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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 09:06

Derrière ce titre provocateur est posée une question légitime, celle du bilan de l’activisme environnementaliste, entre contre-pouvoir, prises de conscience et réactions salutaires face à notre impact sur l’environnement et, d’autre part, un projet politique -voire un intégrisme- peu soucieux des faits scientifiques, incapables d’adopter des positions nuancées.

                                                                            Lire le Tome 2 : Le lobbying anti-Riz Doré

 

TOME 1 : Le lobbying anti-DDT, un dossier noir de l’écologisme ?

 

Jean Brissonnet a publié en décembre 2003 dans la revue de l’AFIS un article intitulé « Désinformation, paludisme et DDT. Selon que vous serez puissants ou misérables » 

qui présente le contexte de la lutte contre la malaria, l’apport du DDT comme insecticide contre le moustique vecteur de la maladie, et le tournant en 1962 lorsque paraît le livre à charge Le Printemps silencieux de l’écrivain Rachel Carson : « les milieux politiques sont interpellés et les industriels de la chimie mis en accusation ». Sous la conduite de son administrateur, William Ruckelshaus, l'Agence pour la protection de l'environnement (EPA) américaine interdit le DDT en 1972. Ruckelshaus est souvent accusé d’être un militant écologiste. D’un autre coté, l’usage agricole du DDT aux Etats-Unis était sans doute déraisonnable.

Redonnons la parole à J. Brissonnet : « Plus de fabrication, plus d’exportation et surtout plus de financement pour la lutte antipaludéenne, si elle inclut l’usage du DDT. Les pays pauvres qui manquent des moyens indispensables doivent cesser le combat. Pire, ils se voient menacés en cas de « désobéissance » du blocage de leurs exportations ». Sont cités les cas de l’Inde, du Sri Lanka et de l’Azerbaïdjan.

En avril 2014, le magazine de l’AFIS fait sa une sur « DDT et paludisme, une précaution mortelle », avec un dossier signé Jean-Paul Krivine (« DDT et lutte contre le paludisme : la réécriture de l’histoire »), et enfonce le clou : « Certaines associations écologistes ne veulent pas le reconnaître. Certains journalistes comme Stéphane Foucart voudraient le nier. Mais la réalité est là : les campagnes anti-DDT ont conduit à la disparition progressive du DDT dans la lutte contre le paludisme, avec des conséquences sanitaires majeures (des millions de victimes) ».

 

Un journaliste militant écologiste monte au créneau

S. Foucart, journaliste au Monde, réagit en parlant de « la fable de l'interdiction de l'insecticide DDT par les écologistes » (Le Monde, 25 avril 2014). Pour lui, « elle a été fabriquée de toutes pièces, dans les années 1990, dans les cercles néoconservateurs américains, sous la volonté et l'impulsion d'industriels emmenés par Philip Morris ».

Un brin complotiste, il écrit que l’AFIS agit pour « d'obscures raisons ». Plus intéressant dans cet article est la citation de George Monbiot (un célèbre militant écologiste) : « le DDT n'est pas interdit à des fins de lutte contre le paludismeL'interdiction mondiale du DDT ne concerne que ses usages agricoles et l'une des raisons à cela est d'assurer que les moustiques ne deviennent pas résistants à cette substance ».

 

On notera que Foucart était déjà monté au créneau dans Le Monde du 5 novembre 2011 (« Haro sur les écolos! ») en réaction au livre de Bruno Tertrais (L’Apocalypse n’est pas pour demain , Denoël, 2011), pour défendre l’action des écologistes dans le dossier du DDT.

A la suite du droit de réponse de B. Tertrais, Foucart réagit à nouveau, puis encore trois fois ! (lire 2, 3, 4), signe manifeste que le dossier est encombrant pour l’écologie politique…

 

Les termes du débat sont donc posés

Des écologistes nient toute responsabilité dans l’abandon du DDT dans la lutte antimalarienne, alors que d’autres avancent « une moyenne de deux millions de morts annuelles qui auraient pu être évitées » et ne l’ont pas été à cause des campagnes des organisations écologistes.

Brissonnet lui évoque, outre « les intégristes de l’écologie », « l’industrie chimique, [pour qui] les produits de remplacement sont une source de revenus importants », « l’industrie pharmaceutique, qui fournit les médicaments antipaludéens », ainsi que « les malthusianistes » souhaitant la réduction du nombre d’humains.

Pour le site Agriculture & Environnement : « les écologistes – et d’autres, comme l’Usaid – ont une part considérable de responsabilité dans la diminution progressive de l’usage du DDT dans les pays qui combattent le paludisme ».

