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  • : OGM : environnement, santé et politique
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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

Marcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus. Ses analyses n'engagent pas ses employeurs.

Dernier ouvrage:

Glyphosate, le bon grain et l'ivraie

 

Précédent : L'affaire Séralini: l'impasse d'une science militante

Autre ouvragecouv grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 21:01

On pensait le Sénateur Jean-François Le Grand définitivement décrédibilisé en matière d’OGM après son intrumentalisation, en janvier 2008, du Comité de Préfiguration de la Haute Autorité sur les biotechnologies (CPHA) qu'il présidait. Rappelons que JF Le Grand avait annoncé urbi et orbi, sur ordre du Ministère de l’Ecologie, que le CPHA avait conclu à des « doutes sérieux » sur les OGM.

Manœuvre dénoncée par 12 des 15 scientifiques du CPHA.

Arguments scientifiques réfutés lors d’un colloque

et par une analyse point par point par JB Bergé et A Ricroch (voir méta-analyses).

Rappelons aussi qu’il s’agissait pour le gouvernement français de fabriquer des justifications "scientifiques" à son interdiction de la culture des OGM accordée au lobby écologiste avant le début du Grenelle de l’Environnement.

                                           

doutes serieuxOn pensait la carrière "scientifique" de JF Le Grand compromise. Il n’en est rien. Il a repris du service comme coordinateur d’un rapport intitulé Organismes génétiquement modifiés : une solution d’avenir ? de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe.


Fini les arguments biaisés ? Apparemment pas, si l’on en juge par une première critique émanant du Comité Scientifique de l’AFBV...


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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 13:19

                                                                                                              uk-flagRead the English version

Les  pseudo-sciences (astrologie, médecines fantaisistes, paranormal, ufologie, etc) nuisent peut-être à l’image de la science, mais bien plus aux… croyants trop naïfs.

 

Au contraire, l’alterscience est une forme d’opposition à la science (lire une approche historique par Alexandre Moatti) : des personnes formées à la science mobilisent leurs connaissances en faveur de théories alternatives, de reconstruction de disciplines, à des fins idéologiques ou personnelles. Même seul contre tous, l’alterscientifique prétend avoir raison et éprouve un besoin éperdu de reconnaissance (fût-elle uniquement médiatique). Le livre Alterscience. Postures, dogmes, idéologies (Odile Jacob, 2013)


canada dryCa a la couleur de la science,

le gout de la science…

mais ce n’est pas de la science,


c'est la "science" Canada dry ou "science" parallèle.

 

 

La   "science" parallèle ne doit pas être confondue avec les pseudo-sciences. Elle est au service planifié d’un projet politique. Elle vise à remplacer les scientifiques, notamment pour l’évaluation des risques, par des "experts" médiatisés, sympathisants du projet politique. La "science" parallèle s’habille de termes valorisants, comme « science citoyenne »  ou «indépendante» , ou « lanceurs d’alerte » pour qualifier ses "experts" souvent autoproclamés, souvent alterscientifiques.

Lire aussi : Science contrôlée ou science parallèle : un nouveau phénomène de société, par Alain de Weck

Constatons que l’écologie politique a recours sur différentes thématiques (nucléaire civil, ondes électromagnétiques, chimie de synthèse et, bien sûr, OGM) à la stratégie de la "science" parallèle. Un contexte d’autant plus alarmant qu’il se trouve des gouvernements pour embrasser la cause de l’anti-science radicale...

NKM bise Bové

 

 

En 2008, quand la bise à NKM fut venue, les OGM se trouvèrent fort dépourvus... 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 13:00

drapeau francais                                                                                                                                  Accéder à la version française

Pseudo-sciences (astrology, false medicine, the paranormal, ufology, etc.) may harm the perception of science, but actually much more… naive believers.  

 

In contrast, alterscience is a form of opposition to science (read an historical approach [in French]): individuals with scientific education use their knowledge in favour of alternative theories, of reconstruction of disciplines, with ideological or personal goals.  Even when alone against the rest of the world, the alterscientist will insist that he is right; he feels a strong need of recognition (even if only by the media).

