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  • : OGM : environnement, santé et politique
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Introduction

Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 14:41

Sous cette forme, la question n'a aucun sens : un OGM est un organisme, et en l'occurrence une plante (PGM). Comme chacun sait, il n'y a pas de plante dans le lait ou dans la viande, même si l'animal qui les a produits a mangé des plantes.


La seule question pertinente pour le consommateur est : y a-t-il une différence pour la consommation humaine entre un aliment dérivé d'un animal nourri lui-même avec des aliments dérivés de PGM (soja, maïs ou colza) et un aliment équivalent dérivé d'un animal nourri avec des plantes conventionnelles ?


Il convient de garder en mémoire que toute la procédure de sélection d'une lignée de PGM, jusqu'à son autorisation de mise sur le marché, est basée sur sa comparaison avec une lignée conventionnelle connue, et notamment sur l'estimation de son équivalence en termes de qualité nutritionnelle et toxicologique. Si les aliments (PGM et conventionnel) sont équivalents, alors il est improbable qu'un animal consommant des aliments dérivés de PGM présente ensuite des qualités nutritionnelles différentes. Effectivement, il existe plus de 100 études dites nutritionnelles sur animaux de ferme qui toutes concluent à l’absence d’effet des aliments dérivés de PGM en comparaison avec des aliments dérivés des plantes conventionnelles de référence.

Lire l'article de synthèse de Gerhard Flachowsky (mars 2007)


Il existe cependant des différences détectables entre PGM et plantes conventionnelles : 1 (ou 2) gène(s) supplémentaire(s) (cet ADN est appelé transgène) qui permet(tent) à la plante de synthétiser 1 (ou 2) protéine(s) additionnelle(s) (une plante possède déjà environ 30 000 gènes).


A noter que l’ADN est un composé normal des aliments (un homme consomme entre 0,1 et 1 g d’ADN par jour, une vache 40 à 60 g). Dans cette ration, le transgène des PGM représente environ 0,005 % de l’ADN alimentaire total (si l’individu consomme 50 % de PGM dans son alimentation).

Cet ADN, ou la protéine correspondante, représente la seule possibilité de différencier un aliment végétal dérivé de PGM d'un aliment dérivé de plantes conventionnelles. Pouvoir différencier un animal nourri de PGM d'un autre supposerait que soit le transgène de la PGM, soit la protéine correspondante, puisse être détecté dans l'animal. Or les animaux, comme l'homme, dégradent l'ADN et les protéines alimentaires.


Cependant, sachant que nous disposons aujourd'hui de méthodes de détection extrêmement sensibles, des traces de cet ADN (ou de la protéine) peuvent-ils encore être détectées, après digestion, dans l'animal nourri de PGM ?

De manière générale, la réponse est non.


La digestion de l’ADN et des protéines est initiée dans l'estomac (dans le rumen chez les ruminants). Elle se poursuit dans les intestins. Une fraction des fragments d'ADN digéré peut franchir la barrière intestinale puis continue à être digérée jusqu'à disparition complète.

Un article de synthèse de TW Alexander et collaborateurs (2007). Résumé en français.

L’avis de l’EFSA en bref et en détails


Les résultats les plus récents concernant le lait.

Une étude par Agodi et coll. (2006) a détecté des petits fragments d'un tel ADN dans le lait de vache, mais cela a été interprété par les auteurs comme des contaminants extérieurs lors de la récolte du lait (pouvant émaner d'aliments dérivés de PGM ou de bactéries possédant naturellement ce gène).

Une étude de Tudisco et coll. (2010) portant sur des chèvres rapporte la détection de fragment de transgènes de soja dans le sang et le lait, ainsi que dans différents organes de chevreaux nourris uniquement de lait maternel, ce qui est a priori surprenant (le lait maternel ne contenant que des traces de transgène, il est étonnant qu’ils subsistent dans le chevreau…).