 

Il y a donc à l’évidence nécessité de mettre toutes les données sur la table, afin de permettre aux historiens de trancher différentes questions cruciales :

-quelles ont été les motivations exactes de William Ruckelshaus pour imposer l’interdiction du DDT aux Etats-Unis ? Pourquoi n’a-t-il pas suivi le rapport Sweeney qui avait auditionné 125 experts ?

Il aurait reconnu en 1979 que « la décision était politique plutôt que scientifique ».

-quelles répercussions de cette interdiction aux Etats-Unis sur les programmes internationaux de lutte contre le paludisme ?

-quel rôle dans l’abandon du DDT a joué l’apparition de résistances à cet insecticide chez les moustiques vecteurs ? Une analyse de la littérature scientifique et de certaines bases de données estime que ces problèmes « techniques » (tous produits confondus) sont impliqués dans 32% des cas recensés de résurgence de la malaria.

-Les organisations écologistes ont-elles effectivement activement poussé à l’interdiction TOTALE du DDT, sans distinction de son usage ?

 

Quelques autres acteurs/témoins clés

Charles Wurster (chief scientist de l’Environmental Defense Fund, EDF, une organisation écologiste). Ses publications controversées ont contribué à la promotion des études sur les organismes non-cibles. En 1965, il avait publié une étude concluant à la disparition de 70% d’une population d’oiseaux (sur la base d’une population limitée à 12 individus…). En 1968, sa publication dans Science (sur l’impact du DDT sur des algues marines) avait été utilisée dans une campagne sur la « mort des océans » dont allait être responsable le DDT.

Lire une critique par Thomas Jukes

Sur l’oeuvre de Jukes, lire.

Sur l’opposition entre Wurster et Jukes, lire aussi Elena Conis.

et sur d’autres résultats scientifiques controversés, lire Robert Zubrin.

 

Donald R. Roberts et Richard Tren. Ils sont auteurs du livre The excellent powder. DDT’s political and scientific history (Dog Ear Publishing, 2010) et d’articles comme:

R. Tren, K. Hess & D. Roberts. Put DDT residues and human health in perspective. Chemosphere, Mar 2012.

R. Tren, R. Nchabi Kamwi, A. Attaran. The UN is premature in trying to ban DDT for malaria control. BMJ 2012; 345:e6801

 

Roberts et Tren dénoncent (voir par exemple : International advocacy against DDT and other public health insecticides for malaria control. Research and Reports in Tropical Medicine 2011:2 23–30) les organismes internationaux qui s’opposent à l’utilisation d’insecticides comme le DDT dans l’intérêt de la santé publique. Ils citent le Programme des Nations Unies pour l'environnement (UNEP), le Secrétariat de la Convention de Stockholm (cet accord international interdisant certains polluants organiques persistants signé en 2001 est entré en vigueur en 2004) et le Fonds pour l'environnement mondial(GEF). Pour eux, en dépit de financements généreux, guidés par un agenda idéologique, il n’y a pas aujourd’hui d’alternative efficace et bon marché comparable au DDT.

 

H. Bouwman. Expert pour la Convention de Stockholm et l’OMS, auteur d’études sur l’impact du DDT, il se présente comme un “centriste” sur cette question, parlant de « paradoxe » entre les avantages et les inconvénients :
H Bouwman, H van den Berg, and H Kylin.
DDT and malaria prevention: addressing the paradox. Environ Health Perspect, June 1, 2011; 119(6): 744-7.

Les critiques de R. Tren et D. Roberts

et la réponse des auteurs.

 

J. Gordon Edwards, professeur émérite d'entomologie de l'université de Californie à San José et membre très ancien du Sierra Club et de la Société Audubon. Lire de larges extraits de son article paru dans le magazine Fusion n°48 de novembre-décembre 1993.

 

Des malthusianistes, dont les déclarations sont rappelées par le site Agriculture & Environnement : Gaylord Nelson, Garett Hardin et Paul Ehrlich.

 

En complément : d’autres livres et articles

Paul Driessen. Eco-Imperialism: Green Power - Black Death (2005)

Thomas R. Dunlap & William Cronon. DDT, Silent Spring, and the Rise of Environmentalism: Classic Texts (2008)

H. van den Berg. Global status of DDT and its alternatives for use in vector control to prevent disease. Environ Health Perspect. Nov 2009; 117(11): 1656–1663

David Kinkela. DDT and the American Century: Global Health, Environmental Politics, and the Pesticide That Changed the World. The American Historical Review (2012) 117 (5): 1619-1620
W.M Jarman & K Ballschmiter.From coal to DDT: the history of the development of the pesticide DDT from synthetic dyes till Silent Spring.
Endeavour,November 20, 2012

 

Le rôle des écologistes politiques

Tous les arguments contre les écologistes ne sont pas recevables. Ainsi le film à charge de Rutledge Taylor, 3 Billion and Counting, fut critiqué par Amir Attaran qui par ailleurs défend le DDT.

