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  • : OGM : environnement, santé et politique
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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 14:18

uk-flagSee English version below,with updates at the bottom of page

 

Voir les commentaires (bas de page) et une analyse du rapport par un agronome

Mise à jour:  l'analyse de l'institut belge VIB

drapeau francaisL'Agence européenne pour l'environnement (AEE) a rendu public le 23 janvier 2013 un rapport intitulé « Late lessons from early warnings: science, precaution, innovation » sensé illustrer les dommages et les coûts induits par un mauvais usage du principe de précaution, ou par le fait de le négliger.


Un thème éminemment politique, qui se situe sur un terrain différent de l’évaluation scientifique des risques, mission dévolue à d’autres agences, comme par l’exemple l’EFSA.

En effet, la mission de l’AEE est, en principe, de fournir des « informations […] conçues pour aider les décideurs politiques dans divers domaines à prendre des décisions politiques saines et cohérentes en matière d'environnement. Pour y arriver, l'AEE travaille en étroite collaboration avec les institutions de l'UE, à savoir la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil des ministres ».


Connaissant les diverses interprétations du principe de précaution, d’une logique d’action à une logique d’opportunisme politique, on pouvait s’interroger sur la manière dont l’AEE allait aborder la question…

 

Examinons le chapitre consacré aux OGM dans la partie C « « Emerging issues », chapitre 19 « Hungry for innovation: pathways from GM crops to agroecology ».

 

Quelques exemples:

 

-page 490, on lit « Further, indications of harm stemming from the widespread and intensive use of glyphosate for the environment and human health has been documented in the scientific literature and remains a concern ». Sur quoi sont basées ces affirmations? Les références sont « Greenpeace 2009 » et . . . « Séralini 2012 », c’est-à-dire la fameuse “étude-choc” du Criigen, réfutée par la communauté scientifique ! Voir les diverses réfutations.

-page 501, on lit : « Currently, no regulatory framework requires mandatory toxicity or allergenicity testing from the consumption (or inhalation) of GM crops or their products ».
Il est donc insinué (en jouant sur les mots: il n’y aurait pas de cadre réglementaire) qu’il n’y a pas d’évaluation des risques toxicologique ou d’allergénicité liés à la consommation d’OGM, ce qui est bien sûr faux. Accéder à des références.

La référence citée (Kroghsbo 2008) est ici détournée de son sens : elle ne montre pas de réaction allergénique chez des rats suite à la consommation d’un riz produisant la protéine insecticide Cry1Ab (largement commercialisée).

 

-toujours page 501, suivent des arguments tout aussi biaisés : « Commonly, only 90-day (usually rat) feeding trials are conducted and conclusions of long-term risk are based on these short-term tests, despite their critical deficiencies in revealing sub-chronic and chronic effect». Avec comme référence 2 publications du Criigen !  Et dans la phrase suivante est citée encore la publication réfutée  de Séralini 2012.

Aucune mention de la synthèse des études à long-terme qui ont été menées (Snell et coll. 2012), ni de leur mise à jour par A. Ricroch. 

 Sans faire une analyse exhaustive du rapport, on peut ainsi constater une utilisation sélective et biaisée des références scientifiques (beaucoup de références émanent des lobbies anti-OGM et non pas des auteurs les plus reconnus).

 

Une liste d'auteurs très orientée

Comment cela s’explique t-il ? La réponse est dans la liste des 5 auteurs, tous liés au GenØk, une organisation anti-OGM norvégienne (l’équivalent du Criigen dans ce pays) :

David Quist,  “Scientist/Adviser” au GenØk

Jack A. Heinemann senior adjunct professor of gene ecology” au GenØk. Voir aussi.

Anne Ingeborg Myhr  “acting director” du GenØk

Iulie Aslaksen  aussi lié au GenØk, invité par le Criigen:

Silvio Funtowicz, un théoricien du postmodernisme, employé par le (respectable) Joint Research Center de la Commission européenne ; Funtowicz a de nombreux liens avec le GenØk ou son fondateur Terje Traavik. Voir par exemple. Il a rédigé un avant-propos pour un livre de Kamilla Lein Kjølberg et Fern Wickson. Cette dernière est “scientist” au GenØk. 

 

Les titres en apparence scientifiques des militants du GenØk ne doivent pas surprendre, l’organisme pratique lui-aussi la scienceparallèle de l’écologie politique.

 

Conclusions

L’AEE a, dans ce rapport, failli à sa mission de fournir des informations « saines et cohérentes ».

Ce rapport, noyauté par des militants de l’écologie politique, rejoint ainsi le rapport de l’International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development (IAASTD) comme un exemple de détournement d’une organisation internationale vers la “science” parallèle.

 

L’intérêt pour l’écologie politique est clair : citer chaque fois que possible ces rapports - qu’ils ont inspirés - comme une référence validant leurs thèses.

 

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A European Environment Agency report infiltrated by 'green' ideology


The European Environment Agency (EEA) released on January 23, 2013 a report entitled “Late lessons from early warnings: science, precaution, innovation” which was supposed to illustrate “how damaging and costly the misuse or neglect of the precautionary principle can be”.


This is obviously a highly political issue, differing from a scientific risk assessment which is undertaken by other agencies, for example the EFSA.

Indeed, the mission of the EEA is, in principle, to “provide sound, independent information on the environment”, in order to help the Community and member countries make informed decisions about improving the environment, integrating environmental considerations into economic policies and moving towards sustainability”.  

 

Knowing that the precautionary principle is subjected to various interpretations, it is interesting to examine how the EEA would address the issue ...

 

Some examples taken from the chapter on GMOs in Part C  “Emerging issues”, Chapter 19 “Hungry for innovation: pathways from GM crops to agroecology”.

-Page 490, it is said: "Further, indications of harm stemming from the widespread and intensive use of glyphosate for the environment and human health has been documented in the scientific literature and remains a concern". What are these claims based on? The references are "Greenpeace 2009" and... "Séralini 2012", that is to say the famous September 2012 study by Criigen, refuted by the scientific community! See the various rebuttals.


-Page 501, it is said: "
Currently, no regulatory framework requires mandatory toxicity or allergenicity testing from the consumption (or inhalation) of GM crops or their products ". Playing on words (there would be no regulatory framework) It is insinuated that there is no risk assessment for toxicity or allergenicity associated with the consumption of GMOs, which is of course untrue .

The meaning of the cited reference (Kroghsbo 2008) is falsely presented: it does not show allergenic reaction in rats after consumption of rice producing the (widely marketed) Cry1Ab insecticidal protein.

-Still on page 501, an equally biased argument follows: "Commonly, only 90-day (usually rat) feeding trials are conducted and conclusions of long-term risk are based on these short-term tests, despite their critical deficiencies in revealing sub-chronic and chronic effect". The references are 2 publications from Séralini/Criigen! And the reference of the following sentence is again the refuted publication by Séralini (2012).

    No mention of the review of long-term feeding studies published by Snell et al. (2012), nor of its recent    uptade by A. Ricroch.

 

Thus, it can be concluded that the GMO chapter of this report uses a selective and biased list of scientific references (many references come from the anti-GMO lobbies and not the most recognized authors).

 

A highly confined list of authors
How can one explain such a biased report? The answer lies in the list of the five authors, all related to GenØk, an Norwegian anti-GMO organisation (equivalent to Criigen in this country):


David Quist, "Scientist / Adviser" at GenØk
Jack A. Heinemann, "senior adjunct professor of gene ecology" at GenØk. See also.
Anne Ingeborg Myhr "acting director" at GenØk
Iulie Aslaksen also linked to GenØk, invited by Criigen.
Silvio Funtowicz is a theorician of postmodernism, employed by the (respectable) Joint Research Center of the European Commission; Funtowicz has many links with the GenØk or its founder Terje Traavik. See, an example. He wrote a foreword to a book
by Kamilla Lein and Fern Wickson Kjølberg. The latter is "scientist" at GenØk.

The seemingly scientific titles of these activists should not surprise anybody since GenØk practices a parallel "science" created by the political ecologist movement.


Conclusions
The EEA, in this report, failed in its alleged mission to provide “
sound, independent” information.

Like the International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development (IAASTD) report, this report provides an example of an international organization infiltrated by green activists, and its reorientation towards an ideologically-compatible parallel  "science".

 

The interest for political ecology is obvious: whenever possible they will cite this report as a reference validating their claims. 

 

See also these comments (English version) by a French agronomist,

and an analysis by the Belgian institut VIB

 

LATEST NEWS:

 

My question to European Commission/ENV.F.4/Chief Scientist, Research and Innovation:

"Regarding the section on GMOs, can you explain to me what is the  interest for the European tax-payers, who sponsored this report, to  receive a report which does not present facts but the ideological  belief of the Green lobby (we knew before that they are opposed to  GMOs and they already received quite a lot of European money to  express their views!)"

 

Reply from ENV.F.4/Chief Scientist, Research and Innovation:

"The European Environment Agency is a decentralised autonomous agency of the European Union, whose role in developing the knowledge base for environment policy includes fostering open debates such as the one which is the basis of the Report in question.

Where this Report is concerned, the case study topics and the authors were selected independently (as indicated in the acknowledgement section of the report) and each case study was peer-reviewed by experts in the various fields.

I can only reiterate that the EEA Report contained a series of chapters authored by independent authors and that none of the Report represents an EU policy position on any of the issues covered."

 

My additional comments:

If these authors had been selected ‘independently’, one would not end up with 5 authors from the same anti-GMO organization!


If a proper peer-review process had been applied, this GMO section would have been rejected because it is making false claims. Therefore, these ‘experts’ were chosen in a manner which is just as  independent’ as the choice of authors!

