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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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26 février 2017 7 26 /02 /février /2017 10:46

Le 21 février 2017 a été discutée et adoptée à l'Assemblée Nationale une "Résolution sur les sciences et le progrès dans la République", à l'initiative de M. Bernard Accoyer (LR) et M. Jean-Yves Le Déaut (PS), une proposition également déposée par Mme Dominique Orliac pour le PRG.

 

Ce texte part du constat "que la France, héritière d’une longue tradition scientifique, rationaliste et de la philosophie des Lumières, a toujours incarné le progrès et la science au service de l’humanité". Il constate "que l’expertise scientifique n’est plus assez prise en compte dans les processus de la décision politique". Et conclut par une invitation au "Gouvernement à donner plus d’importance aux études et rapports de l’OPECST dans l’élaboration et le suivi des politiques qui impliquent la science ou ses applications".

 

Ce  texte a été voté par les trois groupes qui l'ont déposé. On notera tout d'abord, à un moment où les médias découvrent le concept de "post-vérité", que ce vote n'a pas retenu l'attention desdits médias... Il est vrai qu'ils réduisent ce concept au Brexit et à Trump, sans voir qu'il s'impose depuis des années aux faits scientifiques et techniques sous la pression de l'écologie politique et d'une certaine caste de sociologues prétentieux.

 

On lira également avec intérêt la discussion général commune qui a précédé le vote. M. André Chassaigne (PCF) y déclare qu' "il n’est pas possible d’occulter les douloureuses expériences du XXe siècle, qui nourrissent encore aujourd’hui la suspicion quant aux vertus du progrès scientifique et technologique – même si chacun peut, bien évidemment, en mesurer aussi les bienfaits". Il ne s'agit pas là d'une critique, qui serait justifiée, d'une pensée de l'émancipation issue des Lumières devenue folle (l'exemple le plus meurtrier ayant été le communisme...). Non, la suite nous éclaire : "les découvertes scientifiques peuvent être mises au service d’une soif de destruction, de projets insensés menaçant directement l’avenir de l’humanité", et M. Chassaigne de pointer "Hiroshima".

 

Au-delà de cette Résolution, nous pouvons donc penser qu'il ne suffira pas de donner plus d'importance à l'OPECST. Un problème est, et restera pour quelque temps encore, le déni de réalité d'une partie importante du spectre des mouvements politiques dits "républicains". Les programmes de nombre de candidats à la fonction de Président de la République en attestent...

 

La déconstruction postmoderne des Lumières en est un autre. Il est indispensable de déconstruire les déconstructeurs et leur lot de culpabilisation ("Hiroshima", mais aussi le colonialisme, l'esclavagisme, etc.), de repentance et autre bien-pensance. Malheureusement, et là nous revenons au déni de réalité, une Résolution parlementaire appelant à voir ce que l'on voit (Péguy), ce qui est pourtant indispensable si la France ne veut pas glisser vers le déclin et peut-être la guerre civile, ne pourrait aujourd'hui faire l'objet d'un consensus aussi large que celui obtenu par la présente Résolution sur les sciences et le progrès dans la République.

Amis "progressistes", encore un effort !

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14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 13:40

Certains ont déploré le peu de place consacrée à l’environnement dans les débats récents en vue de l’élection présidentielle. Les bases existent pourtant pour une réflexion dont les termes ne seraient pas imposés par ceux qui ont monopolisé « l’écologie » au profit d’une idéologie - qui envisage de nous rendre tous plus pauvres - ou de leur carrière… « Il faut agir », tel est le leitmotiv du dernier livre de Maud Fontenoy qui décline sa définition d’une politique de l’environnement réconciliée avec l’économie et la science.

 

 « Il va falloir croire en la science et investir !»

Maud Fontenoy propose une écologie « positive », plutôt qu’accumuler taxes, normes et interdictions.  Autrement dit : « Moins se focaliser sur ce qu’il ne faut pas faire et plus sur ce qu’il faut faire ». « Produire plus et mieux » c’est développer une économie où le déchet de l’un est la matière première de l’autre. Bien sûr « la science ne réglera pas tous les problèmes du monde, mais une politique niant ou déformant la connaissance scientifique conduit immanquablement à des désastres ». « Contrôler, oui, c’est indispensable, mais interdire sans raison est effarant ». Le décor est donc planté !

 

Plaire à tout le monde n’est pas au programme

Si l’auteur égratigne au passage les politiciens qui n’ont jamais exercé d’autres métiers, elle rappelle aussi que la majorité d’entre eux valent mieux que la caricature qui en est souvent faite. Si elle est entrée en politique elle-même, ce n’est manifestement pas pour faire plaisir à tous : elle constate l’inefficacité de l’administration et a compris « que l’on ne faisait pas changer d’avis un journaliste » (qui a déjà des idées très arrêtées avant une interview)…

 

L’écologie « positive » passe aussi par l’éducation et Maud Fontenoy convoque Condorcet pour évoquer les progrès de l’esprit humain (et nous en avons effectivement besoin !), tout en déplorant un système éducatif aujourd’hui sous-performant et inégalitaire. « L’école aussi doit pouvoir innover » !

 

« Cent propositions pour une écologie ajustée à l’Homme »

Le livre se veut néanmoins « un message  d’apaisement, d’ouverture d’esprit et d’action » et avance cent propositions. La première revendique de « sortir du principe de précaution pour entrer dans un monde reposant sur le principe de responsabilité ». Le dernier concept mériterait d’être explicité (d’autant plus que ce « principe » a déjà été théorisé par Hans Jonas, le père de « l’heuristique de la peur » et donc des marchands du même nom !). Comment va-t-il s’articuler avec un « principe d’innovation » décrit récemment par l’European Political Strategy Centre de la Commission européenne ? On le voit, le débat doit se poursuivre, mais ce livre a le mérite de poser des jalons pour « associer développement, croissance et maîtrise de notre impact sur l’environnement ».

 

« Des tempêtes, j’en ai vu d’autres », tel est le titre de l’ouvrage et la philosophie de son auteur. Il lui faudra effectivement du courage pour affronter les vents contraires qui ne manqueront pas de se lever devant la réalisation de son programme. Mais, nous le savons, du courage Maud Fontenoy n’en manque pas. Les récits d’aventure maritimes (qui alternent dans son livre avec sa vision de l’écologie) sont là pour nous le rappeler. Hissez haut !

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26 juillet 2016 2 26 /07 /juillet /2016 21:27

Une civilisation qui ne croit à rien en fin de compte se soumettra à tout.

 

Au dernier décompte, les membres de l'Union européenne ont dépensé plus de 200 milliards de $ par an pour la défense, ont utilisé plus de 2.000 avions de combat et 500 navires de guerre, et emploie environ 1,4 million de militaires. Plus d'un million de policiers arpentent aussi à pied les rues d'Europe. Pourtant, en face d'une menace islamiste le continent semble impuissant. Est-ce le cas ?

La France était-elle impuissante en mai 1940 ?

Spécifions qu’un camion fonçant le long d’une promenade de bord de mer n’est pas une division Panzer, et que quelques milliers de combattants de l’Etat islamique dispersés de Mossoul à Marseille ne sont pas une autre Wehrmacht. Mais comme en France en 1940, l'Europe d'aujourd'hui affiche la même combinaison de rigidité doctrinale et perte de volonté qui a conduit une armée alliée de 144 divisions à être surpassée par les Allemands en six semaines. La ligne Maginot des «valeurs européennes» ne prévaudra pas sur des gens qui ne reconnaissent aucune de ces valeurs.

 

Le Premier ministre français Manuel Valls a clairement reconnu, après l’attaque de Nice, que "la France va devoir vivre avec le terrorisme." Cela peut avoir été conçu comme un état de fait, mais il sonne comme l’aveu que son gouvernement n’est pas prêt de rallier le public à une campagne de sang, de labeur, des larmes et de sueur contre l’Etat islamique - une autre capitulation prématurée dans un pays qui en a connu auparavant.

 

M. Valls a ensuite été hué à un service commémoratif pour les victimes de Nice. Il serait réconfortant de penser que c'était parce que lui et son patron, le président François Hollande, ont échoué à forger une stratégie pour détruire l’Etat islamique. Mais l'objection du public était qu'il n'y avait pas assez de policiers le long de la Promenade des Anglais pour arrêter l'attaque. En termes footballistique, la plainte concerne le reproche concerne l'échec de la défense, et non pas l'absence d’une bonne attaque.

 

Ensuite, il y a l'Allemagne, le site de trois attaques terroristes en une semaine. Cela semble presque d’une autre époque lorsque les Allemands ont souhaité la bienvenue à un million de migrants du Moyen-Orient dans une sorte d’extase d’autocongratulation morale, menée par le chant d'Angela Merkel du "Nous pouvons le faire!" Le slogan de l'été dernier sonne maintenant aussi daté et creux que le « Yes we can ! » de Barack Obama.


Maintenant, l'Allemagne devra faire face à une menace terroriste à coté de laquelle la bande à Baader des années 1970 semble insignifiante. L'Etat allemand est plus fort et plus intelligent que sa version française, mais il succombe aussi plus à l'intimidation morale. L'idée de l'auto-préservation nationale à tout prix sera toujours discutable dans un pays qui cherche à expier un péché inexpiable.

