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  • : OGM : environnement, santé et politique
  • : Actualité et faits scientifiques sur les OGM
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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

Marcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus. Ses analyses n'engagent pas ses employeurs.

Dernier ouvrage:

Glyphosate, le bon grain et l'ivraie

 

Précédent : L'affaire Séralini: l'impasse d'une science militante

Autre ouvragecouv grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 19:28

La biodiversité récupérée par la politique

 

Le  17 mars 2012 j’écrivais sur Atlantico :

« François Hollande a défendu successivement en quelques mois le programme du Parti socialiste, puis un programme différent de candidat aux primaires, puis un autre programme de candidat, pour sans doute mettre en œuvre un quatrième programme après son élection, et enfin, inévitablement après quelques mois de confrontation à la réalité, un cinquième ».

 

Nous y sommes (ou presque) ! Dans ce contexte, montrer que l’on tient au moins certaines des promesses de campagne est indispensable médiatiquement. Pour tenter d’éviter la fureur des syndicats, le gouvernement organisa la « conférence sociale ». Pour éviter celle des lobbies écologistes, quoi de mieux qu’une « conférence environnementale »?

 

Et quoi de plus consensuelles que des génuflexions devant « la biodiversité » ? culte biodiversité

Mais à propos,

c’est quoi « la biodiversité » ? 

Quelques réponses

 

 

 

 

 

Le culte de la biodiversité se pratique même pour les herbes les plus communes, dans les endroits les plus improbables !

 

En savoir plus sur « OGM : quels impacts sur la biodiversité ? » 

Pour rappel des manipulations du ministère de l'Ecologie du gouvernement précédent sur les OGM lors du Grenelle de l’environnement, une interdiction de culture sur laquelle s’aligne le gouvernement de F. Hollande. 

 

Transition énergétique

Il n’est pas dans la vocation de ce site de détailler cette question. Néanmoins, voici quelques points de vue à signaler :

Energie : sortons de l'amateurisme ! Par Jean-Marc Jancovici 

Le Vert est aussi la couleur de la Charia énergétique. Par André Pellen

 

 

« La France est en train de sortir de l’écran radar du XXIe siècle. Plus l’Histoire accélère, plus elle regarde vers son passé, vers d’improbables utopies ou d’introuvables modèles alternatifs » (Nicola Baverez, Réveillez-vous !, Fayard 2012).

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 08:14

Après plus de 15 ans de soi-disant débats sur les OGM, les sondages d’opinion indiquent qu’une proportion significative des gens « ne savent pas quoi penser » et souhaiteraient plus d’informations fiables. En d’autres termes, ils entendent toutes sortes d'allégations sans base factuelle, qui tiennent le haut du pavé médiatique.

 

En tant que scientifiques, nous pouvions espérer qu’un gouvernement de la République ne concoure pas à la propagation de contre-vérités, notamment sur les effets environnementaux de la culture du maïs Bt, comme cela fut le cas du gouvernement de Nicolas Sarkozy, pour tenter de justifier une interdiction de nature politique.

Une première décision du gouvernement de François Hollande (interdiction du Cruiser OSR) ne permet pas de penser que, de ce point de vue, le changement c’est maintenant

 

L’interférence des politiques avec l’évaluation scientifique des risques menace ce processus déjà bien affaibli dans l’Union européenne.

Lire l’article sur Euractiv de Marcel Kuntz, John Davison et Agnès Ricroch

et sa traduction en français sur le site d’Albert Amgar.

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 10:52

Dans le cadre d'un accord politicien en préalable au Grenelle de l'environnement, le gouvernement de Nicolas Sarkozy avait accordé aux lobbies écologistes l'interdiction de culture des OGM (entre autres) contre leur silence sur le nucléaire civil lors de ce même Grenelle.
Après le Grenelle, le gouvernement instrumentalisa un comité scientifique provisoire...

Lire la suite de ma tribune sur Newsring.                                   Lire  mes autres écrits.

 

Ma tribune sur Atlantico sur la politique menée par Nicolas Sarkozy et celle prévisible de François Hollande.


Les arguments fallacieux du gouvernement pour ‘justifier’ sa nouvelle interdiction politique de la culture du MON810 (trouver tous les documents ICI) montre son mépris des faits scientifiques

 

et son peu de considération pour le Haut Conseil des Biotechnologies (HCB), dont le gouvernement vante l’organisation, comme une évaluation des risques « améliorée ». Mais il n’a pas jugé utile de le consulter avant de rendre publique sa note sensée justifier ‘scientifiquement’ son interdiction politique. 

