Introduction

Ce site n’est pas militant, car il ne dit pas si les OGM c’est bien ou mal, s’il faut en manger ou pas. Ce site présente de manière simple les faits et études scientifiques (lire la suite).    ENGLISH VERSION uk-flag                                                    

 

sciences-et-avenir-764-222x300

Ce site est classé dans le palmarès de Sciences & Avenir d'octobre 2010 des 100 meilleurs sites de sciences.ret-accueil-s

L'auteur

couv.Marcel Kuntz est biologiste, directeur de recherche au CNRS dans le laboratoire de Physiologie Cellulaire Végétale et enseignant à l’Université Joseph Fourier, Grenoble.

Ouvrage grand public (cliquez ici) :

      Les OGM, l'environnement et la santé

Dernière publication scientifique : ici

Dernier ouvrage scientifique collectif : ici

Recherche

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Personnalisez votre blog

Aide à la création et à la personnalisation
de votre blog ou site internet :

logo_presencenumerique.gif

Politique, Idéologies et business

Lundi 26 juillet 2010 1 26 /07 /Juil /2010 17:04

uk-flag Read the English version.

 

N’ayant plus de cultures d’OGM a détruire en France, les anti-OGM se sont trouvé un nouvel ennemi : des « faucheurs volontaires » ont coupé samedi 24 juillet 2010, à Sorigny et à Saint-Branchs (Indre-et-Loire), des tournesols présentés comme « mutés » et tolérant des herbicides. Ils ne s’agit pas d’OGM, mais les opposants les appellent « OGM-cachés » pour continuer à exploiter l’argumentaire mis au point contre les OGM et mobiliser leurs sympathisants. 


Précisions sur les variétés améliorées par mutagénèse
Dans la nature, la mutation est un des moteurs de l'évolution et de la biodiversité. Elle constitue aussi une ressource indispensable pour la sélection dans laquelle les agriculteurs puis les sélectionneurs ont puisé pour des variétés améliorées.  
Le sélectionneur peut accélérer l’apparition de mutations et sélectionner le caractère recherché dans la descendance (on parle alors de mutagénèse).
A NOTER : la résistance aux herbicides imidazolinones chez le tournesol (appellation Clearfield), incriminées par les opposants, est en fait issue de mutation spontanée (apparue dans des repousses de tournesol). Les variétés Express Sun, tolérant elles-aussi un herbicide, mais différent, sont issues de mutagénèse volontaire.
DE PLUS : les nouveaux tournesols herbicide-tolérants aident à combattre l'ambroisie, une plante extrêmement allergisante.
EN RESUME: Des centaines de variétés utilisées en agriculture conventionnelle et biologique sont soit directement issues de mutagénèse, soit possèdent dans leurs ancêtres des variétés ayant bénéficié de cette technique.   En savoir plus.        
Pourquoi la mutagénèse n'est pas de la transgénèse.        Ni OGM, ni cachés.
     La mutagénèse est bien exclue de la Directive européenne sur les OGM.         

A NOTER AUSSI : la destruction de Sorigny a en fait touché une variété 'oléique' riche en huile.  Les variétés oléiques, issues de mutagénèse, sont aussi utilisées en agriculture biologique !

 

En demandant « que la réglementation des OGM transgéniques s’applique aussi aux 'OGM' obtenus par mutagenèse, fusion cellulaire ou toute autre manipulation du vivant », les opposants, qui sont avant tout des anti-capitalistes radicaux, espèrent arriver, pour toute la sélection variétale, et par effet de cascade à toutes les grandes cultures agricoles, au même sabotage économique que celui qu’ils ont si bien réussi contre les OGM.

L’argumentaire est le même : contre la « nouvelle privatisation des semences qui représente encore une fois une stratégie de confiscation du vivant par les firmes ». C’est fallacieux (la mutagénèse est pratiquée de longue date et ne change pas les règles de reproduction des semences) mais possède un fort pouvoir de mobilisation chez les esprits protestataires anti-capitalistes.

La rhétorique sur des « effets non intentionnels susceptibles de provoquer des dommages importants à la santé…» est sans base factuelle, mais vise a effrayer le consommateur (qui ne sait pas qu’il mange des « mutants » depuis toujours...).

Par Marcel Kuntz - Publié dans : Politique, Idéologies et business
Voir les 0 commentaires
Samedi 29 mai 2010 6 29 /05 /Mai /2010 17:56

Pour être un bon animateur dans une campagne de déni de science, il faut suivre certaines règles ; on les voit à l’œuvre dans les débats sur les OGM, et dans d'autres. Les fausses nouvelles et autres mensonges se propagent comme des épidémies et deviennent rapidement endémiques.