 

D’où la question de savoir si l'Europe est impuissante. À sa crête des années 1980, sous François Mitterrand et Helmut Kohl, le projet européen a combiné la force économique allemande et la confiance des Français dans une politique de puissance. Aujourd'hui, il mêle la faiblesse politique française avec le solipsisme moral allemand. Cela est la recette d’un déclin civilisationnel rapide, et peu importe combien de ressources économiques ou militaires l'UE peut avoir à sa disposition.

Ce déclin peut-il être arrêté? Oui, mais cela nécessiterait un grande désapprentissage des mythologies politiques sur lesquelles l'Europe moderne a été construite.

 

Parmi ces mythologies: que l'Union européenne est le résultat d'un engagement moral d'après-guerre pour la paix; que le christianisme à une importance purement historique pour l'identité européenne; qu'il n’existe pas de solution militaire; que son pays ne mérite pas que l’on se batte pour lui; que l'honneur est atavique alors que la tolérance est la valeur suprême. Les gens qui ne croient en rien, y compris en eux-mêmes, en fin de compte se soumettent à tout.

L'alternative est une reconnaissance du fait que la longue paix en Europe dépendait de la présence de la puissance militaire américaine, et que le retrait de ce pouvoir implique que les Européens devront se défendre eux-mêmes. L'Europe devra également comprendre comment appliquer sa puissance non pas symboliquement, comme il le fait maintenant, mais stratégiquement, dans la poursuite d’objectifs difficiles. Cela pourrait commencer par la destruction de l’Etat islamique en Libye.

 

Plus important encore, les Européens devront apprendre que l'impuissance peut être aussi corruptrice que la puissance, et beaucoup plus dangereuse. La tempête de la terreur qui descend sur l'Europe ne prendra pas fin dans grâce à de nouvelles politiques d'inclusion, de sensibilisation communautaire, d’aide étrangère ou des initiatives diplomatiques de Mme Merkel. Elle prendra fin dans des rivières de sang. Le leur ou le nôtre ?

Dans tout cela, le meilleur guide pour savoir comment l'Europe peut trouver son chemin vers la sécurité est le pays qu’elle a sermonné et vilipendé pendant les 50 dernières années : Israël. Pour l'instant, il est le seul pays en Occident qui refuse de risquer la sécurité de ses citoyens sur la vision des autres des droits de l'homme ou sur l'autel de la paix.

Les Européens chercheront sans doute du côté d’Israël des conseils tactiques dans la lutte le terrorisme - techniques de gestion des foules, etc. -  mais ce qu'ils ont vraiment besoin d'apprendre de l'Etat juif est la leçon morale. A savoir, que l'identité peut être une grande préservatrice de la liberté, et que les sociétés libres ne peut pas survivre à travers des accommodements progressifs avec des barbares.

 

Bret Stephens (traduction MK), The Wall Street Journal

 

Lire aussi mes articles

"Penser le réel après les attentats : en finir avec l’idéologie relativiste postmoderne",
publié après le 13 novembre 2015,

et celui publié en avril 2015 dans Le Figaro sous le titre "Le syndrome de la postmodernité, une maladie de l’Occident"

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31 mai 2016 2 31 /05 /mai /2016 19:59

Original version by Mark Lynas, GMO safety debate is over

Traduction par Yoann Kerbrat

 

Le débat sur les OGM est terminé – à nouveau. La semaine dernière, la prestigieuse Académie Nationale des Sciences, de l’Ingénierie et de la Médecine (États-Unis) a publié le rapport le plus ambitieux jamais produit par la communauté scientifique sur les plantes et aliments génétiquement modifiés (GM). La conclusion est formelle : après l’examen de centaines de publications scientifiques sur le sujet, des heures de visionnage de témoignages d’activistes et la prise en compte de centaines de commentaires du grand public, les scientifiques ont écrit qu’ils n’ont « pas trouvé de preuve étayée que la nourriture produite à partir de plantes génétiquement modifiées était moins sûre que la nourriture produite à partir de plantes non génétiquement modifiées ».

 

La méthode de l’Académie Nationale a été à la fois étonnamment inclusive et explicitement consensuelle. Comme précisé dans la préface de leur rapport, les scientifiques ont « pris en compte tous les commentaires » – aussi absurdes soient-ils – comme des « défis constructifs » et les ont considérés attentivement. De ce fait, le comité d’experts a écouté avec patience l’adepte de la lévitation yogique devenu militant anti-OGM Jeffrey Smith en lui donnant généreusement un créneau de 20 minutes lui permettant d’affirmer comme à son habitude que la nourriture génétiquement modifiée était responsable d’environ tous les maux modernes imaginables. Greenpeace aussi a offert son témoignage. De même que Gilles-Eric Séralini, le professeur Français qui a subi l’ultime indignité scientifique de voir son papier, proclamant que les OGM induisaient des tumeurs chez les rats, rétracté en 2013.