 

Parallel “science” should not be confused with pseudo-sciences: it is serving a political project in a predetermined manner. It aims to substitute scientists, especially for risk assessment, by mediatised “experts”, sympathetic to the political project. Parallel “science” likes to disguise itself with flattering terms such as “science in society” or “concerned” science; its self-proclaimed “experts”, often alterscientists, like to call themselves “whistle-blowers” or “independent”

Political ecology turns to the strategy of the parallel “science” on various themes (nuclear energy, electromagnetic waves, synthetic chemistry and, of course, GMOs). A context all the more alarming as certain governments actually embrace the cause of radical  anti-science ideology


NKM bise BovéIn 2008, French Minister of Ecology Nathalie Kosciusko-Morizet welcomes anti-globalization activist and serial destroyer of GMO trials José Bové

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 19:23

Un article par Hutchison et collaborateurs publié par la revue Science montre que les agriculteurs cultivant des maïs non-OGM dans le voisinage de maïs OGM de type Bt (protégés contre un insecte ravageur) ont bénéficié économiquement du déclin des populations de cet insecte, déclin que ces maïs Bt ont permis au niveau de larges régions des Etats-Unis.

Lire un résumé et des commentaires par A. Ricroch, JB. Bergé et M. Kuntz.

 

Personne n’avait prévu cet effet de la culture de ce type d’OGM. Un constat critique s'impose donc sur l’inanité d’une création du gouvernement français : le Comité « économique, éthique et social », qui devrait évaluer les avantages économiques d’un OGM avant que celui-ci soit autorisé. De plus, ce comité n'est pas composé d'économistes mais de représentants de différents lobbies : ses "recommandations" reflètent le rapport de force en son sein et non une évaluation digne de ce nom.

Ne vaudrait-il pas mieux reconnaître que ce Comité est un simple forum ? Plutôt que d'essayer d'imposer cette approche non-scientifique au niveau européen, sous prétexte "d'améliorer" les évaluations des OGM. En fait, il s'agit pour le gouvernement français, dans le cadre de sa politique anti-OGMde marginaliser l'évaluation scientifique qui ne va pas dans son sens

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 12:49

uk-flagThe new Commissioner for the Health and Consumers at the European Commission, Mr. John Dalli, has proposed (13 July, 2010) to give EU Member States the right to choose whether to cultivate GM-crops, using political and socio-economic reasons as the sole justification. This is in contradiction with EC Directive 2001/18/EC, which consequently would need to be amended.  In contrast, the scientific recommendations remain the domain of the European Food Safety Authority (EFSA). In exchange, Mr. Dalli hopes that Member states may be more favourably inclined to approve EFSA recommendations for imported GM-crops upon which European meat and poultry farmers depend. The initial reactions from all stakeholders, whether Member States, the biotechnology companies, European and US farmer associations, or the anti-GMO NGOs have been uniformly negative; though obviously not for the same reasons.

John Davison analyzes the motivations of the stakeholders and the difficulties foreseen for the EU.     Read the full-length text  

John Davison  John Davison was Directeur de Recherche at INRA-Versailles.

A previous article by J. Davison.   Other articles in English:

Anti-GMO vandalism against academic laboratories

"Hidden GMOs" : anti-GMO campaigners change target but not strategy 

How German and French governments have deliberately commissioned biased reports 

The circumstances surrounding the French Government’s decision to ban MON810 

 

drapeau francais Le Commissaire John Dalli propose la Non-coexistence des plantes OGM

Le nouveau Commissaire européen pour la santé et des consommateurs, M. John Dalli, a proposé en juillet 2010 de donner aux États membres le droit de choisir de cultiver ou non des OGM, en utilisant des raisons politiques et socio-économiques comme seule justification. Cela est en contradiction avec la Directive 2001/18/CE, qui par conséquent devrait être modifiée. En revanche, les recommandations scientifiques restent du domaine de l'Autorité de sécurité alimentaire européenne (EFSA). En échange, M. Dalli espère que les États membres seront plus favorablement disposés à approuver les recommandations de l'EFSA sur les OGM importés dont dépend la production européenne de viande et de volailles. Les premières réactions de toutes les parties-prenantes, que ce soit les États membres, les entreprises de biotechnologie européennes, les associations d'agriculteurs des États-Unis, ou les ONG anti-OGM, ont été uniformément négatives : bien évidemment pas pour les mêmes raisons.

John Davison analyse les motivations des parties-prenantes et les difficultés à venir pour l’UE.      Lire le texte complet.

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 10:35

drapeau francaisVandalisme contre la recherche sur les OGM en Europe

Plus de 70 actes de vandalisme contre des expériences de recherche publique sur des plantes génétiquement modifiées ont été répertoriés en Allemagne, au Royaume-Unis, en France et en Suisse. La plupart était des essais au champ destinés à tester la biosécurité des OGM. Ce site présente une liste détaillée de ces actes et cite des cas où la destruction a été accompagnée par d’autres dommages à des biens, des menaces ou des violences contre des personnes.   Lire la publication dans un journal scientifique.