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Published by Marcel Kuntz - dans Vérité ou Intox
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commentaires

free cloud storage 21/01/2014 07:22

This is a serious article, and I would like more information if you have any.Because spying on a classified administrative affairs is a serious felony. I am intrigued with this topic and your post
has been one of the best I have read

ConradMayhew 27/01/2013 13:32

Merci pour ces informations sur les auteurs de la section OGM du rapport. J'ai de mon côté parcouru une autre section du rapport, celle consacrée à Tchernobyl, où je connais pas trop mal la
littérature.
Au final, on y trouve de même de très nombreux biais de présentation : alors que les effets sanitaires de Tchernobyl sont très controversés, le rapport met systématiquement en avant les travaux et
les thèses les plus alarmistes (possiblement vrais mais qui ne font pas encore l'objet d'aucun consensus) sans jamais mettre en regard les critiques ou points de vue qui contredisent ces
thèses.
J'ai donné un exemple (parmi beaucoup d'autres) ici:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Organisme_g%C3%A9n%C3%A9tiquement_modifi%C3%A9#Sur_le_rapport_de_l.27Agence_europ.C3.A9enne_pour_l.27environnement
Bref, on a juste un rapport Greenpeace de plus, mais estampillé "Agence Européenne"

. 26/01/2013 20:12

Un autre exemple de présentation erronnée se trouve page 501 : "Often there is a provision to keep secret information that the developer claims is of proprietary value. When regulators agree to
keep some information in the risk assessment confidential, review or reproduce the study by independent scientists is prevented (Fontanarosa, 2005). Transparency is a fundamental principle of good
science reporting and practice but lacking in many risk assessments (AHTEG, 2012)."

Une tactique classique (théorie du complot) des anti-OGM est de faire croire que les dossiers d’évaluation sont secrets. En fait, ils ont été confidentiels (à l’usage des agences publiques
d’évaluation), mais ce temps est révolu puisque il suffit de les demander (à l’EFSA) pour les obtenir. Les 2 publications citées n’ont rien à voir avec ces faits.
L’EFSA vient d’annoncer une « initiative majeure destinée à faciliter l'accès aux données pour renforcer la transparence dans l'évaluation des risques. Ce programme se penchera […] sur la façon et
la mesure dans laquelle les données techniques utilisées dans les évaluations des risques pourraient être mises plus largement à la disposition de la communauté scientifique et des parties
intéressées au sens large ».
http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/130114.htm

. 26/01/2013 19:51

Autres preuves du caractère biaisé du rapport:
page 500: “The benefits and harms of GM crops are still being verified, despite there being science-based calls for greater scrutiny concerning the release of genetically engineered organisms from
early on in the US FDA (5) (Drucker, 2012) and elsewhere(Traavik, 1999). The literature is accumulating indicators both of inflated benefit claims and of evidence of adverse effects(Bøhn, 2008;
Botta, 2011; Hilbeck, 2012; Jost, 2008; Mesnage,
2012; Rosi-Marshall, 2007; Service, 2007). The benefits that may have been overstated are the reduction in pesticide use (Service, 2007), the reduced use of more toxic pesticides (Mesnage, 2012;
Séralini, 2009), higher yields (Gurian-Sherman, 2009) and farmer income (Jost, 2008).”

A noter que Traavik est au Genok, Bøhn c’est aussi le Genok, Menage 2012 c’est le Criigen, Hilbeck est aussi membre du Criigen, Gurian-Sherman c’est l’Union of Concerned Scientists, une
organisation anti-OGM, Drucker est aussi un anti-OGM. Rosi-Marshall 2007 c’est un article sur de soi-disant effets des PGM sur des organismes aquatiques EN LABORATOIRE, infirmés sur le terrain,
mais ce rapport oublie les autres publications (voir http://www.marcel-kuntz-ogm.fr/article-aquatique-58010634.html).

Ne sont pas cités les articles favorables aux PGM. On peut ainsi citer 2 articles récents :
The global, environmental and economic impact of biotech crops 1996-2010, par G. Brookes et P. Barfoot,
World Agriculture vol. 3(2).
http://www.world-agriculture.net/article/58/The-global-environmental-and-economic-impact-of-biotech-crops-1996-2010
GM crops, developing countries and food security, F. Areal et coll. World Agriculture vol. 3(2)
http://www.world-agriculture.net/article/55/GM-crops-developing-countries-and-food-security

- 26/01/2013 18:00

page 496: "Among the GM-adopting farmers are usually large-scale commodity growers that cultivate monocultures (e.g. soybeans in Argentina) or are in two-crop rotations (e.g. maize/soy in the US
Midwest)"

Le rapport de l'AEE ignore que parmi les 16 millions d'agriculteurs utilisant des PGM dans le monde sont à 75 % sont des "poor farmers (low-income)".

page 497 : "Advocates for or against these technologies
often are distinguished by their beliefs on whether
it is genes or the environment that is the right
substrate to manipulate to improve agriculture."

Le rapport de l'AEE ignore que pour la résistance à certains insectes, il n'y a que la transgenèse (utilisant des gènes cry ou vip)qui fournit des solutions efficaces, tout en ayant moins d'impact
sur l'environnement que les insecticids chimiques.