 

Chacune de ces affirmations ont été examinées les unes après les autres. Est-ce que la nourriture GM provoque des cancers ? Non – les changements d’incidence de cancers au cours du temps sont « en général similaires » entre les États-Unis, où les aliments GM sont partout, et le Royaume-Uni, où ils sont pratiquement inconnus. Qu’en est-il des maladies du rein ? Les taux aux États-Unis sont stables depuis un quart de siècle. Obésité et diabète ? Il n’y a « pas de preuve publiée pour soutenir cette hypothèse » ou de lien entre ces maladies et la nourriture GM. Maladie cœliaque ? « Pas de différence majeure » entre les États-Unis et le Royaume-Uni, encore une fois. Allergies ? « Le comité n’a pas trouvé de relation entre la consommation de nourriture GM et l‘augmentation de la prévalence des allergies alimentaires ». Autisme ? De même, les comparaisons États-Unis et Royaume-Uni « ne valident pas l’hypothèse de l’existence d’un lien».

 

Dans un monde rationnel, toute personne effrayée par les OGM à propos des effets sur la santé devrait lire le rapport, pousser un immense soupir de soulagement puis commencer à chercher des explications fondées sur des preuves plus étayées (science-based) afin d’expliquer les tendances inquiétantes de problèmes de santé tels que le diabète, l’autisme et les allergies alimentaires. Mais les associations psychologiques développées depuis plusieurs années sont difficile à briser. Un sondage réalisé par Pew Center Poll en 2015 a montré que seulement 37% du public pense que la nourriture GM est sans danger, comparé à 88% des scientifiques, soit un écart plus important que toute autre controverse, y compris celles sur le changement climatique, la théorie de l’évolution et la vaccination des enfants en bas âges. Ces attitudes profondément ancrées ne sont pas prêtes de disparaître – particulièrement depuis qu’elles sont continuellement renforcées par un lobby anti-OGM qui se fait beaucoup entendre et qui est bien financé.

 

Il y a également une influence de la politique. La loi sur l’étiquetage obligatoire des produits OGM au Vermont, dont on prévoit qu’elle plonge les producteurs et détaillants alimentaires américains dans le chaos lors de son entrée en vigueur le 1er juillet prochain, repose sur l’hypothèse explicite que la nourriture GM pourrait être dangereuse. « Il y a un manque de consensus concernant la validité des recherches et de la science autour de la question de la sécurité de la nourriture génétiquement modifiée » énonce la loi dans son préambule. En effet, cette nourriture « présente potentiellement des risques pour la santé [et] la sécurité ». Est-ce que la législation du Vermont va changer sa loi maintenant qu’il est clair qu’elle se tient du mauvais côté d’un très solide consensus scientifique ? Bien sûr que non.

 

Le rapport de l’Académie Nationale devrait être une lecture particulièrement inconfortable pour le mouvement environnementaliste, dont beaucoup de leaders présentent désormais toutes les caractéristiques  d’un profond déni de la science sur le sujet. Une porte-parole des Amis de la Terre a discrédité le rapport en le qualifiant de « trompeur » avant même de l’avoir lu. Le site internet de ce groupe prétend que de « nombreuses études » démontrent que la nourriture GM peut poser des « risques sérieux » pour la santé humaine. Un autre groupe environnementaliste, Food & Water Watch, a publié un article de réfutation accusant de façon conspirationniste l’Académie Nationale d’avoir des liens secrets avec Monsanto, avant de réaffirmer « qu’il n’y a pas de consensus, et qu’il existe encore un débat très animé au sein de la communauté scientifique… à propos de la sécurité et des mérites de cette technologie ».

 

Mais en dépit de ces dénégations bruyantes, la vérité est qu’il n’y a pas plus de débat concernant la sécurité des cultures GM que sur la réalité du changement climatique, dont le consensus scientifique est défendu par ces mêmes groupes. Et l’ironie de l’histoire va même plus loin : nombre de stratégies employées pour diaboliser les OGM sont héritières des stratégies des climato-sceptiques. Il y a la même promotion de l’existence de faux « non-consensus scientifiques » par des groupes d’experts autoproclamés. Plus de 300 « scientifiques et juristes» ont signé une pétition affirmant qu’il n’y a « pas de consensus sur la sécurité des OGM » l’année dernière, nous rappelle Greenpeace. Cela peut paraître beaucoup, jusqu’à que vous le compariez avec les 30 000 « scientifiques américains » qui auraient signé une pétition affirmant qu’il n’y a pas « de preuve scientifique solide » liant le CO2 au changement climatique, que Greenpeace (à juste titre selon moi) ignore.

