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  • : OGM : environnement, santé et politique
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Le propriétaire de ce site ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Il n'est payé ni par Monsanto, ni par Carrefour, ni par Greenpeace... (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

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L'auteur

couvMarcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Grenoble-Alpes, ses seules sources de revenus.

Dernier ouvrage grand public :

OGM, la question politique

 

 

Ouvrage précédent: Les OGM, l'environnement et la santé  

 

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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 13:01

     Les choix éthiques à propos des OGM sont liés au regard que l’on porte à la Nature. Avec Descartes, la Nature est devenue un objet de connaissance dont la maîtrise apportait un bien pour l’homme, d’où une éthique de la connaissance qui, dans le sillage des Lumières, a été portée par Kant au niveau des catégories de l’entendement humain et par extension est entrée dans le cadre déontologique des devoirs moraux de l’homme envers lui-même et envers autrui.
Si l’éthique déontologique a toujours cours, un changement radical a été apporté par la prise en compte de l’être de la Nature, passé de l’ordre de l’objet admiré et contemplé à celui d’existant, à une subjectivité sans sujet. Ainsi, Hans Jonas, devant les progrès de la technique a dégagé une
éthique de la responsabilité, contribuant à faire passer la morale d’un ordre formel à un ordre concret. Jonas a réagi devant les débordements de la technique mettant en péril la Nature et a contribué de façon importante à l’établissement d’un fondement théorique de l’écologie. Cette dernière attitude s’est développée, mais s’est aussi radicalisée.
Les scientifiques, notamment à propos des OGM, se trouvent très souvent à soutenir à la fois une morale de la connaissance associée à la maîtrise cartésienne de la Nature en vue du bien de l’homme et à développer, devant les excès non contrôlés des technosciences, une
éthique raisonnée du respect de la Nature. Cette éthique, synthèse de deux éthiques différentes révélées par l’histoire humaine, trouve un accord avec une éthique plus pragmatique, développée dans les milieux anglo-saxons, qui sous couvert d’utilitarisme s’écarte - sans doute trop – d’une tradition gréco-européenne attachée à la défense d’une spécificité humaine.

              Régis Mache, Professeur honoraire de l'Université Joseph Fourier, Grenoble

 

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commentaires

ZOE 01/03/2010 13:18


Je pense que l'être humain a longtemps pris le divin comme supréme objet de désir , souaitant à son tour être pris comme objet du désir divin l'humanité inventa le dieu chrétien incarné en l'humain
. Avec les progrés scientifiques et la mort de Dieu , disparaissait alors ce supréme objet de désir qui fut remplacé par un nouvel objet de désir : la nature . Et l'être humain en vient
"naturellement" a se vouloir objet de désir de la nature , alors on invente l'écologie , cette nouvelle religion d'une Nature incarnée en l'humain et avec cette nouvelle religion se développe une
nouvelle morale .... Voilà ce que j'en pense .


Sceptique 26/02/2010 17:25


La préoccupation éthique invoquée par Benjamin Piton est légitime, mais la liste d'exemples mélange les choix dans un contexte de guerre, les actes crapuleux, les fautes caractérisées. Pourra-t-on
à jamais les empêcher par une action "en amont", sans compromettre la recherche fondamentale ou appliquée?


Laurent Berthod 20/02/2010 00:06


Mon cher Bruno,

J'irais encore plus loin que vous. C'est, me semble-t-il, une régression encore plus archaïque qu'une déification de la nature à laquelle nous assistons dans notre malheureux monde postmoderne,
c'est carrément un retour à l'animisme.

Bien à vous.


Benjamin Piton 18/02/2010 11:09


@Max Verdone : Je rejoins tout à fait votre constat et la référence à Monsieur Axel Kahn. Aussi je vous recommande chaleureusement "Raisonnable et humain" avec notamment le chapitre 7 qui
s'intitule "Science et Progrès".
@Sansparti : Certes cet article est emprunt d'abstrait et de philosophie mais je pense qu'il est aussi du devoir d'un scientifique de savoir s'élever de temps au temps au détour d'une discussion,
d'un débat dont les problématiques dépassent le simple fait technique. C'est ce qui fait tout l'attrait des questions d'éthique ou de bioéthique par exemple. En effet, on est en droit de se
demander si nous devons brider le progrès des évolutions techniques afin de respecter une morale qui devrait être universelle. La place spécifique de l'être humain dans le monde des vivants lui
confère un important potentiel mais également une lourde charge. L'Homme doit ainsi protéger les autres êtres vivants (faune et flore au demeurant) mais également ses semblables. Si on fait une
rétrospective succinte de ce que l'être humain a été capable ou pas de faire, on se rend bien compte que les limites morales sont souvent transgressées. J'en veux pour preuve les deux conflits
mondiaux avec leurs expérimentations diaboliques, les bombes atomiques (Nagasaki et Hiroshima), les scandales de l'huile frelatée et du sang contaminé (on savait mais il fallait à l'époque garder
la tête haute au mépris de la vie des gens) et plus généralement du réchauffement climatique (même si la quantification de la part de l'Homme dans celui-ci mérite d'être précisée). Tout ceci pour
souligner l'importance de l'éthique au sens large du terme et du danger que représenterait une course en avant vers le progrès...


Sansparti pris 17/02/2010 11:05


Il y a beucoup d'abstraction et d'érudition dans le court texte présenté, certainement bien écrit par ailleurs. On aimerait un texte plus parlant et, finalement, plus clair sur ce sujet important.


Bruno 16/02/2010 00:01


Et surtout, peut-on "manquer de respect" à quelque chose d'inerte, qui n'est pas vivant, qui ne ressent rien... ? Cela passe nécessairement par une personification de la nature et in fine sa
déification (cfr la mythologie de Gaia).


Sceptique 15/02/2010 17:59


Que veut dire "manquer de respect à la Nature"? À moins de faire commencer ce "manque de respect" au premier prélèvement de nourriture par l'homme, seul en mesure d'être coupable, en raison de sa
conscience, on se perd vite dans une casuistique de jésuite.
L'homme est capable, toujours en raison de sa conscience, d'admettre que la Nature est un bien commun à tout le monde vivant, y compris lui-même. Fait-il pire qu'un vol de sauterelles, ou qu'un nid
de fourmis-parasol ? Il le peut, oui, mais de plus en plus souvent, il répare ce qu'il a fait par nécessité (ouvrir une mine, par exemple, ou un site d'enfouissement de déchets), en reconstituant
le paysage sacrifié.


Max Verdone 15/02/2010 17:04


Concernant l'éthique, on sait que son étymologie est équivalente à "morale" (l'une grecque, l'autre latine). C'est, je crois, Axel Kahn qui a dit, avec juste raison me semble-t-il, que l'éthique
est une façon d'élaborer une morale pour des questions qui, auparavant, ne se posaient pas. Les Anglo-saxons semblent l'avoir mieux compris que nous.