Dans un article du New York Times en date du 8 janvier 2005, interrogés par son auteur Nicholas Kristof, le porte-parole du WWF Richard Liroff affirme que si les alternatives au DDT ne marchent pas, comme ce fut le cas en Afrique du Sud, alors il faut utiliser le DDT. Le porte-parole de Greenpeace acquiesça.

D’un autre coté, Katie Lewis dans son article « DDT stalemate stymies malaria control initiative » (CMAJ. Nov 4, 2008; 179(10): 999–1000) rapporte qu’en Ouganda, en avril 2008, après le début d’une campagne gouvernementale de traitement au DDT, des commerçants, des exportateurs et des écologistes (qui ne sont pas nommés) ont porté plainte et réussi à arrêter les traitements. Evènement anecdotique ou composant d’une stratégie de lobbying organisé ?

 

Des documents clés

Pour mettre sur la table des faits, la suite de ce présent article cite des documents tirés des sites web de l’organisation Beyond Pesticides, de Greenpeace, de l’International POP Elimination Network (IPEN), du Pesticide Action Network (PAN) et du WWF; documents pour la plupart aujourd’hui retirés de ces sites, mais qui ont été enregistrés et qui peuvent être dans leur intégralité mis à la disposition des historiens.

 

Beyond Pesticides

25 avril 2007, opposition affirmée contre la réintroduction du DDT contre la malaria et annonce que 59 organisations ont signé une déclaration intitulée « Preventing Malaria and Promoting Health Solutions to Malaria Beyond DDT ».

 

Greenpeace

Rapport annuel 1999 : à propos de sa campagne en Inde, en argumentant sur Bhopal, Greenpeace justifie son action de lobbying « contre les projets de l’industrie d’exclure le DDT des programmes d’élimination des POP » (polluants organiques persistants).

11 septembre 1999, lors des négociations pré-Convention de Stockholm, un communiqué se félicite qu’une majorité de pays se soient déclarés en faveur d’une élimination de « produits chimiques super-toxiques comme le DDT, les PCB et les dioxines ».

Greenpeace Toxic Site (2001) explique ce que sont les POP et réaffirme que le DDT a un impact sur la vie sauvage et la santé. Aucune distinction quant à l’usage du DDT n’est mentionnée dans ces documents.

 

IPEN (qui regroupe 260 ONG)

Dans le cadre des débats de la Convention de Stockholm (2001), le réseau écologiste demande l’interdiction de tous les POP, qui inclut le DDT. Aucune distinction quant à l’usage du DDT n’est mentionnée.

 

PAN

4 décembre 2000, demande d’un « global ban on the production and use of 12 of the worst of these chemicals, including DDT » (dans ce document le PAN rappelle que le DDT est interdit aux Etats-Unis depuis 1972).

28 septembre 2001, demande explicite d’« alternatives to DDT use of control of malaria and other diseases ».

28 septembre 2006, le porte-parole parle de « scandale » à propos du soutien de l’OMS à la réintroduction du DDT pour contrôler la malaria. A noter qu’en juillet 2006, le PAN affirmait que les pays qui veulent utiliser le DDT peuvent le faire, tout en clouant au pilori des personnes ou organisations supposées promouvoir le DDT.

3 mai 2007, communiqué triomphal suite à une déclaration d’un représentant de l’OMS (Dakar) en faveur de la réduction de l’usage du DDT (lorsque cela est possible).

 

WWF

30 juin 1998, dans un communiqué, il demande la suppression progressive et l’abandon final du DDT pour 2007, y compris contre la malaria.

2000, Claude Martin, Directeur général du WWF, attaque le DDT et affirme : « the continued use of DDT is a classical exemple of an inappropriate technological solution ». Il ne doit être utilisé qu’en recours ultime selon lui.

 

En résumé

Ces documents l’attestent : les organisations écologistes ont formé un large front de lobbying contre le DDT, en ne distinguant que rarement son usage agricole et de celui de la prévention de la malaria.

Il n’a pas pu être mis en évidence que ces organisations, suivant la citation de Montbiot dans le Monde du 25 avril 2014, souhaitait simplement éviter « que les moustiques ne deviennent résistants à cette substance ».