 

Il reste cependant de la place pour d’authentiques contestations. Le rapport de l’Académie Nationale est zélé quand il s’agit de pointer du doigt certaines des difficultés et conséquences des OGM. L’utilisation massive de culture GM est en effet selon le rapport responsable de l’évolution croissante de résistances, à la fois chez les mauvaises herbes et chez les insectes. De plus la domination de la technologie par l’industrie peut restreindre l’accès des semences GM aux petits agriculteurs dans les pays les plus pauvres. L’étiquetage obligatoire des OGM pourrait être un bon moyen de redonner confiance au publique dans un système de production alimentaire plus transparent.

 

Mais ces vrais points de débats ne remettent pas en cause la qualité des aliments. Ce problème est définitivement réglé. Soyons donc clair encore une fois : le débat est fini. Si vous vaccinez vos enfants et croyez que le changement climatique est vrai, vous devez arrêter d’avoir peur de la nourriture génétiquement modifiée.

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 16:54
Repenser la règlementation sur les OGM de zéro

European GMO regulation needs to be rethought from scratch

My article in The Parliament Magazine

 

 

VERSION FR

La réglementation européenne sur les OGM doit être repensée de zéro

Pour citer la Commission européenne, « Cette législation spécifique [sur les OGM] poursuit deux principaux objectifs :

-protéger la santé humaine et l'environnement,

-et assurer la libre circulation de produits génétiquement modifiés sûrs dans l'Union européenne ».

Beaucoup, y compris moi-même, ont montré que toutes les données scientifiques crédibles confirment que les OGM autorisés sont en effet sûrs pour la santé et l’environnement. Cependant, une défaillance majeure de la réglementation actuelle est qu'elle a quasiment tué la biotechnologie agricole en Europe.

 

La raison: même si l'amélioration des plantes peut créer diverses variétés, la réglementation a créé un objet juridique unique appelé «OGM», facile à diaboliser sans avoir à préciser quelle est l’utilisation de cet objet que l’on conteste. Tout se vaut, mais personne ne sait vraiment ce qu'est un OGM !

 

Quelle que soit la classification réglementaire des nouvelles technologies de sélection des plantes (NBT, new plant breeding techniques), si elle repose sur l'interprétation sémantique de la définition des OGM conformément à la directive actuelle, la même cause produira les mêmes effets. Si considérées comme un «OGM», les NBT sont tuées à bout portant. Si exemptées, elles seront vilipendées comme étant des «OGM cachés» et tuées à petit feu.

 

Les agrobiotechnologies ne sont pas un mode de production agricole. Elles sont un moyen d'accroître la biodiversité des caractères génétiques. Ce qui est important est ce qui est fait avec un produit, et non la façon dont le produit a été obtenu. La seule approche raisonnable serait un règlement basé sur le produit. À savoir, tous les nouveaux caractères, indépendamment de la façon dont ils ont été obtenus, s’ils appartiennent à la même classe technique, ils devraient être soumis au même examen technique. L'évaluation des risques doit être effectuée d'une manière rigoureusement scientifique, proportionnellement aux risques réels, en évitant les surcharges idéologiques comme cela est le cas actuellement.

 

La biotechnologie a un besoin urgent d'être reconsidérée dans la réalité et nécessite une exfiltration des luttes politiques. Les scientifiques (y compris ceux de l’EFSA) doivent être protégés contre l'intimidation, les intrusions dans les laboratoires, le vandalisme d'expériences et la violence contre des personnes, comme cela a trop été le cas.

 

Repenser la règlementation sur les OGM de zéro

Read also on Euractiv:

Decades-old GMO regulation unfit for 21st century, by K. Ammann & M. Kuntz:

Version française
 

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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 18:45

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La colère est mauvaise conseillère. L’émotion aussi. L’aveuglement idéologique ne l’est pas moins : face aux attentats du 13 novembre 2015, deux voies extrêmes sont à éviter.

Celle du repli national illustré par le discours de Marine Le Pen, à la connotation volontairement « présidentialisable », tout en conservant ses obsessions du bouc émissaire européen et de la fermeture tous azimuts.

A l’autre extrême, Anne Hidalgo, la maire de Paris, face aux événements chante l’hymne de la Gauche postmoderne : la « diversité » et le « vivre-ensemble ».

 

L’idéologie nationaliste veut expulser l’Autre pour protéger la Nation et son identité, tandis qu’une idéologie cosmopolite voit l’identité nationale comme un particularisme offensant pour l’Autre qu’il faut accueillir sans conditions. La première profite des errements de la seconde devenue la pensée dominante du camp du Bien depuis des décennies.

 

Aucun de ces discours n’aborde la question centrale posée par une longue liste d’attentats : pourquoi des enfants passés par l’ « Ecole de la République », laïque, se construisent-ils une identité à l’opposé des valeurs proclamées par cette école ? N’est-ce pas parce que cette école et la bien-pensance médiatique ont trahi ces valeurs pour une idéologie postmoderne déconstructrice de l’Etat-Nation au profit de « communautés imaginées » ?

