrick Moore & Michael Moore à ParisKlaus Ammann-Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

Klaus Ammann défie Greenpeace au Jardin du Luxembourg, devant La Bocca della Verita, sculpture de Jules Blanchard, qui fait référence à la légende romaine selon laquelle on ne peut retirer sa main de la bouche de la Vérité que si l’on n’a jamais menti :

prêt à relever le défi, Greenpeace ?

 

 

Réconcilier Ecologie et Ethique

Dans sa vision idéologique, l’«écologie» politique a accumulé les mensonges sur les OGM et ne peut plus s’en dégager.

Condamner à mort des centaines de milliers d’enfants plutôt que de regarder les faits n’est pas moralement défendable.

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Plus que jamais, il faut poser la « question politique » au sujet de l’opposition aux OGM.

Le livre "OGM, la question politique".

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