A lire aussi :

N’ayant plus de cultures d’OGM a détruire en France, les anti-OGM se sont trouvé un nouvel ennemi : les « OGM cachés ».


sp-flagDestrucción de investigaciones de OMG en Europa

Alemania, el Reino Unido, Francia y Suiza han registrado más de 70 actos de vandalismo contra investigaciones académicas o gubernamentales relacionadas con los organismos modificados genéticamente (OMG). En la mayoría de los casos, se trataba de ensayos de campo diseñados para valorar la seguridad de los OMG. Este sitio internet presenta una lista detallada de estos actos de vandalismo, y cita algunos casos donde la destrucción fue acompañada de otros daños para la propiedad, amenazas o violencia contra las personas.

El autor es Dr. Marcel Kuntz, Director de Investigación del Centro Nacional de Estudios Científicos (CNRS) de Grenoble, en Francia. El CNRS es una organización de investigación financiada por el Gobierno, bajo la autoridad administrativa del Ministerio de Investigación francés.

                  Lista en Francés e Inglés

 

uk-flagGM Research Vandalized in Europe

Germany, the United Kingdom, France and Switzerland have experienced more than 70 acts of vandalism against academic or governmental research on genetically modified organisms (GMOs). Most of these were field tests designed to assess the safety of GMOs.

This web site provides a detailed list of these acts of vandalism and cites a few cases where the destruction was accompanied by other damage to property, threats or violence against persons. 

Read the publication in a scientific journal.

When there are no GMOs left to destroy, activists found themselves a new ennemy: "hidden GMOs".

The author, Dr. Marcel Kuntz, is Director of Research at Centre National de la Recherche Scientifique (National Center for Scientific Research) Grenoble, France. CNRS is a government-funded research organization, under the administrative authority of France's Ministry of Research.

 

                                              Other articles in English 

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 16:36

drapeau francais Lire la version française                 Read article on vandalism against academic GMO research

 

Having no GM crops or trials to destroy in France (since there are almost no GMO culture any longer in this country, apart from two small field trials), anti-GMO activists have found a new enemy: on Saturday July 24 2010 at Sorigny and St. Branchs (Indre-et-Loire, France), they vandalized plots of sunflowers they termed as « mutated » and herbicide tolerant. They are not GM, but opponents call them "hidden-GMOs" to continue to use the arguments successfully developed against GMOs and to mobilize their supporters.

 

What the anti-GMO activists are targeting now is mutagenesis use in plant breeding and, in particular, to produce herbicide resistance, such as those of Clearfield or Express Sun sunflower varieties (the former having actually been originally obtained by a spontaneous mutation).

 

Actually, the destruction at Sorigny concerned a high-oleic variety of sunflower. Oleic varieties do result from mutagenesis, and some are also used in organic farming. Therefore, if one follows the anti-GMO opponents’ rhetoric, it is ironic that organic farmers are using « hidden-GMOs »!

 

In requesting that "the regulation on ‘transgenic GMOs’ also applies to ‘GMOs’ obtained by mutagenesis, cell fusion or other manipulations of life", opponents who are basically radical anti-capitalists hope to achieve for the entire plant breeding industry, and consequently for all major agricultural crops, the same economic sabotage as the one which has been so successful against GMOs in Europe.

The argument is the same: « against the new seed privatization thatagain represents a strategy for corporate confiscation of life ». Despite being wrong, this rhetoric is highly efficient in mobilizing anti-capitalist protesters.

Similarly, claims of « unintended effects that can cause serious damage to health ... » are without factual basis, but aims to frighten consumers (who do not realize they have always eaten « mutants »...).

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 16:04

uk-flag Read the English version.

 

N’ayant plus de cultures d’OGM a détruire en France, les anti-OGM se sont trouvé un nouvel ennemi : des « faucheurs volontaires » ont coupé samedi 24 juillet 2010, à Sorigny et à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), des tournesols présentés comme « mutés » et tolérant des herbicides. Ils ne s’agit pas d’OGM, mais les opposants les appellent « OGM-cachés » pour continuer à exploiter l’argumentaire mis au point contre les OGM et mobiliser leurs sympathisants. 


Précisions sur les variétés améliorées par mutagénèse
Dans la nature, la mutation est un des moteurs de l'évolution et de la biodiversité. Elle constitue aussi une ressource indispensable pour la sélection dans laquelle les agriculteurs puis les sélectionneurs ont puisé pour des variétés améliorées.  
Le sélectionneur peut accélérer l’apparition de mutations et sélectionner le caractère recherché dans la descendance (on parle alors de mutagénèse).
A NOTER : la résistance aux herbicides imidazolinones chez le tournesol (appellation Clearfield), incriminées par les opposants, est en fait issue de mutation spontanée (apparue dans des repousses de tournesol). Les variétés ExpressSun, tolérant elles-aussi un herbicide, mais différent, sont issues de mutagénèse volontaire.
DE PLUS : les nouveaux tournesols herbicide-tolérants aident à combattre l'ambroisie, une plante extrêmement allergisante.
EN RESUME: Des centaines de variétés utilisées en agriculture conventionnelle et biologique sont soit directement issues de mutagénèse, soit possèdent dans leurs ancêtres des variétés ayant bénéficié de cette technique.   En savoir plus.        
Pourquoi la mutagénèse n'est pas de la transgénèse.        Ni OGM, ni cachés.
     La mutagénèse est bien exclue de la Directive européenne sur les OGM.         

A NOTER AUSSI : la destruction de Sorigny a en fait touché une variété 'oléique' riche en huile.  Les variétés oléiques, issues de mutagénèse, sont aussi utilisées en agriculture biologique !

 

En demandant « que la réglementation des OGM transgéniques s’applique aussi aux 'OGM' obtenus par mutagenèse, fusion cellulaire ou toute autre manipulation du vivant », les opposants, qui sont avant tout des anti-capitalistes radicaux, espèrent arriver, pour toute la sélection variétale, et par effet de cascade à toutes les grandes cultures agricoles, au même sabotage économique que celui qu’ils ont si bien réussi contre les OGM.

L’argumentaire est le même : contre la « nouvelle privatisation des semences qui représente encore une fois une stratégie de confiscation du vivant par les firmes ». C’est fallacieux (la mutagénèse est pratiquée de longue date et ne change pas les règles de reproduction des semences) mais possède un fort pouvoir de mobilisation chez les esprits protestataires anti-capitalistes.

La rhétorique sur des « effets non intentionnels susceptibles de provoquer des dommages importants à la santé…» est sans base factuelle, mais vise a effrayer le consommateur (qui ne sait pas qu’il mange des « mutants » depuis toujours...).

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 16:56

Pour être un bon animateur dans une campagne de déni de science, il faut suivre certaines règles ; on les voit à l’œuvre dans les débats sur les OGM, et dans d'autres. Les fausses nouvelles et autres mensonges se propagent comme des épidémies et deviennent rapidement endémiques.

  1. Affirmez d’abord qu’il existe une conspiration, puis ensuite que l’apparent consensus des milieux scientifiques est du à une collusion d’intérêts inavouables. Affirmer (aucune preuve n’est vraiment nécessaire) que les scientifiques concernés sont «vendus» à des firmes multinationales.

  2. Utilisez un panel d’experts qui confirme votre histoire. Peu importe qui sont ces gens, il suffit qu’ils aient fait preuve une fois dans leur vie d’une activité scientifique ou académique.

  3. Soyez attentifs à choisir toujours ce qui semble confirmer votre pensée et ignorez soigneusement le reste. Soyez ferme et insister toujours sur les mêmes histoires et anecdotes surtout si elles ont été infirmées entre temps.

  4. Formulez des standards impossibles à atteindre par vos adversaires. Dites que 10 ans de recherche sont insuffisants, qu’il en faudrait au moins 20 de plus.

  5. Utilisez sans vergogne des logiques tordues et assénez des généralités simplistes, des slogans.

  6. Cultivez systématiquement le doute. Faites ressortir la notion que les scientifiques sont divisés sur ce sujet et que toute décision politique favorable serait prématurée. Invoquez le «principe de précaution», personne ne sait ce que c’est.

Pour lire le texte original en entier, visitez l'excellent site suisse Marathon OGM 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 19:24

 

                                                                                          màj le 5 février 2018
Marc Fellous, en tant que représentant de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), était attaqué le 26 avril 2010 pour diffamation envers un fonctionnaire par un militant anti-OGM du Criigen, Gilles-Eric Séralini.  

 

Décryptage EXCLUSIF : les bisbilles du passé entre 2 anciens de la CGB !