 

Il faudra plus que le discours d’Hidalgo sur « ce Paris populaire, ouvert, heureux de partager les cultures du monde parce que c'est un Paris fort de sa diversité » pour imaginer une nouvelle politique. A défaut, le retour du nationalisme est inéluctable, malheureusement.

 

Sur l'idéologie postmoderne, lire : "Déconstruire les déconstructeurs".

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:54

Récemment, la société Syngenta a fait part à la Commission  européenne de plusieurs erreurs découvertes dans la séquence d’ADN initialement annoncées pour des plantes génétiquement modifiées qu’elle commercialise. L’occasion pour les opposants de monter au créneau. Quelques explications s’imposent.

 

Le support chimique de l’information génétique, l’ADN, est constitué de 4 « lettres » dont l’enchainement dans un « mot » (gène) dicte à la cellule vivante quelle protéine synthétiser. Les plantes génétiquement modifiées (PGM) ont généralement un ou deux gènes additionnels qui leur confèrent une caractéristique particulière. L’évaluation scientifique des risques avant autorisation de mise sur le marché impose de « séquencer » l’ADN ajouté, c’est dire déterminer l’ordre des 4 lettres tout au long de cet ADN.

 

Dans le cas du maïs portant le caractère MIR604 (permettant de combattre un insecte ravageur, la chrysomèle), la société Syngenta s’est aperçu en re-séquençant récemment cet ADN qu’il y avait une erreur dans la séquence communiquée en 2004 dans le cadre de la procédure d’évaluation des risques. Syngenta en a informé la Commission européenne qui a demandé l’avis de son Autorité de Sécurité Sanitaire des Aliments, l’EFSA. Celle-ci a rendu publiques ses conclusions le 8 octobre 2015 : cette erreur, qui concerne l’identité d’une seule lettre sur les 2100 « séquencées », n’est pas de nature à changer son avis sur la biosécurité du MIR604. En effet, cette lettre est localisée en dehors du « mot » proprement dit, le gène codant qui n’est donc pas modifié et par conséquent la protéine synthétisée non plus. L’EFSA a également examiné la possibilité qu’un « mot » supplémentaire se forme en incluant cette lettre, et qu’il conduise à la production d’une protéine allergénique. Hypothèse hautement improbable, mais que l’EFSA a examinée en concluant par la négative.

 

Il faut souligner que l’évaluation d’une PGM porte sur divers paramètres mesurés chez la plante, et non uniquement sur la séquence du gène ajouté. Celle du MIR604 a inclus également une étude toxicologique après alimentation de rats (voir toute l’évaluation). On peut donc dire que, dans le dossier MIR604, Syngenta a commis une erreur évitable, signalée dès qu’elle a été identifiée, sans conséquence en termes de biosécurité.

 

Ce n’est évidemment pas l’opinion des anti-OGM. Le journaliste du journal le Monde, Stéphane Foucart, situe cet évènement « à la suite de l’affaire Volkswagen » et fustige les « procédures européennes d’évaluation des risques technologiques ». L’occasion était trop belle pour les marchands de peur : « l’affaire jette une lumière inquiétante sur le sérieux des contrôles européens des OGM ». Rappelons que les évaluations des PGM imposées par la réglementation n’ont jamais révélé de problème de biosécurité depuis environ 20 ans. Il n’y a aucune « faille dans l’homologation » des OGM, mais plutôt une faille dans le raisonnement qui impose une telle réglementation pour  ce qui n’est, en réalité,  qu’une inoffensive plante cultivée.

 

Note : L’EFSA a également examiné le cas du maïs GA21 pour lequel Syngenta a signalé plusieurs erreurs dans les informations concernant l’ADN ajouté, ce qui confirme un manque de rigueur de l’entreprise à l’époque où ces structures de gènes ont été analysées. L'EFSA ne conclut pas à un problème de biosécurité.

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 19:43

 

                                                                                                               Mis à jour le 25 août 2015

        Les destructions d’expérimentations de champ d’OGM ont été initiées en France en 1997 (un essai de Monsanto). Dès 1999, la recherche publique fut attaquée elle-aussi. Des essais de deux équipes de l’INRA, en collaboration avec le CETIOM, réalisés à Gaudiès (Ariège) ont été détruits le 2 juin 1999 et le 13 avril 2000.

Ces expérimentations au champ étaient destinées à évaluer les possibilités de croisements entre le colza et la ravenelle, une espèce sauvage apparentée. Au total j’ai pu répertorier environ 80 actes de destructions contre des expérimentations de la recherche publique en Europe. La plupart examinaient des questions utiles pour l’évaluation de risques (voir OGM, la question politique, PUG, 2014).

