mise à jour le 17 juillet 2011

En Europe, la
recherche publique a été la cible d'environ 80 actes de vandalisme recensés, se revendiquant d'une opposition aux OGM. Etaient visées des expérimentations en milieu ouvert comme
en milieu confiné, y compris lorsqu'elles visaient à évaluer des risques.
En France, une nouvelle phase de contrôle politique de la recherche publique s'est ouverte le 23 mai
2011 : des activistes ont investi le Centre INRA d’Angers (Beaucouzé) pour s’opposer à des expérimentations (en milieu confiné) de poiriers transgéniques résistants au feu bactérien. Cette
intrusion était qualifiée, dans la phraséologie des anti-OGM, d’« inspection citoyenne ».
Nouvelle gradation dans la violence : en Allemagne en juillet 2011, un groupe d’individus masqués et armés de bâtons et de gaz ont menacé et neutralisé les gardes avant de détruire des parcelles expérimentales dans deux lieux
différents. Voir détails en bas de cette page (en rouge).
Hors d'Europe aussi : tôt le matin du 14 juillet 2011, des activistes de Greenpeace se sont introduits dans la
Station expérimentale du CSIRO, à Ginninderra, au nord de Canberra (Australie), et ont détruit une parcelle d’un demi-hectare de blé modifié pour améliorer ses propriétés nutritionnelles.
Les attaques contre les laboratoires publics français.
Un mystérieux groupe se nommant « Chercheurs dans la nuit » a procédé, dans la nuit du 25 au 26
juin 2000, à la destruction d'expérimentations de diverses plantes transgéniques (tomates, bananes, tabac, arabidopsis...) dans une serre d'un Centre de recherche de l'INRA près de Toulouse.
Extrait du communiqué de revendication : les saboteurs « entendent par cette action de légitime défense attirer l'attention sur les activités mortifères de l'Institut National de la
Recherche Agronomique (INRA) ».
Des essais de deux équipes de l’INRA, en collaboration avec le CETIOM, réalisés à Gaudiès (Ariège) ont été détruits le 2
juin 1999 et le 13 avril 2000, par les opposants aux OGM. Ces essais en champ étaient destinés à évaluer les possibilités de croisements entre le colza et la ravenelle, une espèce sauvage
apparentée. Le 16 janvier 2003, des colzas transgéniques cultivés par
le CETIOM ont été arrachés avec la participation de vedettes du show-business.
Plus récemment, les porte-greffes transgéniques de vigne qui faisaient l’objet d’un essai au centre INRA de Colmar, destinés à lutter
contre la maladie du court-noué depuis 2005, ont été saccagés durant le week-end du 5 septembre 2009 par un individu. Puis, le dimanche 15 août
2010 vers 5 heures du matin une soixantaine de « faucheurs volontaires » se sont introduits dans le même lieu et y ont
saccagé 70 pieds de vigne au porte-greffe transgénique. Cette expérimentation faisait l'objet d'une large concertation et, la technologie étant obsolète, ne pouvait pas être
commercialisée.
A cette liste, il faut ajouter le GEVES (Groupe d’Etudes et
de Contrôle des Variétés et des Semences), un Groupement d’Intérêt Public.
Le 22 juillet 2003, dans la soirée, à Guyancourt (Yvelines), un groupe anti-OGM lié à la Confédération Paysanne a
saccagé une parcelle destinée à contrôler des maïs transgéniques. Des événements similaires avaient eu lieu le 16 juillet 2001 sur une parcelle de maïs.
A cette liste d’expérimentations d’intérêt public, il faut ajouter deux essais de ARVALIS (Institut du
végétal, organisme de recherche appliquée agricole, financé et géré par les producteurs) conduits depuis 9 ans en collaboration avec les services de l'Etat, l'INRA, le CETIOM et des organisations
écologistes, dans le cadre du comité de biovigilance mis en place conjointement par les Ministères de l'Agriculture et de l' Environnement. Ces 6000 m2 d'expérimentation de maïs OGM ont été détruits dans la nuit du dimanche 3 au lundi 4 octobre 2004 par des inconnus près de Dijon.