 

Lire à ce sujet la lettre adressée par le Président du HCB, Jean-François Dhainaut, au premier Ministre.      Un commentaire sur Agriculture & Environnement.

 

Pour ne pas mettre tous les politiques dans le même sac

Le Député Claude Gatignol (UMP) intervient pour soutenir la lettre du CS du HCB au Premier Ministre.

Exclusif ! Lire sa lettre au HCB. Lire sa lettre critique au Premier Ministre.

 

La discorde au sein du HCB

A noter que le Vert est déjà dans le fruit du Conseil Scientifique (CS) du HCB : sa composition est orientée par le Ministère de l’Ecologie sur la base de critères non-exclusivement scientifiques (comme d’être peu favorable aux OGM...). Orientation qui s’est renforcée lors de récentes nominations.


Exemple de lutte intestine ainsi créée :

alors qu’une majorité du CS, légitimement choquée par la non-consultation du CS par le gouvernement, avait exigé la lettre susmentionnée, d’autres ont bataillé (pour des raisons diverses) pour qu'il n'y ait pas de lettre. Deux visions opposées, exacerbées par l’irruption de facteurs politiques dans l’évaluation scientifique.


La lettre a été envoyée au premier Ministre, le Président du HCB s’étant rangé à l’avis de la majorité, mais... elle fut rendue publique plus tardivement …


Pour rappel, l’autre commission du HCB, le Comité Economique, Ethique et Social, a récemment connu des démissions en cascade, qui s’expliquent par la stérilité des débats en son sein, due à des positions irréductibles, de nature idéologique. Ecouter le témoignage de Jeanne Grosclaude sur TvAgri.


On peut donc une fois de plus regretter la collusion d’un gouvernement de la République avec une idéologie qui mène à la confrontation systématique, jusque dans le travail scientifique qui devrait s’effectuer dans la sérénité et la neutralité.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 13:40

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d'envoyer à la Commission européenne une notification (mesure d'urgence) pour interdire la culture du maïs MON810.

Le gouvernement avait vu sa précédente clause de sauvegarde annulée par la Cour de Justice de l’Union Européenne, puis par le Conseil d’Etat. Plutôt que de s’en tenir aux faits, qui ne justifient pas une telle interdiction d’urgence, le gouvernement a d’abord annoncé qu’il entendait poursuivre l’interdiction, puis s’est mis à chercher des justifications… Chacun appréciera l’honnêteté intellectuelle et la probité scientifique d’une telle démarche…


Analyse point par point des arguments pour une mesure d'urgence (MU) du 20 février 2012

L’avis de EFSA (AESA) sur le maïs Bt11

MU : « Contrairement à ses conclusions passées sur le Bt11 ou le MON810, l'AESA souligne dans son nouvel avis, rendu sur la base de ses nouvelles lignes directrices pour l'évaluation publiées en 2010, l'existence de risques environnementaux liés à la culture de ces OGM ».

En fait, l’EFSA dit :

« The EFSA GMO Panel concludes that, subject to appropriate risk management measures, maize Bt11 cultivation is unlikely to raise additional safety concerns for the environment compared to conventional maize ».

 MU : « l’apparition de résistances à la toxine Cry1Ab dans les populations de lépidoptères cibles exposées, qui peut entraîner l’adoption de techniques de lutte contre les ravageurs (par exemple, insecticides) ayant un impact environnemental plus élevé »

 En fait l’EFSA ne justifie aucune interdiction mais formule des recommandations (classiques) concernant une méthode de gestion de ce risque :

« The EFSA GMO Panel reiterates its earlier recommendation that appropriate insect resistance management (IRM) strategies relying on the ‘high dose/refuge’ strategy should be employed, in order to delay the potential evolution of resistance to the Cry1Ab protein in lepidopteran target pests ». 

MU : « des réductions de populations de certaines espèces de lépidoptères non-cibles sensibles »,

En fait, l’EFSA dit que seul 1% des espèces de papillons sont concernées, de manière hypothétique :

« the amounts of maize Bt11 pollen grains found in and around maize fields are unlikely to adversely affect a significant proportion of non-target lepidopteran larvae, except for local populations of lepidopteran species with such hypothetical high sensitivities to the Cry1Ab protein that they comprise just 1% of the total species at risk ».