Dans un certain nombre de cas, d’autres dommages à des propriétés, des menaces ou des violences contre des personnes ont été constatés. Aucune destruction n’a pu être empêchée par des tentatives de dialogue engagées par les chercheurs.

 

Une composante anti-science

Ces destructions ne se sont pas limitées à des essais en champ. Le 5 juin 1999, un groupe emmené par José Bové pénétrait par effraction dans une serre du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), où furent détruits des cultures de riz et des ordinateurs. Selon les anti-OGM, cette action « visait à dénoncer les dérives de la recherche publique française en matière d’OGM ». Les affiches collées par les assaillants étaient explicites : « Démasquons les chercheurs. Vidons les laboratoires »…

Le Cirad a aujourd’hui abandonné ses recherches en matière d’OGM. Le 13 juillet 2013, l’INRA a du détruire le dernier essai au champ d’OGM en France, en l’occurrence des peupliers, faute de prolongation de l’autorisation par le gouvernement.

 

Plus d’essais au champ, voici les intrusions dans les laboratoires

En France, une nouvelle phase vers un contrôle de la recherche publique sur les OGM par des groupes politisés s’est ouverte le 23 mai 2011 : des activistes ont investi le Centre INRA d’Angers (Beaucouzé) pour s’opposer à des expérimentations en milieu confiné de poiriers transgéniques résistants au feu bactérien. Cette intrusion était qualifiée, dans la phraséologie anti-OGM, d’« inspection citoyenne ».

Le 25 juin 2014 une nouvelle intrusion a eu lieu dans un laboratoire de l’ENS de Lyon associé à l’INRA pour s’opposer au projet Genius. Ce projet de recherche porte sur «  la technologie des nucléases [qui] permet désormais des modifications du génome végétal d’une très grande précision».

Le 2 octobre 2014 une intrusion a eu lieu à l’INRA d’Avignon, toujours en opposition au projet Genius.

Le 17 août 2015 une intrusion a eu lieu à l'INRA de Colmar contre un projet de vigne pourtant abandonné suite à des destructions en 2009 et 2010.

 

Après 15 ans d’attaques, toujours aucune stratégie opérationnelle pour s’y opposer

Sur le site du projet Genius on peut lire que « des avancées récentes en transgénèse proposent maintenant des réponses à certaines craintes citoyennes ». Peut-on réellement penser qu’une avancée technique va dissiper les « craintes ». N’est-ce pas ignorer que ces peurs ont été politiquement construites et qu’il n’est pas question pour les opposants de les laisser s’éteindre.

Lors de l’intrusion à Angers, la réaction de l’INRA a été d’organiser des « débats ». Le premier a impliqué une chercheuse responsable du projet face à un scientifique anti-OGM notoire qui a rodé son discours militant depuis une vingtaine d’années. Dès le second débat les lobbies de l’écologie politique invités étaient en surnombre. Lors des trois débats le logo du « collectif nos campagnes sans OGM » (qui soutient les destructeurs d'expérimentations) figurait à côté de celui de l’INRA ! Peut-on réellement croire qu’une telle approche relativiste, pour ne pas dire de capitulation en rase campagne, va avoir d’autres effets que celui d’encourager les opposants à s’en prendre à d’autres cibles. VIDEO

Les débats sur les OGM ont déjà eu lieu, notamment sous l’égide de parlementaires entre 1998 et 2005, qui ont auditionné toutes les parties intéressées. L’INRA, sous la houlette de sociologues postmodernes, s’est essayé entre 2005 et 2010 à un projet participatif pour son essai de vigne à Colmar : je ne reviendrai pas sur ce coûteux fiasco, déjà évoqué.

 

Quel sens peut avoir, pour la recherche publique, de débattre avec des militants politiques dont le but réel est de mettre des bâtons dans les roues de l’économie, en sabotant les innovations techniques ? Les chercheurs vont-ils négocier avec eux la « sortie du capitalisme » ?

 

Syndrome de Stockholm ?

Victime de violences, d’intimidations, de marchés de dupes (Colmar par exemple) : la recherche publique est prise en otage par des manœuvriers politiques.

Prise d’otages et situation hautement stressante (les chercheurs ne sont pas formés à de tels affrontements sans scrupule) peuvent donner lieu au syndrome dit de Stockholm, un aménagement psychologique qui voient les victimes se solidariser avec leurs agresseurs, et même s’identifier à eux.

Exagération ? Que chacun en juge : en 2013 l’INRA de la Région PACA a accepté la proposition d’un lobby de l’écologie politique (Fondation Sciences Citoyennes, FSC) d’un « partenariat » sensé amener les chercheurs à réfléchir sur « leur responsabilité sociale et environnementale » (une convention a même été signée).

