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Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 13:40

Le gouvernement de Nicolas Sarkozy vient d'envoyer à la Commission européenne une notification (mesure d'urgence) pour interdire la culture du maïs MON810.

Le gouvernement avait vu sa précédente clause de sauvegarde annulée par la Cour de Justice de l’Union Européenne, puis par le Conseil d’Etat. Plutôt que de s’en tenir aux faits, qui ne justifient pas une telle interdiction d’urgence, le gouvernement a d’abord annoncé qu’il entendait poursuivre l’interdiction, puis s’est mis à chercher des justifications… Chacun appréciera l’honnêteté intellectuelle et la probité scientifique d’une telle démarche…


Analyse point par point des arguments pour une mesure d'urgence (MU) du 20 février 2012

L’avis de EFSA (AESA) sur le maïs Bt11

MU : « Contrairement à ses conclusions passées sur le Bt11 ou le MON810, l'AESA souligne dans son nouvel avis, rendu sur la base de ses nouvelles lignes directrices pour l'évaluation publiées en 2010, l'existence de risques environnementaux liés à la culture de ces OGM ».

En fait, l’EFSA dit :

« The EFSA GMO Panel concludes that, subject to appropriate risk management measures, maize Bt11 cultivation is unlikely to raise additional safety concerns for the environment compared to conventional maize ».

 MU : « l’apparition de résistances à la toxine Cry1Ab dans les populations de lépidoptères cibles exposées, qui peut entraîner l’adoption de techniques de lutte contre les ravageurs (par exemple, insecticides) ayant un impact environnemental plus élevé »

 En fait l’EFSA ne justifie aucune interdiction mais formule des recommandations (classiques) concernant une méthode de gestion de ce risque :

« The EFSA GMO Panel reiterates its earlier recommendation that appropriate insect resistance management (IRM) strategies relying on the ‘high dose/refuge’ strategy should be employed, in order to delay the potential evolution of resistance to the Cry1Ab protein in lepidopteran target pests ». 

MU : « des réductions de populations de certaines espèces de lépidoptères non-cibles sensibles »,

En fait, l’EFSA dit que seul 1% des espèces de papillons sont concernées, de manière hypothétique :

« the amounts of maize Bt11 pollen grains found in and around maize fields are unlikely to adversely affect a significant proportion of non-target lepidopteran larvae, except for local populations of lepidopteran species with such hypothetical high sensitivities to the Cry1Ab protein that they comprise just 1% of the total species at risk ».

Là aussi, l’EFSA ne justifie aucune interdiction mais formule des recommandations de gestion de ce risque : 

« the EFSA GMO Panel considers that the risks identified during the ERA require management and recommends that appropriate risk mitigation measures be adopted, wherever it is necessary. As an example, if considered proportionate, the planting of border rows of non-Bt-maize adjacent to uncultivated margins of maize Bt11 fields, would limit the exposure of those larvae feeding on host-plants present within maize field marings and also would contribute to the required percentage of non-Bt-maize necessary to constitute refuge areas for lepidopteran target pests in the framework of IRM. Another example is the establishment of isolation distance to lepidopteran species of conservation concern in protected habitats according to Directive 2004/35/EC ».

 

Il faut noter que de telles zones non-Bt existent de fait si on applique la stratégie des zones refuges (recommandée de toutes façons) ainsi que l’arrêté sur la coexistence édicté par le gouvernement français et qui prévoit des rangées de maïs non-Bt en bordure des parcelles Bt.

Il faut de plus noter cette précision de l’EFSA, qui s’applique à la situation française en cas de culture Bt, où ces mesures ne sont donc pas nécessaires (car peu de cultures Bt):

« If maize Bt11 (and/or maize MON 810) cultivation remains below 7.5% of the regional Agricultural Unit of Account, the global mortality is predicted to remain below 1%, even for ‘extremely sensitive’ species, and then risk mitigation measures using non-Bt-maize border rows are not required ».

 

EN CONCLUSION, l’affirmation suivante de la MU « Compte-tenu de l’urgence et du fait que le MON810 est susceptible de présenter un risque grave pour l'environnement » N’A AUCUNE BASE SCIENTIFIQUE VALIDE.

 

L’impact des cultures de MON810 sur les organismes non-cibles aquatiques

La MU citent plusieurs études qui montreraient un tel impact.

 

Tank et al. (2010)

MU : « L’étude conduite par Tank et al. (2010) aux Etats-Unis montre que des fragments de maïs peuvent être dispersés par les cours d’eau et que la toxine Cry1Ab pourraient se retrouver, plus fréquemment que ce qui avait été reconnu précédemment, dans les cours d’eau drainant les zones de production de maïs ».

Les faits : Tank et al. mesurent les quantités de protéine Cry1Ab présente dans les environnements aquatiques aux Etats-Unis (pays où les cultures Bt sont très importantes), mais n’en tirent aucune conclusion quant à une menace pour l’environnement.

 

Chambers et al. (2010)

MU : « Une autre étude conduite par Chambers et al. (2010) met en évidence des effets négatifs sur la croissance de certains organismes aquatiques de la famille des trichoptères »

 En fait, ces effets ne sont observés que lors de gavage en laboratoire, pas en milieu naturel. La conclusion de Chambers et al. : « Our in situ findings did not support our laboratory results ».

 

Jensen et al. 2010 

MU : « Jensen et al. (2010) ont également mis en évidence des effets négatifs du maïs Bt sur la croissance et la survie de certains invertébrés non-cibles tels que les isopodes et les tipules, qui se nourrissant de débris végétaux dans les cours d’eau ».

 La conclusion de l’article est toute différente :

« Overall, our results provide evidence that adverse effects to aquatic nontarget shredders involve complex interactions arising from plant genetics and environment that cannot be ascribed to the presence of Cry1Ab proteins ».

 

En fait, la question de l’impact sur les organismes aquatiques a fait l’objet d’un article de revue récent, par Carstens et al. Transgenic Research (sous presse)

que le texte de la MU ne cite pas…

« Based on exposure estimates, shredders were identified as the functional group most likely to be exposed to insecticidal proteins. However, even using worst-case assumptions, the exposure of shredders to Bt maize was low and studies supporting the current riskassessments were deemed adequate ».

 

EN CONCLUSION, les allégations de la notification du gouvernement français sur des EFFETS DES CULTURES Bt SUR DES ORGANISMES AQUATIQUES N’ONT AUCUNE BASE SCIENTIFIQUE VALIDE.

à suivre...

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