Là aussi, l’EFSA ne justifie aucune interdiction mais formule des recommandations de gestion de ce risque : 

« the EFSA GMO Panel considers that the risks identified during the ERA require management and recommends that appropriate risk mitigation measures be adopted, wherever it is necessary. As an example, if considered proportionate, the planting of border rows of non-Bt-maize adjacent to uncultivated margins of maize Bt11 fields, would limit the exposure of those larvae feeding on host-plants present within maize field marings and also would contribute to the required percentage of non-Bt-maize necessary to constitute refuge areas for lepidopteran target pests in the framework of IRM. Another example is the establishment of isolation distance to lepidopteran species of conservation concern in protected habitats according to Directive 2004/35/EC ».

 

Il faut noter que de telles zones non-Bt existent de fait si on applique la stratégie des zones refuges (recommandée de toutes façons) ainsi que l’arrêté sur la coexistence édicté par le gouvernement français et qui prévoit des rangées de maïs non-Bt en bordure des parcelles Bt.

Il faut de plus noter cette précision de l’EFSA, qui s’applique à la situation française en cas de culture Bt, où ces mesures ne sont donc pas nécessaires (car peu de cultures Bt):

« If maize Bt11 (and/or maize MON 810) cultivation remains below 7.5% of the regional Agricultural Unit of Account, the global mortality is predicted to remain below 1%, even for ‘extremely sensitive’ species, and then risk mitigation measures using non-Bt-maize border rows are not required ».

 

EN CONCLUSION, l’affirmation suivante de la MU « Compte-tenu de l’urgence et du fait que le MON810 est susceptible de présenter un risque grave pour l'environnement » N’A AUCUNE BASE SCIENTIFIQUE VALIDE.

 

L’impact des cultures de MON810 sur les organismes non-cibles aquatiques

La MU citent plusieurs études qui montreraient un tel impact.

 

Tank et al. (2010)

MU : « L’étude conduite par Tank et al. (2010) aux Etats-Unis montre que des fragments de maïs peuvent être dispersés par les cours d’eau et que la toxine Cry1Ab pourraient se retrouver, plus fréquemment que ce qui avait été reconnu précédemment, dans les cours d’eau drainant les zones de production de maïs ».

Les faits : Tank et al. mesurent les quantités de protéine Cry1Ab présente dans les environnements aquatiques aux Etats-Unis (pays où les cultures Bt sont très importantes), mais n’en tirent aucune conclusion quant à une menace pour l’environnement.

 

Chambers et al. (2010)

MU : « Une autre étude conduite par Chambers et al. (2010) met en évidence des effets négatifs sur la croissance de certains organismes aquatiques de la famille des trichoptères »

 En fait, ces effets ne sont observés que lors de gavage en laboratoire, pas en milieu naturel. La conclusion de Chambers et al. : « Our in situ findings did not support our laboratory results ».

 

Jensen et al. 2010 

MU : « Jensen et al. (2010) ont également mis en évidence des effets négatifs du maïs Bt sur la croissance et la survie de certains invertébrés non-cibles tels que les isopodes et les tipules, qui se nourrissant de débris végétaux dans les cours d’eau ».

 La conclusion de l’article est toute différente :

« Overall, our results provide evidence that adverse effects to aquatic nontarget shredders involve complex interactions arising from plant genetics and environment that cannot be ascribed to the presence of Cry1Ab proteins ».

 

En fait, la question de l’impact sur les organismes aquatiques a fait l’objet d’un article de revue récent, par Carstens et al. Transgenic Research (sous presse)

que le texte de la MU ne cite pas…

« Based on exposure estimates, shredders were identified as the functional group most likely to be exposed to insecticidal proteins. However, even using worst-case assumptions, the exposure of shredders to Bt maize was low and studies supporting the current riskassessments were deemed adequate ».

 

EN CONCLUSION, les allégations de la notification du gouvernement français sur des EFFETS DES CULTURES Bt SUR DES ORGANISMES AQUATIQUES N’ONT AUCUNE BASE SCIENTIFIQUE VALIDE.

à suivre...

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 22:47

drapeau francaisLire la version française en cliquant ici  

uk-flagThe French High Council of Biotechnologies (HCB) recently published two documents as a result of its more than one year study of GMO coexistence. One of these is by the Scientific Committee of HCB (CS) and the other by the Socio-economic and Ethical Committee of HCB (CEES).

 

Subsequently, the French government issued:

- a “décret” for labelling of food and feed as GMO-free (“sans-OGM”) with a threshold of 0.1%, which is not in use elsewhere in Europe.

- and notified the European Commission of an “Arrêté” on GMO coexistence in France, which instates a 50 meter separation of GMO and non-GMO maize plantations. The government simultaneously claimed that GMO cultivation will not be allowed and that the 2008 moratorium will continue.  


The CEES, which had been presented by the government as an improved form of GMO evaluation, to be adopted for evaluation at the European level, exploded (a number of members resigned because of the dogmatism of 'green' organisations).

 

Read more


Non-Coexistence and Cacophony in the French High Council of Biotechnologies, by John Davison (former INRA researcher)

Attempts by the French High Council for Biotechnologies Socio-economic and Ethical Committee (HCB CEES) to make a recommendation on the coexistence of GMOs recently resulted in mass resignations dues to conflict between the pro-GMO and anti-GMO parties. At the same time the Ministries of Agriculture and of Ecology totally ignored a recommendation by the HCB Scientific Committee (HCB CS) and published an 'Arrêté' on GMO coexistence, as well as a 'Decree' for the GMO-free labelling of food and feed. The 'Arrêté' on GMO coexistence is in marked contrast to simultaneous statements by these same competent authorities that the GMO will not be grown in France. All is not well on the French GMO scene and this opinion attempts to analyse this peculiar situation. 

Read full text here.         Read also GMO-non coexistence in France: An analysis on the GMO coexistence report of the French High Council of Biotechnology, by J. Davison.

 

Explanations (in French) by Marie-Angèle Hermitte (coordinator of the CEES report)

 

Comments by Jeanne Grosclaude (representing research personnel in CEES) who resigned from CEES

 

The resignation letter (in French) of FNSEA (National Federation of Farmers Union) and ANIA (National Association of Food Industries) sent to the Prime Minister

 

An ideological confrontation leading to transgenocidal views, by Marcel Kuntz
'GMO-free' product labeling implies tracking the mere presence of DNA (the parameter used to define the standards). Transgenic DNA is only found in trace amounts, and changes only marginally between 0.9% and 0.1% of adventitious presence of "GMOs".
 

 

In a transgenic plant, transgene DNA content is less than 0.1 per thousand of total amount of DNA. A threshold of 0.9% means that the amount of transgene DNA represents a value of about one ten-millionth (1/10 000 000) of the total plant DNA. And one hundred millionth for a threshold of 0.1%, which is meaningless.


More precisely, the term "genetic pollution" (often used by anti-GMO activists) attests that what is tracked down is 'dirty' DNA ... But there is no such thing as 'clean' or 'dirty' DNA: DNA is always composed of a sequence of four nucleotides and is chemically identical in all organisms.

Proposing consumers products of various origins is not an illegitimate trade (although without scientific basis in terms of safety). But ...
The  transgenocidal views of the "GMO-free" activists stems from a confrontational strategy, ignoring the concepts of food safety and coexistence, and reveals a political project closer to certain racial theories than to a sound understanding of the nature of a gene.

A different ethical frame is possible, without tracking DNA, but by defining obligations of means for all food chain suppliers.
 

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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 14:11

màj le 4 février 2012.                                    uk-flagTo read the English version, click here

Le gouvernement français (qui a interdit la culture des OGM) demande un avis au Haut Conseil des Biotechnologies sur la coexistence… 

       L’avis du HCB.

       Lire aussi la publication Ricroch-Bergé-Mésséan sur la question.

 

Le contexte : la coexistence est possible… si on veut.


Une réalité en Espagne, au Portugal, etc.

Tout se passe comme si, plus il y a de cultures d’OGM, moins la coexistence pose problème…

 

De nouveaux prétextes pour le gouvernement de Nicolas Sarkozy pour prolonger son interdiction politique récemment annulée par des autorités juridiques ? 

Connaissant le passé d’instrumentalisation des comités scientifiques de ce gouvernement, la question mérite d’être posée.

 

La coexistence n'est plus possible... au Comité économique éthique et social du HCB : la CFDT démissionne. Un contexte de confrontation.

Démission en série de la FNSEA, de l'ANIA, du GNIS, des Jeunes Agriculteurs...

 

Libres commentaires

Sommaire:

1. L’opinion de John Davison sur l'avis du Conseil Scientifique du HCB sur la coexistence des OGM 

2. Une opposition éthique au transgénocide, par Marcel Kuntz

3. La coexistence OGM / non OGM et « la vraie vie », par Marie-Angèle Hermitte 

4. Contribution au débat sur l’avis et la recommandation « coexistence »  du HCB, par Jeanne Grosclaude (CFDT), démissionnaire du  HCB depuis le 17 janvier 2012.

 

1. L’opinion de John Davison sur l'avis du Conseil Scientifique du HCB sur la coexistence des OGM

L'avis du CS du HCB fait suite à une saisine ministérielle et ne peut être directement critiqué de considérer le seuil 0.9% (étiquetage au niveau de l’UE) et le seuil "sans OGM"  d'un Décret en préparation. Mais il aurait fallu rappeler que le premier seuil était une décision politique européenne, sans appui scientifique, et que le dernier est issu directement du CEES du HCB. 

Le CS du HCB propose d'introduire une nouvelle unité de mesure des OGM qui serait uniquement valable en France et qui serait utilisée en parallèle avec l'unité communautaire pratiquée ailleurs. Ceci pourrait apparaître comme un choix politique qui peut poser plus de problèmes qu’en résoudre pour la coexistence des filières.

Le CS du HCB propose aussi de ne pas se préoccuper des incertitudes de mesure liées aux opérations de contrôle. Or ces incertitudes de mesure et d’échantillonnage sont énormes comparées aux valeurs d'OGM à mesurer. Mais sans prise en compte des incertitudes de mesure, il nous faut rappeler au CS qu’il est inutile de mesurer.  

 

Finalement, il faudrait aussi se demander pourquoi les autorités compétentes posent ces questions au HCB, alors qu’ils connaissent les réponses depuis longtemps ? 

Il est logique de se demander, après l'annulation de la clause de sauvegarde, si la saisine du HCB n’est pas une tentative pour trouver une base « scientifique » pour une nouvelle interdiction.      Lire l’opinion en intégralité en Français et en Anglais.

 

2. Une opposition éthique au transgénocide, par Marcel Kuntz

Le "sans OGM" traque la simple présence d’ADN (le paramètre servant à définir les normes). De l’ADN présent en quantités infimes et qui ne changent que de manière dérisoire entre les normes 0,9% et 0,1% de présence fortuite « d’OGM ».

Dans une plante transgénique, la teneur en ADN modifié par génie génétique par rapport à la quantité totale d'ADN s‘élève à moins de 0,1 pour mille. Un seuil de 0,9 % signifie donc que la quantité d’ADN du transgène représente une valeur de l’ordre de un dix millionième (1/10 000 000 ) de l’ADN total de la plante. Passer à 0,1%, soit environ un cent millionième, n’a plus aucune signification en terme de sécurité.


Plus exactement, le terme « pollution génétique » (souvent utilisé par les anti-OGM) l’atteste : ce que l’on traque c’est de l’ADN impur… Or il n’y a pas d’ADN (ou de gène) ‘propre’ et d’ADN (ou de gène) ‘sale’.

L’ADN est toujours formé d’un enchainement de 4 nucléotides et est chimiquement identique dans tous les organismes. 


Proposer aux consommateurs différentes filières n’est pas un commerce illégitime (bien que sans base scientifique en terme de sécurité). Cependant…

les visées transgénocidaires du "sans OGM" procède d’une logique de confrontation, étrangère à la notion de coexistence, et révèle une conception qui se rapproche plus de certaines théories raciales que d’une compréhension saine de la nature d’un gène. 

Les gènes "sales" étant ceux que l’homme transfère, et les gènes "propres" ceux que la nature modifie par « hasard » et par « nécessité ».

C’est donc une vision de détestation de l’activité humaine que sous-tend le "sans OGM".  

Vision d’autant plus fallacieuse que l’homme a modifié les génomes des plantes cultivées depuis l’invention de l’agriculture. 

 

Il est possible de se placer dans un cadre de pensée éthiquement différent, sans traquer l’ADN, mais en définissant des obligations de moyens pour tous les acteurs des filières.

 

3. La coexistence OGM / non OGM et « la vraie vie », par Marie-Angèle Hermitte

   Apparemment, le gouvernement, ne suivant ni le comité scientifique, ni le comité éthique, économique et social, a notifié à l’Union européenne son vieil arrêté ministériel fixant des distances non négociables entre parcelles, vision myope de ce qu’implique la coexistence sur le terrain, au moins s’il n’est pas rapidement complété par d’autres dispositifs.

Faire coexister les productions GM et non GM est un projet complexe qui implique des éléments techniques qui sont du ressort du comité scientifique du HCB, et des éléments socio-économiques qui sont du ressort du CEES qui s’en est auto-saisi. Cela ne peut s’entendre que dans la société telle qu’elle est, plurielle et conflictuelle, réalité aussi incontournable que l’est un fait scientifique.

Le CEES a conclu à la majorité que la coexistence relevait du « bien commun », impliquait des négociations collectives et nécessitait, pour être acceptable dans la société telle qu’elle est, de donner préalablement un cadre allant de questions concernant la recherche à des questions de responsabilité et assurance.

   Lire le texte en intégralité.

 

4. Contribution au débat sur l’avis et la recommandation « coexistence »  du HCB, Jeanne Grosclaude, ancienne représentante au CEES des salariés des entreprises concernées par les Biotechnologies (pour la CFDT), démissionnaire depuis le 17 janvier 2012.

   J. Grosclaude trouve judicieuse la proposition du CS d’exprimer le taux OGM d’une récolte en pourcentage de grains transgéniques présents dans un échantillonnage. Pour elle, la recommandation du CEES acte le clivage irréductible entre ceux qui croient à la possibilité de l’expérimentation de la coexistence  et ceux qui récusent toute idée de coexistence. La position de la Commission Exécutive de la CFDT est que le CEES a renoncé à imaginer et proposer les compromis que la société peut construire et accepter.

J. Grosclaude revient aussi sur ce qu’elle a enduré au CEES face à ceux qui refusent la science et de la technologie et dénonce la volonté des autorités politiques d’instrumentaliser « à façon » les avis du HCB.

C’est à la coexistence dans les esprits qu’il faut redonner force. Un nouveau CEES devra être tourné prioritairement vers l’information pluraliste et loyale des citoyens.

    Lire le texte en intégralité.

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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 22:30

uk-flagRead the English versionJohn Davison

1. L'analyse de John Davison

Directeur de Recherche (retraité) INRA Versailles

 

Le 6 septembre la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a rendu un jugement concernant la présence de pollen de maïs génétiquement modifié de Monsanto MON810 dans le miel.  

 

La CJUE a classé le pollen de miel comme un ingrédient, plutôt que comme une « présence fortuite et techniquement inévitable » en vertu du règlement 1829/2003. Cela présente de graves implications pour l’avenir de la production de miel dans l'UE. Des autorisations distinctes seraient nécessaires pour chaque OGM cultivé dans l'UE. Aucun des deux OGM cultivés en Europe (le maïs MON810 ou la pomme de terre Amflora) n’a de telles autorisationsà l'heure actuelle,

 

Par conséquent, le miel  contenant du pollen d’OGM doit être retiré du marché en attendant l'autorisation, et tout miel doit être soumis à une quantification des OGM, qui sera particulièrement onéreuse en raison de la tolérance zéro imposée par la CJUE. Cela fera monter le prix du miel et entrainera la perte des petits apiculteurs amateurs. La situation pour le miel importé est similaire, voire pire, puisque dans la plupart des pays producteurs, Etats-Unis, Canada, Amérique du Sud et Chine, poussent également de nombreuses culturesOGM qui n'ont pas les autorisations de la CE.

 

Enfin, la décision de la CJUE mettrait probablement un terme aux essais en champ d'OGM en Europe, qui sont nécessaires pourétablir leur sécurité.

 

Pour lire la version intégrale, cliquez ici                        L’article précédent de J. Davison

 

 

2. L’analyse de Marie-Angèle Hermitte

Qualifier juridiquement le pollen GM, une tâche nécessaire, des conséquences à organiser

Directeur de recherche au CNRS, directeur d’études à l’EHESS

Membre du Comité éthique, économique et social du HCB (droit des biotechnologies)

 

La Cour de Justice de l’Union européenne a qualifié le pollen issu d’un champ expérimental « MON 810 » au regard des textes impliqués par l’affaire.