Une étude de Guertler et coll. (2009) n’a trouvé ni l’ADN du transgène d’un maïs insecte-résistant, ni la protéine insecticide, dans aucun des échantillons de lait de vache analysés. Ce que le même groupe a confirmé en 2010 pour le lait, le sang et l’urine de vaches nourris pendant 25 mois de ce maïs GM. Lire aussi.

 

Les résultats les plus récents concernant le sang.

Paul et coll. (2008) n’ont pas détecté la protéine insecticide de maïs insecte-résistants dans le sang de vaches. De même, Bertheau et coll. (2009) n’y ont détecté ni la protéine, ni l’ADN du transgène. Sur les travaux de l'INRA : lire.

 

nourris sans OGMEn conclusion : il n’existe aujourd’hui aucune méthode de détection qui puisse, de manière routinière, fiable et a posteriori, vérifier la sincérité des allégations commerciales (notamment d’enseignes de grande distribution comme Carrefour) quant à des produits alimentaires qui proviendraient d’animaux « nourris sans OGM ».


En l’état des connaissances, cette conclusion peut être étendue à d’autres animaux.

Chez le poulet, Rehout et coll. (2008) rapportent  la détection dans 3 échantillons de foie d’ADN d’un transgène de soja (mais pas de maïs), mais sans pouvoir le confirmer en répétant l’expérience. Swiatkiewicz et coll. 2010 n’ont pas détecté de fragment de transgène dans le sang, organes internes ou œufs de poules. Chez le lapin, la détection de fragments d’ADN alimentaire n’a pas été possible (hors cas particulier). Chez les poissons, certaines études, mais pas toutes, ont détecté des traces de petits fragments de transgènes de PGM ayant passé la barrière intestinale, mais leur présence n’est pas durable.

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commentaires

Stéphane Adrover 23/06/2011 18:11


Bonjour,
on m'a signalé à ce sujet une interview de Robert Bellé dans Paris Match :
http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/OGM-du-poison-dans-nos-assiettes-305481/

tout y passe, le prion, les protéïnes indésirables...
et pour la cerise sur le gateau : "En revanche, quand on achète de la viande ou des produits laitiers, c’est l’animal (sauf rares exceptions) qui a consommé des OGM. On peut retrouver alors des
protéines indésirables dans nos assiettes. Sans le savoir. "...


Marcel Kuntz 23/06/2011 21:00



La journaliste Caroline Fontaine affiche un titre mensonger : tout est permis pour faire monter le tirage, ce n'est pas nouveau. Robert Bellé raconte n'importe quoi : tout est permis aussi pour
les scientifiques en mal de notoriété. Il faut placer cela dans le contexte de la France de M. Sarkozy où le Ministère de l'Ecologie téléguide la propagande anti-OGM. Pourquoi se gèner donc. Pas
d'éthique au plus au niveau de l'Etat, pas d'éthique chez les opportunistes.



fabianek francois 26/11/2010 15:15


Ah! quel bonheur pouvoir enfin lire sur la toile quelque chose de sensé sur un sujet aussi important. Bravo pour cette bonne initiative, car le blog est, d'une manière générale, très accessible au
grand public. Et quelle bonne chose qu'un journal de vulgarisation scientifique, tel que Science et Vie, vous appuie sur ce coup. Il est en revanche un peu dommage que vous ne soyez pas plus
souvent présent sous les sacro-saints plateaux de télévision aux heures de grande écoute. Il est grand temps que toute cette mascarade autour des OGM(s) cesse. La recherche souffre de cette image
réfractaire. Ce changement qui ne serait tardé, est primordial pour notre crédibilité sur le plan international. Bref, continuez à faire du bon boulot.


Daniel 08/11/2010 18:27


Juste une question:
Au vu de la longueur des chaines ADN comment faire la distinction entre un polynucléotide d'origine OGM (dans le lait ou le sang par exemple) et un polynucléotide d'originaire de l'hôte lui-même
(cellule morte, autolyse, apoptose...).
La séquence de base OGM (une dizaine on va dire) peut-être aussi présente dans l'ADN hôte avec une fréquence non-négligeable(quelques millièmes).
Ce qui est la cas de séquence de restriction (comme les TATA box) ou des séquences cis/trans régulatrices. Ou bien une simple séquence non codante (90 % du génome de eucaryotes multicellulaires que
nous sommes est non codant...). Cela laisse beaucoup de place pour des répétitions de séquence!!!!