 

Le procès a eu lieu le 23 novembre 2010. Le plaignant a obtenu gain de cause sur l’affirmation suivante de l’AFBV : « se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace ». Cela est jugé diffamatoire à l’égard de Séralini en raison de « l’imputation qui lui est faite d’avoir failli à son obligation de probité intellectuelle… » à cause de ce financement.   

A noter :

-le jugement permet aussi d’entrevoir les financements pléthoriques du Criigen (autres que Greenpeace),

-le financement par Carrefour (n° 2 mondial de la grande distribution, qui commercialise ses propres produits « sans OGM ») n’a pas été central dans les débats.

Pour le tribunal, Fellous a "manqué de prudence" en tenant de tels propos, autrement dit il n'a pas été très cohérent en tant que président d'une association qui se prétend scientifique... (fallait-il polémiquer ainsi sur Séralini ?).

La victoire de Séralini est cependant très relative, car le jugement réfute la diffamation concernant les phrases suivantes :

-« militant chercheur très controversé »,

-« marchands de peurs »,

-« organisations militantes »,

-« ses déclarations médiatiques sont systématiquement contestées par la communauté scientifique »,

cette émission méritait pour le moins un débat sérieux avec des scientifiques reconnus qui ne manquent pas dans notre pays ».

 

Ni le Criigen, ni l'AFBV n'ont publié les MOTIFS DU JUGEMENT rendu le 18 janvier 2011.

 

Après la victoire à la Pyrrhus de Séralini, la guérilla judiciaire continua :

« Le CRIIGEN et le Professeur Gilles-Eric SERALINI ont saisi, ce 20 mai 2011, Monsieur le Procureur de la République de Paris d’une plainte pour faux et usage de faux visant un document produit en justice par le Professeur Marc FELLOUS et l’AFBV ».  

Il s’agit en fait d’un soutien bien hasardeux demandé par M. Fellous à l'un de ses "amis" médecins qui se trouve aussi être membre du Criigen !!! La signature dudit "ami" ayant été ajoutée à une liste de soutiens lors du premier procès, dans des conditions que la justice devra clarifier (MàJ: Fellous a été relaxé en décembre 2017).

 

Ce mauvais vaudeville montre, s'il en était besoin, que nous ne sommes pas en présence d'une controverse scientifique. Ces dernières se règlent ni par des attaques sur l'indépendence ou non des personnes, ni par des tribunaux, des pétitions, ou dans la rue, mais par des résultats scientifiques supplémentaires convaincants (or les allégations du Criigen sont à l’évidence réfutées de manière récurrente).

 

Ernesto Bustamante, scientifique péruvien, risquait une lourde condamnation pour avoir émis une critique publique du travail d’Antonietta Guttierez qui a affirmé avoir détecté des traces de gènes de maïs GM au Pérou (où ces maïs n’ont pas d’autorisation). Une étude du National Institute for Agricultural Innovation (INIA) semble infirmer les affirmations de Guttierez.    Lire le communiqué.  

La 5ème Chambre de la Cour Supérieure de Justice de Lima a unanimement révoqué la sentence le 9 décembre 2010.

 

Aux Etats-Unis, la stratégie a déjà réussi dans 2 cas.

Des organisations écologistes ont exploité une loi sur l'environnement des années 70 (lire dans ce lien : The Environmental Impact Subterfuge) pour mettre en cause l'autorisation de cultures de  betteraves herbicide-tolérantes. Suite à cette plainte, le juge fédéral Jeffrey White a ordonné le 13 août 2010 la suspension de ces cultures GM  en estimant que le Ministère de l'Agriculture devait réaliser une étude environnementale plus complète (dénommé EIS).

S’engageant à réaliser cette étude (qui doit prendre 2 ans), le Ministère a envisagé des mesures intermédiaires qu’il estimait compatible avec la décision judiciaire. Il a notamment délivré un permis de culture pour ces betteraves sous conditions de ne pas les laisser fleurir.

Suite à une nouvelle plainte des lobbies écologistes, le juge a ordonné la destruction de parcelles (256 acres en Orégon et Arizona) de culture de betterave GM estimant qu'elles avaient été plantées illégalement. Un appel a été déposé.

 

Les démêlés judiciaires de la luzerne GM.

Un autre juge fédéral de Californie avait, en mai 2007, émis une injonction contre son autorisation, confirmée en appel en 2009, mais levée en 2010 par la Cour Suprême qui maintient néanmoins la nécessité de l’évaluation environnementale plus approfondie (EIS). Cette EIS a été publiée par le Ministère de l’Agriculture le 16 décembre 2010. Lire aussi la FAQ.

 

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