  1. Affirmez d’abord qu’il existe une conspiration, puis ensuite que l’apparent consensus des milieux scientifiques est du à une collusion d’intérêts inavouables. Affirmer (aucune preuve n’est vraiment nécessaire) que les scientifiques concernés sont «vendus» à des firmes multinationales.

  2. Utilisez un panel d’experts qui confirme votre histoire. Peu importe qui sont ces gens, il suffit qu’ils aient fait preuve une fois dans leur vie d’une activité scientifique ou académique.

  3. Soyez attentifs à choisir toujours ce qui semble confirmer votre pensée et ignorez soigneusement le reste. Soyez ferme et insister toujours sur les mêmes histoires et anecdotes surtout si elles ont été infirmées entre temps.

  4. Formulez des standards impossibles à atteindre par vos adversaires. Dites que 10 ans de recherche sont insuffisants, qu’il en faudrait au moins 20 de plus.

  5. Utilisez sans vergogne des logiques tordues et assénez des généralités simplistes, des slogans.

  6. Cultivez systématiquement le doute. Faites ressortir la notion que les scientifiques sont divisés sur ce sujet et que toute décision politique favorable serait prématurée. Invoquez le «principe de précaution», personne ne sait ce que c’est.

Pour lire le texte original en entier, visitez l'excellent site suisse Marathon OGM 

Publié dans : Politique, Idéologies et business
Voir les 0 commentaires
Lundi 17 mai 2010 1 17 /05 /Mai /2010 20:24

 

                                                                                          màj le 25 juin 2011
Marc Fellous, en tant que représentant de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV), était attaqué le 26 avril 2010 pour diffamation envers un fonctionnaire par un militant anti-OGM du Criigen, Gilles-Eric Séralini.    Décryptage.

 

Le procès a eu lieu le 23 novembre 2010. LIRE LES MOTIFS DU JUGEMENT rendu le 18 janvier 2011. Le plaignant a obtenu gain de cause sur l’affirmation suivante de l’AFBV : « se prétend indépendant alors que ses études sont financées par Greenpeace ». Cela est jugé diffamatoire à l’égard de Séralini en raison de « l’imputation qui lui est faite d’avoir failli à son obligation de probité intellectuelle… » à cause de ce financement.   

A noter :

-le jugement permet aussi d’entrevoir les financements pléthoriques du Criigen (autres que Greenpeace),

-le financement par Carrefour (n° 2 mondial de la grande distribution, qui commercialise ses propres produits « sans OGM ») n’a pas été central dans les débats.

Pour le tribunal, Marc Fellous a "manqué de prudence" en tenant de tels propos.    

La victoire de Séralini est cependant très relative, car le jugement réfute la diffamation concernant les phrases suivantes :

-« militant chercheur très controversé »,

-« marchands de peurs »,

-« organisations militantes »,

-« ses déclarations médiatiques sont systématiquement contestées par la communauté scientifique »,

cette émission méritait pour le moins un débat sérieux avec des scientifiques reconnus qui ne manquent pas dans notre pays ».

 

Après la victoire à la Pyrrhus de Séralini, la guérilla judiciaire continue : lire 

 

Cette affaire montre, s'il en était besoin, que nous ne sommes pas en présence d'une controverse scientifique. Ces dernières se règlent non par des tribunaux, des pétitions, ou dans la rue, mais par des résultats scientifiques supplémentaires convaincants (or les allégations du Criigen sont à l’évidence réfutées de manière récurrente).

 

Ernesto Bustamante, scientifique péruvien, risquait une lourde condamnation pour avoir émis une critique publique du travail d’Antonietta Guttierez qui a affirmé avoir détecté des traces de gènes de maïs GM au Pérou (où ces maïs n’ont pas d’autorisation). Une étude du National Institute for Agricultural Innovation (INIA) semble infirmer les affirmations de Guttierez.    Lire le communiqué.  

La 5ème Chambre de la Cour Supérieure de Justice de Lima a unanimement révoqué la sentence le 9 décembre 2010.

 

Aux Etats-Unis, la stratégie a déjà réussi dans 2 cas.

Des organisations écologistes ont exploité une loi sur l'environnement des années 70 (lire dans ce lien : The Environmental Impact Subterfuge) pour mettre en cause l'autorisation de cultures de  betteraves herbicide-tolérantes. Suite à cette plainte, le juge fédéral Jeffrey White a ordonné le 13 août 2010 la suspension de ces cultures GM  en estimant que le Ministère de l'Agriculture devait réaliser une étude environnementale plus complète (dénommé EIS).

S’engageant à réaliser cette étude (qui doit prendre 2 ans), le Ministère a envisagé des mesures intermédiaires qu’il estimait compatible avec la décision judiciaire. Il a notamment délivré un permis de culture pour ces betteraves sous conditions de ne pas les laisser fleurir.

