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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 12:26

Le Professeur de sociologie rurale Frederick Buttel a identifié pas moins de 6 courants d’« agro-écologie »: agro-écologie écosystémique, écologie agronomique, économie politique écologique, écologie des agro-populations, agriculture multi-fonctionnelle (dimension du paysage, articulation entre territoires et secteurs), holon agro-écologie (gestion adaptative permanente).

Rassurons immédiatement les lecteurs, nous n’allons pas tenter d’expliquer ces concepts ! Allons à l’essentiel : si on combine ces multiples interprétations, à la citation attribuée au Cardinal de Retz, « on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment », on comprendra tout l’intérêt d’un concept aussi flou pour les politiciens.

 

Plaire à tous avec un concept-valise ?

En France, concrètement, l’agro-écologie a plusieurs sens :

-une discipline scientifique émergente, au carrefour de l’agronomie et de l’écologie,

 

-une démarche de gestion agricole qui vise à adapter ses pratiques afin de tirer un plus grand parti des ressources naturelles de l’agroécosystème,


agriculture soutenable-une idéologie, caressée dans le sens du poil par la stratégie politicienne du Ministre Stéphane Le Foll, où l’agro-écologie n'est pas vue comme alternative à une agriculture non durable, consommant trop d'intrants et ne respectant pas l'environnement, mais  comme une agriculture sans intrants et sans OGM. Il s'agit donc d'enlever des roues au tracteur ! 

 

 

 

 

 

 

 

L’agro-écologie est en effet l’un de ces concepts à forte valeur médiatique dont raffolent certains politiciens, car ils permettent de faire de la politique quand on n’a pas de politique : chacun y mettant ce qu’il veut, on ne fâchera personne. De plus, il est en parfaite adéquation avec le vocable en vogue : la « transition » (énergétique, ou ici de l’agriculture) : on fera ainsi croire que l’on pilote au centre une infinité de paramètres excentrés.

En fait, l’agriculture a déjà changé et les agriculteurs, sur lesquels pèsent déjà de multiples contraintes environnementales (interdictions, réglementations, normes, etc.), apprécieront que des citadins privilégiés aient décidé qu’il faudra désormais « produire autrement » !

 

Une science sous la contrainte d’impératifs politiques partisans

L’INRA, déjà soumis aux diktats ministériels pour ne plus faire de recherche impliquant des OGM, a donc fait de l’agro-écologie un « chantier prioritaire ». L’Institut, ainsi, « mobilise ses capacités pour une science qui anticipe (!) et accompagne les mutations de l’agriculture et contribue à une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable au XXIe siècle ».

 Dans une vision digne d’un gosplan soviétique, pour Le Foll, « le socle de connaissances acquis en agro-écologie permettra d’accompagner des systèmes agricoles innovants, combinant performances économiques, sociales et environnementales, en proposant des évolutions au sein des filières et des territoires ». On reconnaitra ici la vision totalisante de l’écologisme (la défense de l’environnement doit intégrer les aspects socio-économiques, ou supposés tels). Petit problème : dans son document d’orientation 2010-2012, l'INRA se fixe comme objectif la convergence (difficile) dans l’agro-écologie des connaissances de l’agronomie et de l’écologie, « disciplines historiquement disjointes ». Vouloir combiner, par décision ministérielle, cette « nouvelle science » (dans laquelle la France n’est pas leader, la discipline existe en Allemagne par exemple depuis les années 30 !) avec des aspects socio-économiques de nature clairement différente, éminemment soumis à des interprétations idéologiques, relève au mieux d’une gageure.

 

La comparaison avec le système soviétique peut paraître injuste

Effectivement, ce dernier a été capable d’assembler des fusées et de les envoyer dans l’espace. Ici, ce qui est proposé avec l’« agro-écologie », ce sont des étages de fusées qui, en l’état, ne peuvent s’assembler. Et en plus on ne veut pas construire certains étages !

 

Pour une agronomie sans idéologie

Qu’y a-t-il de plus compatible avec des pratiques agro-écologiques qu’une plante qui possède, comme le maïs MON810, une défense propre contre des insectes ravageurs, compatible avec la réduction de l’usage des pesticides chimiques et leur utilisation raisonnée. Compatible aussi avec une lutte intégrée pour assurer la durabilité des pratiques. Seulement voilà, le MON810 est un trait génétique de type OGM, et sur lui se focalise ainsi le sectarisme de l’écologie politique et l’irresponsabilité des politiciens qui s’acharnent à détruire les biotechnologies végétales, dans une stratégie où seule compte la prochaine échéance électorale ou son portefeuille ministériel.

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commentaires

MK 12/07/2014 11:06

A partir du moment où le pouvoir impose aux producteurs tel ou tel système, ils perdent toute autonomie, toute liberté de décision. C'est ce que le système de primes PAC a déjà fait ...
Dans un système libre, un entrepreneur (qu'il soit agriculteur ou pâtissier) fait preuve d’initiative en décidant de manifester son esprit d’entreprise et de prendre des risques personnels par un
processus où il identifie les besoins des gens et, surtout, les meilleurs moyens afin de combler ces besoins en utilisant les ressources dont il dispose. C'est cela la responsabilité : il doit
assumer les conséquences de ses décisions. Dit autrement, c'est investir son capital dans une entreprise dans le but d’en tirer un profit en assumant les risques et responsabilités. Dans le cadre
de ce processus, le "marché" (c’est-à-dire l’interaction libre des producteurs et des consommateurs) l’informe, par le biais du mécanisme des prix et des profits, s’il fait fausse route ou non.
L'interventionnisme, en permettant à certains d'imposer aux autres de subir à leur place les conséquences de leurs choix - c'est-à-dire en instituant l'irresponsabilité - fait en sorte que ni les
décideurs ni ceux qui subissent les décisions n'ont plus intérêt à s'informer de leurs conséquences à la hauteur de l'enjeu qui est en cause : cette irresponsabilité institutionnelle inhérente à
l'interventionnisme d’État engendre incompétence et aveuglement chez ses agents aussi bien que chez ses victimes.
... si vous estimez qu'un système dirigiste s'appuyant sur la distribution des impôts des contribuables pour compenser les pertes dues au système imposé par idéologie est seul porteur d'avenir,
c'est votre droit.
Personnellement, je suis certain que si l'agroécologie (appelez cela comme vous voulez) assure des revenus équivalents sans, comme pour le bio, avoir besoin de primes qui finiront comme pour le
photovoltaïque par être impayables, il sera largement adopté, tout comme les maïs hybrides (qui imposent un rachat des semences chaque année), le semis sous couvert ou le travail simplifié du sol
par exemple l'ont été ...
Le véritable sujet, c'est l’idée que l’on se fait de l’être humain. Est-ce qu’il doit être dirigé, formaté, pour son propre bien, par une élite supérieure, dictatoriale ou élue qui se proclame
détentrice de la Vérité ? Ou est il un être pensant, autonome, capable de faire des choix, de prendre des décisions, et dont la société doit respecter la nature et, même favoriser le développement
et l’épanouissement ?

JM Moreau (propos recueilli à partir du forum LinkedIn "Défis et dynamiques agraires" et copié ici).

Yves Leclercq 09/07/2014 10:45

Notre "régime" nous permet aussi d'envoyer des fusées dans l'espace. "Il" est actuellement dans une phase de "soviétisation", subordonnant la science à la politique. L'écologisme n'est pas de
gauche sans raison. C'est là qu'il trouve son plus solide soutien.