Les historiens devront établir quelle part exacte incombe à ce lobbying dans les décisions d’abandonner l’utilisation du DDT contre la malaria. Ou de ne pas redémarrer de nouveaux programmes lorsque les précédents ont été arrêtés (pour des causes qui peuvent être diverses, financières, politiques ou techniques).

 

Marcel Kuntz (dernier ouvrage : les OGM, la question politique)

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Published by Marcel Kuntz - dans Documents
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commentaires

M. Kuntz 12/11/2014 16:44

Pour précision sur le comportement de Yannick Nassol, qui se cache habituellement derrière le masque de 'factsory, tout en trouvant normal de mettre en cause NOMMEMENT des personnes.
M. Nassol se répand sur internet d'avoir été censuré sur ce blog. Son premier message a été publié avec la demande qu'il enlève son masque (ça s'appelle de la politesse). Tous les éléments factuels
de son second message ont été publié (voir ci-dessus).
J'en profite donc pour rappeler que les commentaires sur ce blog sont destinés à publier des faits apportés par des personnes non-masqués comme moi-même.

MK 12/06/2014 14:17

Suite des publications signalées par Y. Nassol.
2. Sur l’échec des plans d’ « éradication » tels que conçus dans les années 50.
Un article de Donald A. Henderson (1998):
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2305698/pdf/bullwho00391-0015.pdf
Un article de J.A. Najera (1999):
http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/66640/1/WHO_MAL_99.1087.pdf?ua=1
et celui par J.A. Nájera, M. González-Silva and P. L. Alonso (2011)
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3026700/

Marcel Kuntz 12/06/2014 14:19



NB. ces articles fournissent des éléments techniques sur les succès et les échecs de la stratégie d’éradication de la malaria à l’aide du DDT et d’autres insecticides, et font des recommandations
techniques pour des programmes de contrôle à venir, mais ils n’ont pas vocation à analyser les paramètres éventuellement attribuable à un « lobbying » environnementaliste, qui s’exerce
à un autre niveau. Il n’est donc pas raisonnable d’en tirer des conclusions quant à ce point.


Ainsi, si le programme de lutte contre la dengue utilisant des moustiques génétiquement modifiés, tel que décrit ici :


http://ecologie.blog.lemonde.fr/2014/04/18/le-bresil-va-lacher-des-millions-de-moustiques-ogm-contre-la-dengue/


 


va être analysé quant à ces succès et échecs dans quelques années, les articles techniques à ce sujet ne nous renseigneront pas sur les conséquences de l’opposition systématique du lobby
écologiste (pourtant bien réel).



MK 12/06/2014 14:14

Une synthèse des éléments fournis par Yannick Nassol.
1. Sur le thème des résistances chez les vecteurs de la malaria.
Un article de G. Chapin & R. Wasserstrom publié en 1981
http://www.nature.com/nature/journal/v293/n5829/pdf/293181a0.pdf
qui évoque les résistances aux insecticides, l’absence de lutte intégrée dans un contexte d’intensification de l’agriculture et les résurgences de la malaria dans certains pays dans les années
60.
Un document de l’OMS publié en 1992 fait le point sur les résistances aux pesticides de différents vecteurs de maladies.
http://whqlibdoc.who.int/trs/WHO_TRS_818.pdf
Un article récent (2014) par Knox et coll. qui compile les données de la littérature scientifique sur les résistances des vecteurs de la malaria.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3942210/

Marcel Kuntz 12/06/2014 14:16



NB au sujet du dernier papier. Les chiffres concernent le % de populations d’insectes présentant des symptômes de résistance et non le % d’insectes résistants. Les critères pour définir
résistance et sensibilité sont :


 



Mortalité des insectes traités

Eric Lauriac 10/06/2014 20:22

"Les organisations écologistes ont-elles effectivement activement poussé à l’interdiction TOTALE du DDT, sans distinction de son usage ?"

C'est pire que ça.

L'usage des insecticides dans les programmes de l'USAID est régit par les procédures 22 CFR 216.
http://www.usaid.gov/our_work/environment/compliance/22cfr216#216.6

L'USAID explique l'origine de ces procédures :
"These procedures have been revised based on experience with previous ones agreed to in settlement of a law suit brought against the Agency in 1975."

On peut en apprendre plus dans un autre document de l'USAID :
pdf.usaid.gov/pdf_docs/PNADO090.pdf
"In 1975, inappropriate use of the pesticide malathion by USAID/Pakistan project resulted in 5 deaths
•Consortium of U.S. NGOs sued USAID to force it to comply with NEPA."

Le consortium de NGO en question est l'Environmental Defense Fund qui se vante d'avoir fait bannir le DDT par l'EPA.