Suite à une nouvelle plainte des lobbies écologistes, le juge a ordonné la destruction de parcelles (256 acres en Orégon et Arizona) de culture de betterave GM estimant qu'elles avaient été plantées illégalement. Un appel a été déposé.

 

Les démêlés judiciaires de la luzerne GM.

Un autre juge fédéral de Californie avait, en mai 2007, émis une injonction contre son autorisation, confirmée en appel en 2009, mais levée en 2010 par la Cour Suprême qui maintient néanmoins la nécessité de l’évaluation environnementale plus approfondie (EIS). Cette EIS a été publiée par le Ministère de l’Agriculture le 16 décembre 2010. Lire aussi la FAQ.

Publié dans : Politique, Idéologies et business
Voir les 0 commentaires
Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 14:38

bove faux et marteauLa querelle des OGM résulte de l’exacerbation d’un conflit politique. La colère emmagasinée par un assemblage hétéroclite d'opposants au capitalisme et à la mondialisation, influencé par l’écologisme, loin de la culture traditionnelle de la Gauche, s’est transformée en haine canalisée vers les OGM. D’une fixation conceptuelle initiale, une véritable idéologie anti-OGM s’est constituée. Celle-ci a produit un puissant mouvement de déformation des faits qui entretient la confrontation.


bouc-emissaireLes psychosociologues ont montré il y a déjà longtemps que toute frustration entraîne des réactions agressives contre celui qui l’a provoquée.  Lorsque les frustrations s’accumulent et que l’on ne peut efficacement agresser le responsable supposé, un bouc émissaire est choisi comme cible des préjugés. Les OGM, ou plus précisément Monsanto, sont en l’occurrence un bouc émissaire tout désigné. Mais quand les réactions d’hostilité rencontrent une deuxième frustration, celle de voir la cible poursuivre son chemin, alors un bouc émissaire secondaire est désigné :

la nouveauté de notre époque est que la recherche publique est devenu ce bouc émissaire secondaire, accusé au mieux d’incompétence ou d'irresponsabilité ou, encore d’être « vendu » aux industriels.

 La lutte proclamée contre la mondialisation se limite ainsi souvent à des campagnes antisciences, où détruire des champs ou des laboratoires de recherche publics tient lieu d’exutoires violents, sur un terrain fort éloigné de ce qui, en principe, lui a donné naissance.

 

EFSATémoignant du magistère qu'exerce l'idéologie anti-OGM, au-delà de ces cercles initiaux, le gouvernement français n'est pas en reste pour s'en prendre à la recherche publique (en l'occurrence celle chargée de l'évaluation des OGM).

Devant la publication de faits montrant les manipulations des idéologues, le croyant ne se retournera pas vers les auteurs des mensonges, mais vers celui qui lui a exposé les mensonges (souvent la recherche publique dans le cas des OGM). Ce qui confirme bien le caractère idéologique de l’opposition aux OGM (« l’idéologie fuit les faits », comme l’a bien montré Jean-François Revel).

 

Par Marcel Kuntz - Publié dans : Politique, Idéologies et business
Voir les 0 commentaires
Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 23:24

JouannoManifestement irritée par l’autorisation de culture de la pomme de terre Amflora par la Commission européenne, à contre-courant de l’interdiction politique des OGM en France, la Secrétaire d’Etat à l’écologie Chantal Jouanno agresse verbalement le 3 mars 2010 l’agence européenne d’évaluation des risques EFSA.

 

« L’AFBV s’interroge sur la prise de position critique de Mme Chantal Jouanno » à l’encontre de l’EFSA (communique de presse, 10 mars 2010).

 

« Une accusation lourde de conséquences » pour Gil Rivière-Wekstein (Agriculture et Environnement).

 

Les arguments utilisés par C. Jouanno sont « faux » pour Jean Bergé (Directeur de recherches honoraire, INRA) qui a passé à la loupe l’avis de l’EFSA.


Nouvelle perte de sang froid le 23 mars 2010 : C. Jouanno critique la décision de l'Elysée et de Matignon d'abandonner le projet de taxe carbone (un virage à 180° par rapport au 'verdissement' de la politique du gouvernement que C. Jouanno était chargée de défendre depuis des mois, mais qui n'a pas produit les retombées électoralistes escomptées).

C. Jouanno ne s'était pas attirée de remontrances en haut lieu après avoir insulté les scientifiques de l'EFSA, mais sa critique de l'Elysée lui vaudra d'être vertement (si on peut dire) 'recadrée'...


borloo-Kosciusko-Morizet3Rappel d'un dérapage de la précédente Secrétaire d'Etat à l'écologie : N. Kosciusko-Morizet avait en avril 2008 insulté certains de ses collègues lors du débat parlementaire sur les OGM. 

Publié dans : Politique, Idéologies et business
Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés