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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 06:40

Rappel du contexte

La publication de Séralini et collaborateurs en septembre 2012, accompagnée d’une opération médiatique de grande envergure, a suscité de nombreuses critiques, y compris de personnes qui n’étaient pas intervenues précédemment dans le débat sur les OGM et sans implication dans les biotechnologies. Après avoir publié les critiques et les réponses des auteurs, le journal Food and Chemical Toxicology (FCT) a logiquement retiré cette publication aux conclusions erronées quant à la toxicité du maïs génétiquement modifié NK603 et de l’herbicide associé.

Il n’est pas illégitime que Séralini et coll. republient leur étude retirée. La question qui se pose est double : a-t-il été tenu compte des critiques (ce qui serait une démarche normale en science) et le journal qui publie cette nouvelle version est-il crédible (ne pouvant ignorer les critiques formulées, un journal scientifique digne de ce nom doit veiller à ce que le processus de relecture soit approprié à cette situation).

 

 Lecture critique de la republication

Les auteurs ont essentiellement repris les mêmes conclusions déjà réfutées, en se contentant d’arguments verbaux pour noyer les critiques, sans prendre en compte celles qui sont fondamentales.

Nous prendrons ici uniquement l’exemple des tumeurs. La race de rats utilisée est sujette au développement spontané de tumeurs. Identifier dans un groupe de rats donné un nombre accru de tumeurs, dans un bruit de fond élevé, de manière statistiquement fiable, nécessite un nombre important d’individus. La présente republication est toujours déficiente sur ce point.

Ces tumeurs étaient l’élément le plus spectaculaire de l’opération médiatique menée par les auteurs. Il faut noter qu’ils ont montré des photographies de 3 rats : un rat ayant consommé l’OGM NK603, un autre ayant bu l’herbicide Roundup et un troisième ayant absorbé les deux. Contrairement à la démarche scientifique la plus élémentaire, il n’a pas été montré de rats contrôles (sans consommation de l’OGM ni de l’herbicide). Ces rats contrôles ne sont toujours pas montrés dans la republication (bien évidemment ces rats contrôles étaient porteurs des mêmes tumeurs). Nous sommes donc en présence d’une utilisation de l’image qui ne s’inscrit pas dans une démarche scientifique, mais dans une volonté de propagation d’une thèse (erronée). L’assemblage suivant (en forme de boutade) résume ce à quoi aurait pu resembler une présentation scientifiquement correcte, mais sans le même effet médiatique... 

toutes images de ses rats l'y nient

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réflexions critiques sur le journal

Cette republication parait dans Environmental Sciences Europe qui est un journal qui a l’habitude de publier des articles de militants anti-OGM.

 

Conclusions

Nous ne sommes pas ici dans une controverse scientifique. J’ai proposé dans mon dernier ouvrage de décrire ce phénomène nouveau par le terme de  "science" parallèle :

-  La mise en cause des OGM (et d’autres technologies) n'est pas basée sur des faits, mais sur des choix personnels.

-  La "science" parallèle est imperméable aux critiques du reste de la communauté scientifique (2 droites parallèles ne se rejoignent jamais). 

-  Seule compte la médiatisation de l'opération : il ne s'agit pas de convaincre les autres scientifiques, le but de toute publication scientifique traditionnelle. L’opération est d'autant plus efficace qu'elle s'approprie pour les non-initiés le prestige d'une démarche "scientifique".

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Published by Marcel Kuntz - dans Vérité ou Intox
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commentaires

les bons de remises 29/08/2014 16:29

grand effort fourni pour ce travail , je vous remercier affinement

Astre Noir 26/08/2014 15:33

Il me semble bien que la 4ème photo n'est rien d'autre que la 1ère, mais à l'envers...

Karg se 09/07/2014 15:39

"La plus grande puissance du test est observée avec une fréquence de base à 50%. Le B-A BA des mathématiques" Non, il faut être complétement débile pour écrire ça. Ce qui compte c'est la
variabilité du chiffre. Si c'est 50% mais avec un écart type de 25%, c'est inexploitable. Hors c'est justement ça le problème de l'étude de GES, le risque de cancer, pour un lot de dix rat, varie
de 30 à 90%. A partir de là on ne peut rien en tirer, sauf quand on est un fanatique comme vous.

Karg se 09/07/2014 15:36

@Adrien: soit vous êtes totalement débile, soit vous n'avez pas lu les travaux de Séralini, soit vous n'avez jamais calculé un intervalle de confiance de votre vie. On ne peut rien tirer des
données de cette expérience, aucun résultat ne passe à travers le moindre filtre mathématique. Un vrai produit cancérigène c'est 100% des rats malades en 16 semaines.

ses rats l'y nient 27/06/2014 13:37

Et dire qu'il n'y a pas eu un seul journaliste pour s'apercevoir qu'il manquait une photo indispensable : le rat contrôle. Cela en dit long sur leur inculture scientifique !!

Hervé Martin 27/06/2014 13:23

Si Séralini avait voulu être déontologiquement correct, il aurait du montrer un rat contrôle. Mais là l'image qu'il veut propager s'écroule car les rats contrôles ont aussi des grosses tumeurs.
Il aurait pu montrer un rat contrôle sans tumeurs. Mais là cela devenait de la fraude. Comme il est très malin, il a évité.
Il a donc choisi de ne pas montrer du tout de rat contrôle.

Autre problème déontologique ? N'est ce pas éthiquement condamnable de laisser souffrir les rats jusqu'à ce stade ? Une fois que la tumeur (encore petite) est comptabilisée, il n'y a pas de raison
de ne pas euthanasier les rats. Mais là encore, des photos de petites tumeurs, cela ne fait pas une image choc.

Adrien 26/06/2014 02:21

contrairement à ce qui est affirmé ici, la republication s'accompagne notamment d'une nouvelle analyse statistique, qui démontre définitivement avec de nouveaux tests que la différence entre le
nombre de tumeurs des rats sans et avec OGM est bien significative.
Par ailleurs, Mr Kuntz continue à affirmer que la race de rats choisie n'est pas la bonne. L'équipe Séralini détruit complètement cette analyse avec plusieurs arguments (à voir dans l'étude et son
matériel). En résumé, tout le monde utilise ces rats, y compris Monsanto, et prouver un risque de tumeur avec des animaux résistants aux tumeurs est quasi impossible. C'est comme ça qu'on fait
quand on veut être certain de ne pas trouver de problème.
En réalité, quand on fait des travaux scientifiques, on cherche un groupe témoin qui présente la pathologie étudiée dans la moitié des cas. C'est ainsi qu'on prouve le plus facilement une
amélioration ou une aggravation de la pathologie par le toxique ou le médicament étudié, parce que ce qu'on cherche, c'est un risque relatif, et non un risque absolu. Énoncer " Identifier dans un
groupe de rats donné un nombre accru de tumeurs, dans un bruit de fond élevé, de manière statistiquement fiable, nécessite un nombre important d’individus." est tout simplement mathématiquement
faux. C'est le contraire qu'on enseigne dès le premier mois de statistique appliquée aux essais thérapeutiques. Il ne s'agit pas d'un bruit de fond, il s'agit d'une moyenne sur laquelle on
cherchera une variation significative. La plus grande puissance du test est observée avec une fréquence de base à 50%. Le B-A BA des mathématiques.

Un excellent argument n'a cependant pas été cité par Séralini : c'est l'histoire du Virus SV40 : pendant des années, certains fabricants d'un vaccin contre la polio ont produit un vaccin contaminé
par un virus cancérigène, parce qu'ils testaient leur fabrication sur le macaque, naturellement résistant au SV40 ! C'est en faisant les test sur un animal sensible que le problème a été mis en
évidence :
cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Virus_simien_40

Marcel Kuntz 27/06/2014 12:47



Bel effort rhétorique pour tenter de défendre l'indéfendable, Adrien ! Vous devriez faire de la politique !