Le programme de l'USAID en question concernait un programme de lute contre la malaria (le malathion est un substitut au DDT):
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/74508

Après on peut faire du juridisme et dire que les procédures de l'USAID n'interdisent pas l'usage du DDT, ne font qu'encadrer son usage et favorisent d'autres moyens de lutte contre la malaria.

M Kuntz 07/06/2014 23:06

Soyons clair : ceci n'est pas un forum postmoderne où chacun peut livrer ses a priori, caché derrière un pseudo.
A partir de là seront publiés les éléments nouveaux, factuels et référencés, signés du nom d'une vrai personne, comme je le fais moi même.

factsory 07/06/2014 19:57

Bonjour,

Pourquoi poser le débat de manière aussi biaisée ? Vous rapportez longuement les propos de personnes défendant l'idée que des associations écologistes seraient responsables de millions de morts,
mais vous rapportez bien peu les propos de personnes défendant l'idée inverse.

Pourquoi parler de militants quand il s'agit de journalistes (Foucart et Monbiot) ? Ou alors pourquoi ne pas parler de militants quand il s'agit (par exemple) de Tren, de Brissonnet, d'A&E, de
Berthod…

Vous appelez les historiens à se pencher sur les données. Au moins deux historiens des sciences l'ont fait dans leur livre « Les marchands de doute ». Naomi Oreskes et Erik Conway y dénoncent la
fable à laquelle vous faîtes écho.

Vous parlez de deux millions de morts par an à cause des écolos. Pourtant le paludisme a tué au plus 1 million de personnes par an depuis 2000 :
http://www.who.int/malaria/world_malaria_report_2011/burdenestimatesbriefing2011.pdf Comment résolvez-vous cette équation ?

Vous reconnaissez vous-même que l'interdiction du DDT aux États-Unis n'est pas une mauvaise chose. Pourquoi faire mine de reprocher à l'EPA sa décision alors ? Pourquoi ne pas rappeler que cette
interdiction ne s'applique pas aux cas médicaux et aux exportations ?

Vous citez des phrases très courtes émanant de documents d'ONG écolos dont on n'a pas le contexte et auxquels on n'a pas accès. Comment se faire une opinion ? Tous ces documents datent au moins de
1998 : il n'y a donc pas eu d'impact des ONG avant ça ? La résurgence du paludisme dans les années 70 ne leur est donc pas imputable ? Sinon quels éléments avez-vous pour illustrer une pression des
ONG depuis les années 70 ? Puisque d'après vous elles militent encore pour l'interdiction du DDT cela illustre plutôt leur échec que leur succès à interdire cette substance.

Vous citez bien peu de documents scientifiques. Savez-vous que l'OMS s'est intéressée de près aux causes de l'échec de la campagne d'éradication du paludisme ? Savez-vous que ces documents ne
mentionnent pas une pression des ONG écolos ? Savez-vous que l'agence européenne de l'environnement s'est intéressée au sujet et est loin de conclure en votre sens ?
http://www.eea.europa.eu/publications/late-lessons-2/late-lessons-chapters/late-lessons-ii-chapter-11

Marcel Kuntz 07/06/2014 20:42



Je vous invite à lire tous les liens cités. La défense de l'écologie politique face à ce problème -génant pour elle- s'y trouve. Elle est bien faible à mon avis, car je n'y vois aucune source
fiable en faveur de la raison unique de l'abandon du DDT que serait l'apparition de résistances (dans son article parlant de "fable", Foucart ne cite aucune source scientifique en appui de sa
thèse, pour convoquer un militant bien identifié). La critique du livre de Oreskes et Conway est dans l'article de JP Krivine. Pour être clair : qu'il y a eu des raisons diverses à l'abandon du
DDT ne signifie pas que le lobbying des écologistes n'a joué aucun rôle.


Encore une fois, je ne suis pas historien. Je fais un travail d'archiviste. Si les historiens montrent que l'écologie politique n'a finalement aucune responsabilité, bien. Mais en l'état du
dossier, il pèse des charges lourdes. Il est donc légitime d'apporter tous les éléments disponibles. Que d'autres apportent d'autres éléments, s'ils en ont. Je les publierai.


Je ne crois pas que l'EEA soit une source fiable. Je le regrette. Mais elle illustre plutôt ce qui se passe quand l'écologie politique noyaute une institution: monopolisation de l'expression de
la parole et argumentation mensongère. Vous trouverez un exemple édifiant ici:


http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-aee-noyaute-114755500.html


Tout cela a une origine unique : la défense de l'environnement est aux mains d'une pensée extrême. Il est temps que les défenseurs sincères de l'environnement réagissent et se détachent de cette
idéologie liberticide.