Ironie de l’histoire, à quelques jours de l’intrusion à Avignon a eu lieu un Café des Sciences « Citoyen » dans la même ville, afin de présenter un dispositif de « partenariat Institutions-Citoyens pour la recherche et l’innovation » (PICRI). Son annonce porte le logo de FSC et de l’INRA. Dans son Comité d’organisation cohabite (entre autres) le Président du Centre de Recherche INRA-PACA et un militant de FSC, pétitionnaire habituel du lobby écologiste et soutien d’« Appel public à la solidarité financière avec les faucheurs volontaires »…

 

A voir la détérioration, année après année, de la situation de la recherche publique (il est vrai que les deux derniers gouvernements y ont fortement contribué), ne serait-il pas temps d’envisager une véritable stratégie de résistance face à une idéologie liberticide, plutôt que d’illusoires tactiques d’évitement ?

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 09:44

Les victimes de l'attentat perpétré contre Charlie Hebdo :
Charb, Mustapha Ourrad, Cabu, Ahmed Merabet, Tignous, Wolinski, Honoré, Bernard Maris, Michel Renaud, Franck Brinsolaro, Frédéric Boisseau, et Elsa Cayat

Je ne partageais pas leur vision du monde. Ils étaient plus bêtes et méchants que drôles (sauf Wolinski que j'aimais bien). Mais aujourd'hui, je suis Charlie !

Ce n'est pas la liberté d'expression qui a été attaquée, mais une civilisation.

 

La solidarité:

du CNRS

http://www.cnrs.fr/

De l'Université Grenoble 1

https://www.ujf-grenoble.fr/actualites/2015-01-08/charlie-hebdo-liberte-attaquee

De l'INRA

http://institut.inra.fr/Reperes/Temps-forts/7-janvier-2015-Charlie-Hebdo-Deuil-national

The International Humanist and Ethical Union

IHEU statement on Charlie Hebdo attack

 

freedom of speech

juif-charliedrapeau francais

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 13:43

English version here (Greenpeace crying censorship? Please…)

 

Par Max Miller (trad. MK)


Une querelle au sujet d’une censure a éclaté entre Greenpeace et le gouvernement indien après que Ben Hargreaves, un représentant de Greenpeace, a été bloqué par des fonctionnaires de l'immigration à l'aéroport de Delhi et renvoyé au Royaume-Uni en dépit d'un visa en cours de validité. 

 

L'expulsion de Hargreaves fait suite à l'interdiction par le gouvernement indien en juin des transferts de dons de Greenpeace International à Greenpeace Inde. Cela est survenu après la fuite d’un rapport des services de renseignement indiens considérant Greenpeace comme «une menace pour la sécurité économique nationale», en estimant que ses campagnes de protestations contre les centrales nucléaires et au charbon auraient été à l'origine d'une réduction annuelle du PIB de l'Inde jusqu’à trois pour cent. 

 

Les responsables de Greenpeace sont furieux de ce qu'ils appellent une «répression systématique» de leurs activités en Inde. Samit Aich, directeur exécutif de Greenpeace Inde, a déclaré au Guardian : «Nous avons vu depuis quelques mois un clair mouvement visant à saboter le travail de Greenpeace en Inde par divers moyens ».

 

Alors que les actions du gouvernement sur les groupes qui sont en désaccord avec lui devraient être une préoccupation pour tous ceux qui chérissent la liberté d'expression, Greenpeace n’est pas le mieux placé pour se plaindre à ce sujet. Il a longtemps été connu pour son allergie au débat et sa propension à réduire au silence et à discréditer ses propres critiques plutôt que d'engager le dialogue avec eux. En février 2014, Greenpeace a lancé une pétition demandant au Premier ministre britannique David Cameron d’évincer son alors ministre de l'Environnement Owen Paterson, parce qu'il a questionné certaines allégations sur le changement climatique. En juillet, Greenpeace a été l'une des huit ONG, qui ont appelé le président élu de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à supprimer le rôle de conseiller scientifique en chef du président de la commission parce que le titulaire, Anne Glover, était un partisan des cultures génétiquement modifiées. 

 

Il est difficile de ne pas avoir quelque sympathie pour la position du gouvernement indien sur Greenpeace. Non seulement l'ONG s’évertue à contrecarrer le progrès industriel qui pourrait contribuer à sortir l’Inde de la pauvreté, mais elle reste aussi une institution non élue qui exerce pourtant une grande influence dans les affaires mondiales. Néanmoins, la censure n'est jamais la réponse à des problèmes politiques. Et c'est une leçon que Greenpeace, ainsi que le gouvernement indien, devraient apprendre.

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Lire aussi : Sauvez les baleines, oubliez les enfants

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