Les attaques contre le Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le développement (Cirad).

Le 5 juin 1999, un groupe emmené par José Bové pénétrait par
effraction dans une serre du Cirad où furent détruits des cultures de riz et des ordinateurs.
Selon les anti-OGM, cette action « visait à dénoncer les dérives de la recherche publique française en matière
d'OGM ». Le Cirad a aujourd’hui abandonné les recherches en matière d’OGM.
L'unique culture expérimentale de café génétiquement modifié, plantée à Sinnamary (Guyane), a été détruite par des
inconnus (destruction découverte le 30 août 2004). Cet essai du Cirad avait pour objectif d'étudier la résistance à "la mineuse des feuilles", un parasite qui fait de plus en plus de dégâts, et
aussi les éventuels impacts sur l'environnement de ces plantes. La Guyane avait été choisie pour mener cette expérience en raison de l'absence de cultures de caféiers environnantes.
Des destructions visant la recherche publique ont également été
perpétrées dans d’autres pays
En Suisse, les actes recensés concernent les essais de blé transgénique, l'une le 13 juin
2008 à la Station Fédérale de Recherche Agronomique de Agroscope Reckenholz-Tänikon, l'autre le 23 juin 2009 à la Station Fédérale de Recherche Agronomique de Agroscope de Pully-Candaux près de
Lausanne, et dans la nuit du 23 au 24 juin
2010, encore à Pully.
Dans la nuit du 23 au 24
juin 2010, à Pully, un champ expérimental (blé) de la recherche publique suisse a de nouveau subi un acte de sabotage revendiqué
par un groupe anti-OGM.
Un chercheur réputé, Willy Gruissem, a subi dans la nuit
du 28 au 29 juin 2010 une destruction de biens à son domicile en Suisse, revendiquée sur internet par une ou des personnes se déclarant "inspirées" par le sabotage de Pully.
Au Royaume-Uni, 41 expérimentations dans le cadre des Farm-Scale Evaluations (FSE) ont fait l'objet d'actes de
vandalisme. De plus, entre autres destructions, le 7 juillet 2007 un essai en champ du National Institute for Agriculture and Botany, concernant des pommes
de terre développées par BASF et résistantes à un champignon, a été détruit dans le Cambridgeshire. Le 5 juin 2008, un essai au champ du Centre for Plant Sciences, University of Leeds, concernant des pommes de terre développées pour contrôler les nématodes
a été détruit.
En Allemagne, un recensement (en
cours) de la vingtaine d'actes des destructions d’essais au champ. Des données chiffrées (expérimentations publiques et privées) en Allemagne.
Dans la nuit du 8 au 9 juillet 2011, à Gross Lüsewitz, près de Rostock, sur un site de Biovativ, un prestateur de service pour essais en champ,
une demi-douzaine d’individus masqués ont immobilisé le gardien et ont arraché ou piétiné des parcelles expérimentales de pommes de terre (de l’Université de Rostock) produisant de la cyanophycine, une dérivé
d’acides aminés pouvant potentiellement servir pour la fabrication de matières plastiques, et de blé résistantes à des maladies fongiques (de l’Ecole Polytechnique ETHZ de Zurich).
Dans la nuit du 10 au 11 juillet, une douzaine d’individus masqués ont procédé de même à la
Biotechfarm d’Üplingen (Saxe-Anhalt), un jardin-exposition financé par le
gouvernement et des fonds industriels, où des parcelles de blé et de pommes de terre ont été vandalisées.
En Belgique, le dimanche 29 mai 2011, le
Belgian Field Liberation Movement, avec l’aide d’activistes français, a détruit un champ expérimental de pommes de terre transgéniques résistantes à phytophtora, mis en œuvre par le VIB (Vlaams Instituut voor Biotechnologie,
Université de Gand).
La dérive criminelle
Les origines et actions du Earth Liberation Front qui est notamment responsable d’un incendie criminel dans un laboratoire de la Michigan State University le 1 janvier 2000.
Voir les photos.
Lire des témoignages de chercheurs.
La violence est le dernier refuge de l'incompétence (Isaac Asimov).