Donc comment savoir si le fragment identifié est bien d'origine du PGM et non pas de l'hôte lui-même???

Par avance merci.


wackes seppi 06/11/2010 18:54


Il me semble que vous a tiré un peu court sur ce coup.

Il y a lieu de distinguer trois types d'OGMs utilisés en production animale :

1. Les variétés Bt : les produits sont généralement plus sains et, en particulier, moins contaminés par les mycotoxines dont des résidus toxiques peuvent se retrouver dans les produits animaux
destinés à la consommation humaine (lait, viande, abats). En conséquence, la nouvelle étiquette promue par le géant de la distribution signale des produits susceptibles d'être de moindre qualité
sanitaire.

Même conclusion s'agissant des résidus d'insecticides appliqués sur les variétés conventionnelles et dont on se sera dispensé avec les variétés Bt (quand je pense au gâchis de l'aubergine Bt en
Inde...).

2. Les variétés tolérantes à un herbicide : lorsqu'un herbicide a été appliqué sur la culture en post-émergence, on peut retrouver, selon le cas, des résidus dans le produit. S'il y a résidu,
il est vraisemblable que l'on retrouvera dans le produit GM un résidu bien moins nocif que ceux issus des cocktails utilisés sur les plantes conventionnelles. Donc, même conclusion.

3. Les variétés, encore à créer, présentant une meilleure valeur alimentaire : la nouvelle étiquette risque de priver les consommateurs qui se seront laissé abuser, des bienfaits de ces
variétés.

Ce qui précède est bien sûr très théorique dans la mesure où les risques sont très faibles. Il faut néanmoins faire valoir l'argument car c'est une réponse à la même hauteur que l'argument
publicitaire et l'idéologie et la manipulation des esprits sous-jacentes d'un distributeur avide de profits supplémentaires sur le dos des consommateurs et des producteurs. « Pas de quoi avoir
peur » n'est pas la réponse appropriée à une panique irrationnelle. « Il y a pire, mon bon Monsieur/ma bonne Dame » est (un peu) plus efficace.


Marcel Kuntz 10/11/2010 15:22



je signale cet autre article engagé de "Joseph le Voyou" : http://imposteurs.over-blog.com/article-vandana-shiva-l-oraison-de-la-colere-a-quand-les-ig-nobel-alternatifs-par-wackes-seppi-60684016.html



Cultilandes 06/11/2010 00:28


Les études qui ont trouvé des fragments de transgènes comportaient elles la même analyse sur des animaux ou lait d'animaux témoins nourris sans PGM?


Marcel Kuntz 06/11/2010 11:50



Beaucoup d'études ont en fait détecté de l'ADN non-transgénique, en l'occurrence qui provient d'un compartiment de la cellule végétale appelé chloroplaste. La raison étant que cet ADN est présent
sous forme de nombreuses copies dans la cellule végétale (souvent plus de 100 par chloroplaste, et il peut y avoir plusieurs dizaines de chloroplastes par cellules). Les traces d'ADN alimentaire
(en cours de digestion) les plus faciles à détecter dans les organismes consommateurs sont donc ceux-là, c'est-à-dire des constituants normaux de l'alimentation (OGM ou non OGM).


Pour en savoir plus:



Les travaux de Yves Bertheau et collaborateurs de l’INRA


http://www.inra.fr/la_science_et_vous/dossiers_scientifiques/ogm/questions_de_recherche/exemples_et_resultats_de_recherches/tracabilite_des_aliments_transgeniques


et ce cours sur les génomes de l'Université Aix-Marseille II


http://biologie.univ-mrs.fr/upload/p189/cours_g_nome_I.pdf