La Cour établit en premier lieu que le pollen n’est pas un OGM. La Cour établit ensuite que le pollen issu des produits de la ruche est, évidemment, une denrée alimentaire. Puis que c’est un ingrédient au sens du règlement 1829/2003 et non un constituant naturel comme l’avait proposé la Commission.


Les conséquences pratiques de cet arrêt sont multiples, graves, et inégalement faciles à régler. Relativement simple est la question de l’autorisation de mise sur le marché. Bien plus difficile est la question des expérimentations. Encore plus difficile à résoudre est la question de l’étiquetage. Faute de négociation, le commerce international du miel est totalement perturbé et les tensions sur le terrain très fortes.

 

Pour lire le texte intégral de l’analyse, cliquez ici

 

3. Avis du Conseil Scientifique du HCB

sur un projet de décret « sans OGM » pour les produits de l’apiculture

« Concernant le miel, le CS du HCB considère qu’en l’absence de critères objectifs pour y détecter/quantifier la présence de dérivés de plantes génétiquement modifiées, il n’est, pour le moment, pas possible de lui appliquer de manière appropriée les techniques de biologie moléculaire utilisées dans les autres filières agricoles ».

Lire l'avis dans son intégralité

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11 novembre 2011 5 11 /11 /novembre /2011 19:43

drapeau francaisPour lire la version françaiseJohn Davison     

An analysis by John Davison

Director of Research (retired) INRA Versailles

 

On the 6th of September the Court of Justice of the European Union (ECJ) made a judgement concerning the presence of pollen from the genetically modified Monsanto maize MON810 in honey.

  

The ECJ decision classified pollen, in honey, as an ingredient, rather than as an ‘adventitious and technically unavoidable presence’ as under Regulation 1829/2003. This has grave implications for continued honey production in the EU. Separate authorizations would be necessary for each GM-crop cultivated in the EU. Neither of the two GMOs cultivated in Europe (MON810 maize or Amflora potato) have such authorizations at the present time.


Consequently, any honey containing GM-pollen must be withdrawn from the market while awaiting authorization, and all honey must be subjected to the considerable costs of GMO quantification, which will be particularly high due to the zero tolerance imposed by the ECJ. Thus will drive up the price of honey and cause most small amateur bee-keepers to go out of business. The situation for imported honey is similar, or worse, since most source countries USA, Canada, South America and China also grow GM-crops many of which do not have EC authorizations.


Finally, the ECJ decision will likely put an end to GMO field trials in Europe, which are necessary for food and feed security in the EU.


To read the full article, click here                          J. Davison's previous article

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31 juillet 2011 7 31 /07 /juillet /2011 21:00

vandalisme-tournesol-feyzinLe 30 juillet 2011, des activistes anti-OGM ont détruit à Feyzin (Rhône) une partie d’un champ de tournesols prétendument OGM.

La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Isère a dénoncé «une action à caractère purement médiatique voulant faire passer pour des OGM des techniques qui n’en sont pas». «Les OGM impliquent l’introduction d’un gène d’une autre espèce dans le génome de la plante, ce qui n’est absolument pas le cas de la mutagenèse employée pour les tournesols», a-t-elle souligné.

 

Il s’agit de la répétition d’opérations menées en 2010. Lire tous les détails sur ces évènements et sur les variétés obtenues par mutagénèse.
 

A noter que ces variétés tolérantes à un herbicide permettent également de lutter contre l’ambroisie, une plante responsable d’allergies et détruite par l’herbicide.

 

Il ne s’agit effectivement pas d’OGM, mais les opposants les appellent « OGM-cachés » pour exploiter l’argumentaire mis au point contre les OGM, car sans ennemi (il n’y a plus de culture d’OGM en France), il leur faut en inventer de nouveaux pour continuer leur combat politique (lutter contre l’intégration de l’agriculture moderne dans l’économie capitaliste).  

 

tournesolAprès les OGM, les variétés non-OGM.

Toujours la même passivité des pouvoirs publics devant le vandalisme politique.


Rappel historique sur la pusillanimité des politiciens : « Vous aviez le choix entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre », Winston Churchill (septembre 1938)

 

A noter aussi que les activistes anti-OGM jouent habilement du terme sottement choisi par les pouvoirs publics, « Organisme Génétiquement Modifié », au lieu du terme scientifique, « transgénique », qui décrit précisément la technique d’amélioration variétale exclusivement concernée par la régulation sur les « OGM ».

Les activistes pourront ainsi peu à peu cibler toutes les variétés, car toutes sont « génétiquement modifiées ». Car tous les organismes vivants sont des « mutants ». Sinon, pas d’évolution des espèces, pas de biodiversité, et pas de vie possible.

Ici, ces variétés de tournesols ont subi une mutagénèse délibérée, qui accélère ce que la nature réalise constamment. Une différence d’importance dans l’idéologie écologiste : c’est l’Homme qui a réalisé la mutagénèse et non la Nature. Or ce que fait l’Homme est nuisible et la Nature est bonne…

 

A fanatic is a person who can't change his mind and won't change the subject. W. Churchill

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21 mars 2011 1 21 /03 /mars /2011 21:00

ARTE, la chaîne que tous prétendent aimer mais que presque personne ne regarde, a crucialement besoin de rehausser son audience sous peine d’être finalement lâchée par les politiques.

ARTE, l’alibi culturel d’un service public télévisuel aligné sur la course à l’audimat du secteur privé, cherche son public dans ce que notre époque peut produire télévisuellement de pire : le triomphe de l’indigence culturelle alliée à la roublardise commerciale (en l’occurrence celle des marchands de peur).

 

La machine commerciale est maintenant bien rodée. Film catastrophiste, dvd, livre…, et surtout colossale publicité gratuite assurée par le lobby écologiste. Marie-Monique Robin est parfaite dans ce rôle : elle sait mieux que personne choisir le bouc émissaire idéal pour complaire au bobo-écolo et effrayer la mère de famille.

 

Retour sur les "Chefs-d’œuvre" de Marie-Monique Robin

 

Voleurs d’yeux

Enquête sur le parcours d’une journaliste militante et notamment l’affaire de son film Voleurs d’yeux à la thèse erronée, déjà : l’histoire d’un jeune garçon, Jaison Cruz Vargas, retrouvé sans yeux et présenté dans son documentaire comme la victime des trafiquants d’organes. Une contre-enquête a montré qu’il n’en était rien. Le malheureux garçon avait en réalité été victime d’une infection ophtalmique qui avait mal tourné. Plutôt que de reconnaître son erreur, la journaliste pratiqua l’intimidation…

 

Le Monde selon Monsanto

Dans le monde du "journalisme" à sensations, un sommet d’arrivisme incompétent et malveillant. Lire une analyse point par point.

L’auteur de ce site s’honore d’avoir osé s’opposer à ce pogrom anti-Monsanto. Ils ne furent pas nombreux à oser… Pourquoi faudrait-il défendre une "multinationale", américaine en plus ? dit la Pensée Unique. Réponse :

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n'ai pas protesté, je n'étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n'ai pas protesté, je n'étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester
                                                                     attribué à Martin Niemöller, Pasteur

Marie-Monique Robin a ici confirmé son trait de caractère révélé lors du scandale des Voleurs d’yeux, l’agressivité pour toute réponse face à la critique, et le recours aux diffamatoires attaques ad hominem : ceux qui la critiquent sont forcément corrompus. Tactique connue de ceux qui n'ont plus d'arguments : discréditer le contradicteur.

 

Notre poison quotidien

MonpoisonquotidienRéactions :

«  Qui va nous faire croire que les paysans sont des empoisonneurs et des assassins ?

C’est insupportable parce que c’est malhonnête  »

Erik Orsenna

 

La fatwa contre les Doses Journalières Admissibles :

éclairage de Pascal Mainsant, ingénieur agronome

 

 Sur le panurgisme acritique de la presse, par Yann Kindo et Olivier Grosos

    

Des doses de contrepoisons sur le site Imposteurs :

 

L’espérance de vie

La toxicologie de comptoir

L’épidémiologie à la sauce Robin   

Et un retour sur les mystifications du Monde selon Monsanto

 

Le thème du prochain opus ?

Forcément une des obsessions de l’écologie d’idéologie. Et qui se prête au lucratif commerce de la peur. Les paris sont ouverts…

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